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 You're Beautiful, It's true. [Atalyah]

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MessageSujet: You're Beautiful, It's true. [Atalyah]   Lun 22 Juin - 19:35

Respire.
Tu n’imaginais pas à quel point ce serait dur. Tu n’imaginais pas que ne pas aller à l’hôpital pour prendre ta dose somnifère, que ne pas pouvoir appeler de putain dans ton appartement à Londres, allait te coûter en santé mentale. Tu n’imaginais pas que ça te coûterais de rendre service comme ça.
Impossible de réclamer à un collègue de t’épuiser jusqu’à l’évanouissement. En te battant peut-être ? Demander à McBride ? Non. Ça prend trop de place, trop de bruit. Faire profil bas. Bien travailler la nuit. Envoyer les rapports aux ministères. Revenir sur Londres pendant les périodes de congés. Travailler. Travailler jusqu’à ce que le sommeil prennent, juste après un cours avec es élèves qui n’écoutent pas. S’effondrer sur le bureau et s’endormir, enfin.

En général, ce sont les fantômes qui te réveillent. Peeve prend un malin plaisir à secouer la salle de cours de Rune quand je m’attarde trop. Il n’a aucune pitié. En même temps, on lui met sur le dos tous les accidents que tu provoques. C’est ridicule, hein ? D’être comme un enfant avant d’entrée à Poudlard. De ne pas pouvoir contrôler ses pouvoirs. La moindre pensée tumultueuse brise des vitres, et tu affiches un visage de glace, comme si de rien n’était, jusqu’à regagner ta chambre. Surtout quand tu manques de sommeil, en fait.

Il n’y a que Dumbledore qui ne soit pas dupe. Il t’as conseillé d’en parler avec le professeur de potion ou l’infirmière. Mais tu as poliment refusé d’être impliqué plus que tu ne le devais au sein de l’école. Le vieil homme t’a simplement regardé avec un regard compatissant. Il devait savoir. Savoir que combien même il essayerait de te donner une famille qui n’attendrait rien de toi que tu sois en bonne santé, tu repousserais toujours sa gentillesse. Cet homme qui ne te juge pas, jamais. Cet homme qui lit en toi comme dans un livre ouvert mais garde le secret. Cet homme qui aimerait juste que tu te reposes, ici.

Alors il a simplement souri et t’as laissé partir, faute de pouvoir t’obliger à accepter ta propre faiblesse.

La tête vers l’eau, les yeux clos. Ne pas regarder le ciel, ça donne le vertige. Ne pas regarder le château. Regarder les deux falaises qui enferment l’horizon en un segment bien arrêté, rassurant. La tête en bas, le lac enferme le ciel. Et tout parait moins immense. Fermer les yeux et respirer. Tenter de dormir. Cours dans trois heures et demie. L’après-midi entier. Fin des cours à 19 heures. Tenter de dormir. Echouer. Travailler sur la dernière missive du Ministère. Renvoyer un dossier pour Père. Lui préciser qu’il y a une irrégularité sur une des circulaire et lui écrire une note pour la corriger plus rapidement qu’en passant par un huissier. Voilà. Et pendant les trois prochaines heures ? Tenter de dormir ? Tenter. Et ces trois heures deviennent immense, impossible à combler. Angoisse. Manque de sommeil. Il faut trouver quelque chose à faire. Demander en salle des professeurs si personne n’a besoin d’aide. Se tenir occuper.

Arrête de trembler. Arrête de trembler. Si près tout ça tu n’arrives toujours pas à dormir, tu iras à Pré-au-Lard. Non, tu iras à Londres. Tu iras quelque part pour danser. Danser jusqu’à épuisement ; Et peut-être qu’après ça, tu pourras transplaner jusque dans ton appartement Londonien et dormir. Tu pourras peut-être dormir.

Des somnifères. Il te faut des somnifères. Pas ceux qui t’empêchent de bouger. Ceux qui te rendent prisonnier de ton propre corps pendant des heures et des heures d’angoisses et de cauchemarde veillé. Non, quelque chose qui éclipse les heures. Une ellipse dans le temps. Un noir complet, et un réveil avec toute ta tête.

Bruit. Gravier et pelouse écrasée. Tu te redresses, en assise, aussi droit que possible. Ton premier bouton de chemise est défait. Ta tête tourne dans tous les sens et tu ne vois rien, mais ton visage ne reflète rien d’autre que la froideur qui fait de toi l’homme Lune de Poudlard. Il y a une silhouette devant toi. Tu espères que tes yeux injectés de sangs ne se voient pas trop à cette distance.

Ta vue reviens. Les souvenirs aussi. Des souvenirs où la silhouette avait encore des cheveux blonds, longs, et une robe pour déformer son corps de jeune fille pour en faire une femme plus tôt. Tu as du mal à le croire, mais elle a déjà vingt ans.

Elle n’en avait que treize, ce jour-là.


« Je ne vous présente pas ma fille, Abel. Atalyah est toujours fourrée avec son frère, Pinchas.
-Je sais, Madame Lestrange. Je ne l’ai pas oubliée.
-Ils sont entrés à Poudlard maintenant, eux aussi ! Atalyah, viens-là ! Tu te souviens d’Abel ? C’est le cousin d’Hades, tu sais ? Hades Malefoy. »


Oui, Madame Lestrange. Oui. Biensur que votre fille est ravissante. Bien sûr que je vais vous laisser parler avec ma mère. Evidemment, je m’occupe d’Atalyah.

« Vous pourriez peut-être faire le tour du Manoir ? J’aurais aimé vous proposer d’aller prendre l’air, mais il pleut des chats, des chiens et des fourches ! Vous reviendrez pour le thé ? »


Marcher en silence, dans les couloirs, où les vitres mouillées déforment la lumières bleue et diffuse. On se croirait le soir, alors qu’on a à peine fini de déjeuner. Je n’avais pas vingt ans. Tu n’étais peut-être même pas encore femme. Tu étais jolie. Sans doute pas à l’aise. Tu ne comprenais sans doute pas. Et moi ça m’agaçait de comprendre. Tu étais peut-être jeune, mais ce n’était pas dix ans d’écart. Ce n’était pas si immense à surmonter. Et s’il pouvait y avoir un pont entre nous, c’était à moi de le créer maintenant.

Je n’en avais pas envie. J’en ai rencontré d’autres. Des moins agréable que toi, mais qui au moins ne me donnaient pas l’impression d’être coupable de détournement de mineur. J’aurais aimé que ton frère soit là. On aurait pu discuter. Je ne sais pas de quoi parler, et je n’en ai pas envie. Pas pour ça. Pas comme ça.
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MessageSujet: Re: You're Beautiful, It's true. [Atalyah]   Mar 23 Juin - 14:42

Ce que j'aimerai dépouiller ce corps. C'est plus fort que moi, c'est simplement viscérale. Ce sont des vers qui grouillent moi, je les sens bouger et me bouffer de l'intérieur. Je me sens possédée par une autre chose, bien plus brutale que moi. Je fixe les dessins sur ma peau, noircir la douceur de cette peau de craie, tuer l'image de la petite fille si sage, les éloigner de ce monstre qui vis en moi. Porter cet uniforme avec pantalon, hors de question que je porte une jupe, que je dénude mes jambes. Je ne suis pas un jouet, ni un objet, je ne suis pas une œuvre, simplement une erreur.

Autrefois l'ombre du frère était rassurante. Aujourd'hui, c'est un véritable supplice. A l'observer avoir ce sourire charmeur avec ces filles que je ne connais pas. L'observer être à l'aise : ce charisme que je n'ai pas. Je ne suis pas fondamentalement méchante, ni même repoussante : mon image se suffit à elle-même. S'approcheront ceux qui voudront. Mais je veux éloigner ceux à qui je déplais, ceux qui se contente d'une enveloppe. Je veux éloigner ces insectes de sang-pur, ces enflures de première, ceux dont le crâne déborde d'idées abjectes, ceux qui sont incapables de penser par eux-mêmes. Je ne suis pas l'une de ces sangs-purs, dignes de leurs lignées, qui mettent en valeur leurs formes et leurs attributs, en quête de créer un réseau à base de séduction. Je ne suis pas l'une de ces commères avides des agissements du moindre sang-pur-de-mes-couilles, afin de mieux manipuler, mieux me positionner. Je m'en moque à un point inimaginable. J'ai abandonné toutes ces idées, je veux juste vivre une autre vie. Pas celle-là. Et t'en fais parti. Mais tu t'approches par obligation. Ce qui m'éventre un peu plus. T'es prêt à fermer ta gueule, à ne rien dire, à supporter cette image dégueulassée par le mensonge et un mal être étrange, pour ta famille. Parce qu'on t'a demandé de le faire. J'ai la sensation que tu n'as aucun respect pour toi. Juste la capacité d'hocher la tête et faire ta moule dans ma vie. Je n'ai pas envie de toi dans ma vie, je n'ai pas envie de toi dans mes bras. Je ne veux rien. Je ne te demande rien, si ce n'est peut-être mentir à nos parents. Mais ça non plus, c'est trop de demander, tu n'es qu'un miroir, un putain de rapporteur, ici à Poudlard pour veiller sur des gosses. Je t'emmerde. L'on pourrait croire que je ne suis qu'une gamine superficielle en plein dans sa crise, mais non. C'est pire que ça. Ce sont mes idéaux, mes pensées, mes ressentis. On est à une éternité de tout ça.

Mais je pense pas à tout ça, lorsque je suis dehors, lorsque le vent caresse ma peau de craie, lorsque mes pieds trempent dans l'eau glacée. La Lune brille. Ce n'est plus un croissant sanguin, faux acérée dans la marre d'encre. Non, c'est une pomme blanche croquée par Dieu. Mais bientôt, bientôt. Mes potions sont encore perfectibles, mais j'ai toujours peur de ne pas m'en sortir, d'avoir oublié quelque chose de primordial. Elle brille alors qu'il fait jour, comme si elle désirait que je la vois, encore. Mais je ne vois qu'elle…
La vent dévore mes jambes dénudées, ne portant qu'un short en jean, déchiré, et un tee-shirt large. La silhouette de ma poitrine se détache sous le soleil faiblard. A cette heure-ci, ils sont tous encore en cous. Ou en train de se précipiter dans le Grande Salle. Je n'ai pas faim. Le stress certainement qui dévore mes entrailles.  

Je m'éloigne dans l'herbe lentement, mon regard ne tardant pas à s'accrocher à toi. J'ai presque honte d'être habillée ainsi sous tes prunelles. Toi. Mon cher futur fiancé. Mon promis. Mais quelle grosse blague. Comment pourrais-je supporter un homme si austère… Le poids de tes réflexions te vieillissent. «  La vue te plait ?  » Sarcastique. Il est vrai que la veille tu ne m'avais quasiment pas reconnu dans mon uniforme à pantalon, ma poitrine dissimulé sous les vêtements. J'ai changé et tant mieux. Je me laisse tomber à tes côtés, m'accrochant presque à ton bras. «  Qu'est-ce qui t'arrives… ?  » Je souris, presque narquoise, mes lèvres effleurant ta joue, mais je te fixe. Est-ce que tu sens à quel point mon ton est sarcastique, à quel point je me contre-fou de ce qui t'arrives ? Je te renvois ton hypocrisie à la gueule. « Tu vas pas mourir quand même ? …  » Je me redresse à peine, un léger sourire aux lèvres t'observent. Je souffle, ajoute, si douce : «  Cela serait tellement regrettable...  »

Tu n'as pas changé. Tu as vieilli, tu as grandis. Mais tu restes toujours ce monstre glacé, ce visage figé, aucune mimique. Es-tu sans cœur, ou simplement incapable ? Je me demande toujours comme l'on ne peut trahis le moindre de ses ressentis. J'avais treize ans, lorsque nous traversions les couloirs du Manoir Lestrange. Ou du moins, ce qu'il en restait. Trop peu de moyen pour l'entretenir. Silencieuse, délicatement drapée de mes vêtements de femme en devenir, j'étais presque fière, je me tenais droite. Timide, mais j'avançais. Le cousin d'Hadès, un cousin d'un cousin du cousin. A peu prêt. J'ai hoché la tête et rien de plus. J'en avais treize, lorsque tu en avais dix-neuf. N'est-ce pas dégoûtant pour toi ? Maman a toujours dis que tu étais beau. C'est sûrement vrai, t'es blond toi aussi. Encore plus que moi. Parfois je me demande si je suis vraiment dans la bonne famille. Mais t'es intimidant. Tu me fais un peu peur. Tu souris jamais. Je comprends pas. Tu m'aimes pas, c'est tout. Mais je t'ai rien fais pourtant. Mais je sais pas, mais maman veut quand même que je sois avec toi. Comme à chaque fois que tu viens. Je te jette un regard, presque timide.
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MessageSujet: Re: You're Beautiful, It's true. [Atalyah]   Mar 23 Juin - 15:58

Tu la laisses faire. Le son de sa voix est d’une ironie cinglante. Tu tournes la tête vers elle, et prend le temps de bien la regarder. Et plus les détails de son visage se dessine, plus te t’ancres sur le sol. C’est bien. C’est bien. Ce sera elle, après tout, l’ancre de ta vie. Celle qui t’empêcheras de t’envoler, broyé par l’espace et le temps qui te tordent. Celle qui t’empêchera de leur claquer dans les mains, à tous ces parents bienpensants. Tu la regarde dans les yeux. Et honnêtement, tu la trouves belle.

Alors oui, la vue me plait, quand tu es là. Mais ça, je ne te le dirai pas. Tu souris, mauvaise et joueuse à la fois. Je ne réponds rien. Quel visage t’offrir ? Tu n’es pas encore ma femme, alors je ne peux pas te montrer ma douleur. Tu ne le veux pas, alors je ne peux feindre un sourire. Je me retrouve, nu et con devant ta jeunesse crasse et rebelle, celle qui se libère des distances et de la bienséance, celle qui dis-je t’emmerde à tout ce qu’elle n’a pas la patience de comprendre, qui joue avec les passions, mélangeant l’amour et la haine. Je ne suis pas si vieux, mais à côté de toi, je me sens centenaire. Et devant ta moquerie, je me sens comme un enfant.

Tu ne fais rien pour l’encourager. Tu ne fais rien pour la remettre à sa place. Tu ne lui dis pas ce qu’il t’arrive, parce que ça prendrait trop de temps, et que ça ne l’intéresserait pas. Tu poses à peine ton front sur le sien comme si ça pouvait chasser la fatigue, sans cesser de regarder es yeux, pour ne pas avoir la tête qui tourne, à l’infini, pour ne plus penser à l’infini. Ne penser qu’à elle, à ses yeux, un espace délimité dans le temps et l’espace, précis concis. Mathématiquement et physiquement à portée de main et de pensée. Tangible. Réel.


« Tu voudrais que je meures ? »

Et soudain c’est l’infinité insondable de son âme qui te donne le vertige. Non, ne pense pas à ça. Pense simplement à ce que tu vois, à ce que tu sens. Ses bras autour du tiens, son odeur, et l’odeur de ses fringues. La sensation de ses cheveux contre ton front. Elle a tellement changé, mais elle reste la petite Lestrange. Tu ne penses même pas que c’est dommage qu’elle ait coupé ses cheveux.

« Quand les as-tu coupés ? »

Quand les as-tu teints ? Quand as-tu fais tous ces tatouages ? Quand as-tu jeté toutes les robes et toutes les jupes ? Quand as-tu commencé à cacher tes seins ? Tu ne devrais pas. Tu es une femme, tu ne peux pas le changer. Tu ne peux pas être heureuse si tu ne peux pas être ce que tu es. Seras-tu heureuse sans être mère ? Mère par accident ? Heureuse sans être femme ? Heureuse sans qu’on te rappelle combien tu es belle ? Heureuse sans fils et sans fille pour donner un sens à ta vie ? Si tu as changé à ce point, était-ce juste pour tous nous faire chier, ou parce que tu te sens vraiment prête à tout laisser tomber pour mener une existence que tu ne contrôleras pas ?

Es-tu juste impatiente, ou as-tu attendu trop longtemps ?

Je n’ai jamais su te faire la conversation. Ni quand tu étais la petite fille qu’on attendait que tu sois, ni maintenant que tu es la femme que personne ne désire que tu deviennes. Mais j’ai l’impression qu’il est déjà trop tard. Je ne te regardais pas à l’époque. Je ne te voyais pas. Je ne voyais qu’une autre petite fille blonde bien arrangée et bien coiffée. Maintenant je te vois. Je te vois vraiment, et je sais ce à quoi je vais devoir faire face. Et je l’accepte. Parce que je ne trouverai pas mieux ailleurs, parce que même en cherchant, toutes les femmes auront un ver sous la peau. Nous n’avons pas le temps d’aller tirer les vers du nez des autres. On t’a désignée pour moi, et j’ai choisi d’accepter. On a toujours le choix, mais j’ai choisi que oui, ce serait toi. Que je prendrai le temps de ma vie à nettoyer tes entrailles, à essayer de te comprendre. Je changerai, et tu changeras, et il faudra encore se réapprendre. Toute notre vie. Et un jour, quand tu seras prête, nous nous donneront un fils. Peut-être même une petite fille. On s’engueulera parce que tu ne voudras pas les élever comme moi. On s’en mettra sur la gueule, on en bavera. Les enfants pleureront, parfois. Mais eux, on les aimera. On les aimera plus qu’on se détestera, et toute notre vie sera motivée par la crainte qu’ils ne soient pas heureux. Alors on fera tout, pour les rendre heureux. Ce sera le but à nos vies, et à la fin, on se regardera dans les yeux, avec tous nos regrets, peut-être avec nos remords. Mais on se dira qu’on a fait ce qu’on a pu.

Ce n’est sans doute pas la vie que tu veux à présent. Mais ce sera notre vie. Il le faut. Je ne suis plus certain, quand je te regarde, quand je me souviens de toi dans le manoir partant en décrépitude, de me souvenir très bien pourquoi. Mais il y a une raison, une raison fondamentale pour laquelle tout ce chemin nous amènera au bonheur. J’en suis convaincu jusqu’à en être malade. Mais je serais patient. Je te promets de t’atteindre. Ce sera dur, parfois, parfois, je crierai que tu n’es qu’une idiote, que tu n’es qu’une effrontée ignorante, égoïste, je ne te comprendrai pas, et tu ne me comprendras pas. Mais je te promets. J’attendrai. Je t’attendrai, petite Lyah. Ma toute petite Lyah.

Comme je t’ai attendu, dans le manoir plein de poussière.


« Que faîtes-vous normalement avec votre frère ? Jouez-vous encore à des jeux à votre âge ? »

Entre les murs assombris, je trouve presque l’idée de fumer le cigare avec les oncles plaisante. Dans le grand salon tout rutilant, avec les chandeliers d’argents et les dorures. Tant de richesses dans les pièces avant, et le reste à l’abandon.

« C’est très grand, pour quatre. Vous ne vous perdez jamais ? »
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MessageSujet: Re: You're Beautiful, It's true. [Atalyah]   Mar 23 Juin - 17:21

Nos visages sont si proches, mais je n'en rougis pas. Autrefois, cela aurait pu être le cas : mes pommettes colorées d'une délicieuse rougeur. La petite candeur fissurée par le sucre tentateur. Il suffisait d'y poser ses lèvres tout contre… Y passer la langue et cela aurait été pire encore. Mais je ne rougis pas. Non. Je sens ton souffle contre mon visage et cela ne me fait ni chaud, ni froid. C'est triste à dire. J'ignore même si j'aime ton odeur. Elle est là, elle plane. Elle imbibe tes vêtements, ils en dégoulineraient presque. Au moins, tu ne m'indisposes pas, mais je ne te désire pas non plus. Du moins, c'est ce qu'il en est d'habitude. Mais aujourd'hui, je la déteste. Je ne sens pas que toi et étrangement cela me défonce l'estomac.
Mais peut-être que tout se résumera à cela, un jour. Je t'accepterai à mes côtés et rien ne plus. Mes yeux se perdent dans les tiens et je ne pense plus à toi. Je pense à mon frère. Celui que je dois protéger. T'accepter et plus que ça pour lui. Pour sa vie. Pour sa sûreté. Je me rappelle du moindre mots de mon père. Je ne suis qu'une petite sotte inconsciente, beaucoup trop frontale. Et toi, tu sembles toujours déconnecté, si mort… Mais tu avais un frère jumeau. Comme moi. Il est mort. Et moi, je me refuse d'imaginer ce que serait ma vie, sans Pinchas. Parfois, je me dis que je comprends que tu puisses t'accrocher autant à la mission que tu t'es donné. Mais l'instant d'après je te méprise pour ce que tu es. Tu ne transpires que la mort et tu m'angoisses pour cela. Il fut un temps encore où j'essayais de te faire sourire de te faire rire. Temps révolu depuis que je sais pour toi, pour nous. Et tu savais il y a tellement longtemps…

Et tu ne me parles pas, parce que tu ne le feras jamais. Parce que je ne suis pas prête à accepter ce que tu es censé être. Peut-être que le jour où tu viendras me demander ma main je n'aurais aucune envie à part celle de te gifler. Peut-être que je planterai mes ongles dans ton visage et que je ne ferais que mordre ta bouche jusqu'au sang. Mais lorsque tu parles, mon regard coule contre ta bouche. Tes lèvres si pâles. Tu n'es qu'un cadavre qui s'agite pour des choses qui me semblent bien inutiles. Je souffle : « Toi, peut-être pas. » Tu t'agites et tu ruisselles d'une vie que tu possèdes pas. Je me bouge un peu, me redresse en peine. Ma main remonte le long de ton bras dont je devine chacun des muscles. Mes doigts effleurent ta nuque, du bout de mes ongles avant de se perdre dans tes mèches blondes. Tu parles de mes cheveux maintenant. Peut-être voulais-je arrêter de vous ressembler, peut-être voulais-je me rapprocher de toi. Mais le blond est devenu noir. Comme lorsque je ferme les yeux. « Longtemps. » Je bouge sans bouger, mais un zeste de parfum me prend. Mes doigts longent ta nuque, ta jugulaire et j'en attendra le col de ta chemise. J'y tire un peu, dévoilant ta gorge appétissante jusqu'à ta clavicule. Je me perds un instant dans cette contemplation fascinante. Mon regard s'accroche sur des détails sur ta peau d'albâtre. Je m'en fou de toi. Alors pourquoi la simple vue des fantômes des traces de ce plaisir charnel me prends aux trippes ? Pourquoi suis-je en colère ? Pourquoi une aura presque animale suinte de mon être, inconsciente que la bête gronde ? Un jour tu me réduiras au statut de femme et je te réduirais au statut d'époux. Je te briserai les doigts si tu osais toucher n'importe qui ou n'importe quoi. Je te crèverai les yeux pour en regarder d'autres. Je te volerai ta vie pour chacun de ces instants que tu me prends. Tu ne seras qu'un cadavre un peu plus balafré, une poupée de chiffon triste et ennuyante. « Tu ne t'ennuies pas à ce que je vois… » Tu me dégoûtes. J'inspire un peu et retire ma main, te lâche avant de m'allonger sur l'herbe. Comment l'on peut apprécier te toucher ? Faut-il en arriver jusque là pour que tu t'animes ? Je soulève mon pied nu, fais craquer ma cheville avant d'échapper un soupire. Mon ventre se découvre un peu, cette peau fine et délicieuse. Mon short qui dévoile le sous-vêtement et le reste de mes jambes fines et appréciables.

Tant de choses que je retiens en moi. C'est le calme plat. C'est ennuyant. Tu m'ennuies. Tout le temps. Depuis que nous sommes enfants. Parce que je ne suis pas ton égal. Je ne suis qu'une enfant dans ton crâne. Et je me comporte comme tel face à toi. Je pose mon avant bras sur mon front, mes yeux, puis je souffle, pensive : « Est-ce que le jour où il faudra que tu me touches, tu me considèreras encore comme une enfant ? » Je n'y pense pas vraiment. Je ne sais pas si je désire ce jour. Je ne vois que ton cousin qui a su m'approcher, me toucher, me faire gémir et frémir. Cela n'a jamais été doux, toujours animal, violent et possessif. Et je n'aurais que cela à te donner. Parce que je n'aimerai pas que tu me vois comme une femme enfant.

« Nous étudions. » Pas les mêmes cours. J'apprends à me tenir droite à parler. En faite, je trouve presque drôle. C'est drôle. Pour mémoriser. Tout ce qui n'est pas important. Remarquer les détails. Je repose mon regard sur toi. Tu es peut-être malade. Mais je n'ose pas te demander. Je regarde mes pieds un peu, alors que l'on arrive au bout d'un couloir. Je fronce un peux les sourcils en t'entendant. Je ne comprends pas ce que tu insinues. Mais je n'ai pas envie de d'autres frères et sœurs. « On vis que dans l'aile droite… On a pas le droit d'aller dans les autres… » Mais évidemment qu'on y va. Je t'observe un instant, de ce regard d'enfant bien trop perçant.

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MessageSujet: Re: You're Beautiful, It's true. [Atalyah]   Mar 23 Juin - 18:23

Pas moi. D’autres. Je me demande si un jour je pourrais tuer pour toi. Je n’arrive pas à l’imaginer. Je te tuerais si ça pouvait protéger l’un des miens. Sans une hésitation.

Longtemps. C’est suffisant pour que je comprenne. Je ne t’ai pas vu pendant trop longtemps. Ou bien est-ce que c’est plus simple que ça ? Je l’ignore, je te laisse faire. Je deviens poupée entre des doigts. Tes doigts de femmes. Je ne peux pas le nier. Si ça peut te rassurer. L’idée folle que tu m’étrangle ici et maintenant me traverse l’esprit. Je crois que si c’est toi qui le faisais, je ne résisterai même pas. Il serait trop tard avant que je ne me rende compte que tu as le pouvoir de me faire du mal. Il serait trop tard avant que je ne sache que j’ai mal. Tu pourrais m’endormir pour toujours. Comme ça. Mais tu ne le fais pas. Et je suis presque déçu. Tes doigts glissent. L’Univers se réduit à tes formes qui me bercent en traçant le chemin, du bout de tes ongles, de ma jugulaire à l’intérieur de mon crâne. Pas très décent. Mais je m’en contre fou. L’univers est devenu minuscule, avec juste toi et moi. Et c’est très bien comme ça.

Mais sur moi, il y a des morsures qui viennent d’ailleurs. Tu recules, peut-être dégoûtée, je ne sais pas très bien. Ton étreinte s’envole, et j’ai froid. Il y a quelque chose qui se brise, se glace, en moi, mais je l’arrête, bien avant qu’il ne remonte à mon visage. Je reste droit, j’ouvre lentement les yeux. Je te regarde. Je te hais. D’être si jeune. T’être si belle. Mais ce n’est pas ta faute. Je ne relève pas. Malgré ma certitude que ton corps n’est plus aussi pur que la tradition le voudrait. Je m’en fiche. Au moins je ne te ferais pas mal. Je ne verrai pas ton visage se déformer en pleurs. Au moins tu ne me verras pas comme le monstre que je suis, tout au fond. Je remercie presque celui qui rend ton insouciance attirante. J’aimerais te donner de quoi cacher ta peau trop nue, mais tu me cracherais au visage. Alors je m’abstiens.


« Est-ce que le jour où il faudra que tu me touches, tu me considèreras encore comme une enfant ? »

Je ferme les yeux. Me maudit intérieurement. Je me dégoûte. Parce que j’oublie celle que tu étais enfant. Mais les gens changent, et tu es loin d’être restée une enfant. Bien sûre que non, je ne pourrais pas voir une enfant. Je ne te verrai que toi. Je foutrais bien de ce que tu as été, ou de ce que tu deviendras. Je me contrefoutrai complètement de ce pourquoi on en sera arrivé là. Tout ce que je chercherai, c’est qui tu es au moment même où je toucherai ta peau, je dépècerai lentement tes tatouages pour t’apprendre par cœur, frôlement par frôlement. J’apprendrais le moindre de tes soupires, le moindre de tes sourires, le moindre regard, jouerai à cache-cache avec ce qui t’arrachera un gémissement, un frisson languissant. Je dissèquerai tes désirs, te persuaderai que je suis le seul qui pourra te rendre folle. Je me ferais oublier pour savoir qui tu seras, à cette seconde-même, où il faudra ne faire plus qu’un. Je ferais de ton âme ma religion et de ton corps un temple. Et n’y aura plus d’enfant, plus d’adulte, plus six ans pour nous séparer. Je réduirai la distance entre nous au zéro absolu, en brûlant tes reins de la seule chose par laquelle je puisse exprimer ma violence.

Tu ne seras ni une enfant ni une femme. Tu seras Atalyah.

Alors je ne réponds pas. Pas encore. Je ne pourrais jamais te le dire. Tu ne comprendrais pas. Tu ne comprendrais pas que je me sens capable de me forcer à t’aimer. Tu ne comprendrais pas que je finirai par t’aimer un jour. Tu ne comprendras rien d’autre que ce garçon affreusement vieux jeu qui obéi sagement à ton père. Tu ne verrais rien, n’entendrais rien, si je te le disais, tout de suite, dans le creux de ton oreille. Ça ne te rassurerait pas. Ça ne te rendrait pas heureuse. Parce que tu es trop jeune, encore, pour comprendre. Que tu seras peut-être toujours trop jeune. Parce que je ne peux pas t’apprendre l’amour. C’était à ta mère de le faire. Et vu ton accoutrement, ta haine affichée envers moi, ta tendance au jeu, elle n’y est pas parvenue.

Je reste assit face au château. J’inspire.


« J’attendrai. »

Que tu ne sois plus une enfant ? Hypocrisie. Tu es tout ce qu’il y a de plus femme. Tout ce qu’il y a de plus désirable. C’est juste encore pénible à avaler. Je n’ambitionnais pas de tomber amoureux. Je suis déjà tombé amoureux. J’ai eu le temps de déchirer mon cœur et mon âme, mon âme et mon corps pour quelqu’un d’autre bien avant de te rencontrer. Et pas qu’une fois. Je me suis lassé de souffrir. Ou peut-être pas assez ? Pourquoi il y a quelque chose dans tout mon être qui me croit que je suis mécontent de ça ? De n’avoir… Que ça ?

Une fille que je n’aime pas. Et qui ne m’aimera jamais. Une future mère. Je m’en veux. Je m’en veux de penser ça de toi. De repousser l’échéance. Mais je crois que j’aurais voulu, rien qu’une fois, tomber amoureux sans en souffrir. J’aurais voulu que tu tombes amoureuse.

J’aurais voulu qu’on ait le temps de se perdre dans un autre bonheur, avant de faire le bonheur de ceux qui veulent tant notre bien qu’ils nous tiennent en cage.

Je suis ingrat. Un fils ingrat. Un frère ingrat. Je suis en vie, et j’aimerais une autre vie ? Quel imbécile. Il n’y a pas d’autre vie. L’autre vie, c’est salir tout ce que tes ainés ont fait de bien pour toi et tes descendants, ce serait se contenter du peu que les autres n’ont pas la chance d’avoir. Fils Ingrat. Frère Ingrat. Vis, vis bordel. Vis ce qu’on te donne et rend le meilleur. Si tu ne fais pas ça, pourquoi es-tu encore vivant ?

Je n’ose plus te regarder, parce que je suis un lâche. Tu es femme. Il suffit de te regarder. Je pourrais t’embrasser, là, tout de suite, et glisser mes mains sur ta peau. Mais je suis un lâche. Je n’ai pas envie que tu sois déjà une femme. Car si tu es une femme, il faudra arrêter de faire l’enfant.

La pluie ricoche sur les vitres. Je ne souris pas, mais j’en ai envie. J’ai juste oublié comment on faisait.


« Vous jouez encore à cache-cache ? »

J’attends, que cet œil craintif cesse de me voir comme ce qu’ils aimeraient que je sois. C’est bon pour les autres, ça, petite Lyah. C’est bon pour les grands, les adultes et les étrangers. Toi, tu n’as pas besoin d’avoir peur. Oublie un peu le nom Malefoy. Je suis Abel. Un cousin. Un allié. Un jour, tu sauras ce que les alliés sont, et j’espère faire partie de ceux sur qui tu auras le droit de te reposer. Mais pour l’heure, nous sommes libres, un peu, toi plus que moi. Aujourd’hui, personne n’étudie. Ni ne nous étudie. Je veux que tu aies de bons souvenirs. De bons souvenirs de ta maison en ruine. Des bons souvenirs de tes cousins toujours trop droits dans leur costume. Que tu aies des secrets pour toi. Que tu ne te sentes pas seule. Un jour, tu seras comme moi. Tu te demanderas souvent pourquoi les adultes en attendent tant de toi. Et avant que tu ne comprennes ce qu’est le devoir, il te faudra des souvenirs pour t’accrocher.

« Tu n’as pas peur du noir j’espère ? »

Mon pas est lent. Je ne souris pas avec mes lèvres. Mais mes yeux sont mélancoliques. Je revois Caïn courir trop vite pour moi, moi me perdre, pleurer, faire trembler les murs et briser les plafonniers de verres. Caïn apparait, et me prend simplement dans ses bras. Et toutes les fois d’après, où j’ai réussi à ne pas pleurer. J’étais toujours heureux. Même quand les parents nous engueulaient. Caïn me souriait en tirant la langue. Parfois il se prenait une gifle, parce qu’il souriait trop. Son sourire prenait les baffes. Toutes les baffes. Même les miennes. Je m’accroupis, la regarde d’en bas, avec douceur, malgré ma tristesse habituelle. Je ferme les yeux. Pour ne pas avoir à parler. Pour ne pas avoir à rester silencieux. Je sais que ça la rendrait mal-à-l'aise. Te rendrais mal-à-l'aise. Tu n'étais pas obligée de subir tout ça. De subir leurs désirs. Leurs espérances. Pas encore. Soit bonne sorcière à l'école, et bonne sorcière tout court, pour commencer.

« 30… 29… 28… »
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MessageSujet: Re: You're Beautiful, It's true. [Atalyah]   Mer 24 Juin - 14:55

Tu ne réagis même pas, tu ne fais aucun commentaire à mes paroles. Je crois que tu n'as pas compris comment je fonctionne ou que tu es tout simplement masochiste. Ou insensible. Et si c'est réellement le cas, je préfère me tuer maintenant. Peut-être aurais-je du me débattre plus fort cette nuit là, pour que les crocs déchirent ma cuisse entière, pour qu'il finisse par m'attraper à la gorge et me rompre les cervicales. J'aurai du mourir cette nuit là et tout ceci ne serait jamais arrivé, aucune menace ne serait au dessus du crâne de mon frère et moi, j'aurais été dans un monde meilleur, ailleurs, dans le royaume des cieux. Cette croyance à une entité supérieure qui n'est pas digne du monde sorcier. Mais je me contre fou de ce qui est bien ou pas. J'observe mes phalanges un instant, ce "Just Love" qui y est gravé pour l'éternité. Je te cognerai mon amour à la gueule. Un jeu de mot à la base avec mon frère. Mais c'est la vérité. Je ne veux rien d'autre. Et toi, tu n'es pas ça.

Tu attendras. Je suis incapable de retenir mon rire. Franc et moqueur. Tu attendras quoi au juste ? Que le souvenir de la petite fille que j'étais fuis ton esprit ? Cela n'arrivera jamais. C'était sale. Cela te hantera toujours. Attends donc. Cela me va très bien. Tu ne me toucheras jamais. Jamais je ne te donnerai un héritier, même si il faut que je tue ma féminité jusqu'au bout. Tu ne me touchera pas. C'est aussi simple que ça.

« Quelle est bien bonne celle-là. Tu veux pas attendre aussi que ton père me doigte pour te faciliter le travail ? » J'échappe un soupire. Je sais que ca va te dégoûter, te désespérer. Pauvre tapette que tu fais, avoir une gamine incapable à tes côtés. Que ta vie sera misérable à mes côtés. Je pourrai te bouffer une nuit et nous n'en parlerions plus. Le fait que l'idée me plaise et me donne l'eau à la bouche me fait me redresser assez brusquement, soudainement troublée.

J'expire assez brutalement et me redresse : « Bon, tu sais quoi ? Tu me fais chier. Tout les malheurs du monde ne t'autorise pas à être un connard pareil, même la mort de ton frère jumeau ou toutes ces conneries familiales. Parce que moi, tu vois, j't'ai rien fais, que je sache et j'ai pas choisi ce qui se passe. » Tellement franche, tellement directe, ma pupille écorche la tienne. « Tu comptes réagir, répondre, décroche autre chose qu'un glapissement, ou t'es bien dans ta merde d'iceberg ? » Je te fixe avant de faire un fixe négatif de la tête. Je ne vois même pas pourquoi je prends la peine de te rentrer dedans. Je ne te supporte plus. Je me lève souplement puis souffle :  « Non, je me saignerai pas pour être agréable avec toi. Je vais pas faire les efforts pour deux, ou me forcer à croire que ma vie est merveilleuse. Lorsque tu comprendras que la vie que c'est pas ça et que t'es prêt à porter tes couilles, tu m'f'ras signe. »  

Mais au final, je sais que rien ne changera. Tu es ainsi depuis trop longtemps.

« Parfois. » Je souris, un peu et fini par baisser le regard quelques secondes lorsque tu me regardes trop longtemps. J'ai l'impression d'avoir dit une bétise ou d'avoir oublié quelque chose. Je passe mes doigts dans mes mèches blondes, nerveuse.  Tu t'accroupis et je fronce un peu les sourcils, mon nez se plissant. Maman me trouve adorable quand je fais ca. Pinchas frotte son nez contre le mien souvent quand je fais ca, parce que ca le fait rire. Je ne réponds pas à ta question. Du noir ? Non, je n'en ai pas peur. Mais je ne comprends pas le rapport. Les presque-adulte sont compliqués. Et puis tu es tellement triste. « Pourquoi t'es triste ? » Ma question sonne et j'expire, un peu agacée en te voyant compter. Je souffle : « Mais j'ai pas envie de jouer ! Maman elle a dit de visiter ! Pas de jouer ! » Et puis même que, j'ai pas envie de jouer avec toi. Tu me fais peur. Et je me tais un peu, lorsque je me rends compte que j'ai trop parlé. Père m'aurait sûrement giflé.  

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MessageSujet: Re: You're Beautiful, It's true. [Atalyah]   Mer 24 Juin - 17:21

Mes oreilles brûlent. Tu sais comme j’ai envie de te donner les baffes que tu mérites quand tu parles comme ça ? Comment veux-tu qu’ils te respectent, qu’ils respectent tes volontés, si tu n’es même pas capable de les prononcer sans une insulte ? Voilà pourquoi je ne pourrais jamais te voir comme une femme, voilà pourquoi je ne pourrais jamais te regarder sans être dégoûté de moi-même. Tu agis, tu penses, et tu cries comme une enfant. Parfois je me demande si tu n’es pas aussi pourries gâtées que les autres. Parfois je me demande si tu ne fais pas ça juste pour le plaisir de tous nous faire du mal.

Ça me tue. Ça me tue que tu sois comme ça. Ça me tue tellement que j’aimerais te faire du mal, rien que pour que tu saches, comme je peux te faire mal, comme je pourrais te détruire et te soumettre si j’en avais l’envie. Si je me fichais de toi, de nous, si je me foutais d’avoir un avenir en dehors d’eux ! Tu ne sais rien, et tu ne sais tellement rien que tu parles de Lui. Je veux te tuer. Je vais te tuer. Tu ne finiras jamais de me rendre complètement dingue. Tu penses comme une enfant, mais tu as la taille d’une adulte, maintenant. Et tu es trop grande pour qu’on t’indulge. Je devrais t’en mettre une, là tout de suite. Pourquoi je t’en mets pas une, à ton avis ? Pourquoi je te prends pas tout de suite, pourquoi je te mets pas un coup sur la gueule pour que tu te la ferme et écarte les jambes bien sagement ? Pourquoi je te regarde jusqu’au bout de toutes les insultes que tu me sers, sans un mot, sans même t’ordonner de fermer ta grande gueule de petite conne ?


« Non, je me saignerai pas pour être agréable avec toi. Je vais pas faire les efforts pour deux, ou me forcer à croire que ma vie est merveilleuse. »

Je ne t’ai jamais demandé ça. Ta vie n’est pas merveilleuse. Ta vie est ce que tu en fais. Ta vie est comme un vase en cristal que tu as défoncé à coup de batte, et dont on m’a demandé de ramasser un à un les morceaux. Si je te montre de la joie, tu me détesteras. Si je te montre de la tristesse, tu me détesteras. Si je te montre de l’amour, tu me haïras. Si je te montre de la haine, tu me haïras. Quoique je fasse, je suis condamné à ton mépris. Quoique je dise, je suis condamné à constater que tu resteras une enfant encore longtemps. Si tu n’avais pas été là, j’aurais pu rencontrer une personne de mon âge. Si tu n’étais pas là, si j’avais vraiment eu à choisir entre les jeunes filles de ta génération, j’aurais pu demander la main de la fille de Monsieur le Juge. Si tu n’étais pas là, j’aurais pu prendre le temps de faire de la place dans ma vie pour toi, pour cette femme à qui j’aurais pu apprendre à m’aimer, que j’aurais pu séduire, peut-être. À qui j’aurais pu dire la vérité. Une femme que j’aurais vraiment appris à connaître. Une femme plus forte, une femme qui m’accueillerait, et me ferait me sentir chez moi. Une femme qui ne me reprocherait pas de vivre.

« Lorsque tu comprendras que la vie que c'est pas ça et que t'es prêt à porter tes couilles, tu m'f'ras signe.
-Tu as fini ? »


Je me redresse, me lève, me pose calmement devant toi. Mon visage n’a pas du t’apprendre grand-chose. Ni de ma frustration, ni de mon dégoût pour ta génération, ni de ma tristesse en me coupant sur le verre brisé. Et si ça restait comme ça pour toujours ? Entre nous ? Si je n’arrivais pas à te faire une place ? Et si tu ne la méritais pas, cette place ? Et si je leur disais à tous que j’en avais rien à faire, de la petite Lestrange qui s’habille comme un garçon et qui me jacte comme un charretier à ses bœufs ? Et si ça me soulait, de m’imaginer tous les jours avec une femme qui me déteste ?

Une sale petite ingrate, voilà ce que tu es Atalyah. Et ça me désole. Parce que j’espère encore que tu puise un jour être heureuse.

Je prends ton menton entre mes doigts, juste pour m’assurer que tu me regarde bien. Tu peux me cracher au visage que je ne te frapperai pas. Pas que l’envie m’en manque. Tu le mériterais. Amplement. Mais tu n’es pas mon élève. Et tu n’es pas de ma famille. Pas encore. Ce serait une insulte à la bonne volonté de tes parents. Et il y a d’autre moyen de te faire empêcher d’avancer qu’en te cassant les deux jambes.


« Caïn n’est pas mon frère jumeaux. Il est né un an et demi avant moi. »

Je ne te lâche pas. Pas encore. Je cherche de la sincérité, de l’intelligence au fond de ta tête de pioche mal élevée. Je ne sais pas si je la trouve. J’aimerais tellement t’aimer, mais tu ne te rends même pas aimable. J’aurais voulu simplement pouvoir tenir ta main sans rancœur, sans préjugé, j’aurais voulu pouvoir te revoir et te voir comme une femme, comme la vraie belle femme que tu es, avec tes cheveux cours et ta gueule androgyne. Mais parce que tu parles trop, je ne vois rien d’autre que cette gamine blonde qui a peur de moi quand on se ballade chez elle un jour de pluie. Tu n’es rien d’autre qu’une petite fille qui ne comprend rien à rien.

« Les enfants ne parlent pas de ce qu’ils ne connaissent pas. Et les adultes non plus d’ailleurs. »

Bien sûr que Caïn et moi étions nés coup sur coup. Bien sûr qu’on se ressemblait à s’y méprendre. Physiquement. Tous les deux, on était plus proche que tout. Toi et Pinchas, vous êtes les deux moitiés de vous-même ? Il était tout pour moi. Absolument tout. Et toi qui ne sait rien que les ragots et les mots dit tout doucement entre les jupes des commères, toi qui ne sait rien que les rumeurs rapportées à compte goûte et déformées à souhait, je t’interdis de juste penser à lui. Et j’espère que tu le lis bien dans mes yeux. Que tu lis bien la haine que j’ai pour tous ceux qui pense parler de lui comme si sils savent. Nous ne sommes que trois au monde à pouvoir en parler. Et tu n’en fais pas partie.

Je relâche ton visage. Je ferme les yeux en levant la tête vers le ciel. Je ne dois pas m’énerver. Je ne dois pas me mettre en colère. Ça fini toujours tellement mal, quand je me mets en colère, que j’ai peur, ou que j’ai mal… Je dois rester calme. Ce n’est pas de sa faute. Il faut être patient. Respire. Respire. Elle ne peut pas te faire de mal. Tu ne pourras jamais avoir plus mal que ce jour-là. Tu es un adulte, maintenant. C’est fini, les conneries. C’est fini. Respire.

Est-ce que tu changeras ? Tu n’as pas toujours été comme ça, tu sais ? Mais peut-être que c’est le vrai toi, et que ça ne changera jamais. Peut-être que vous êtes tous des idiots, et que demain, le monde sera régit par des idiots. Et peut-être qu’un jour vous aurez tellement foutu la merde que je ne pourrais que m’en aller en demandant pardon à nos ainés. Peut-être que c’est ça, l’avenir des Sang-Purs.

Où est-ce qu’on a déconné, pour que vous soyez tous aussi cons et ingrat ?

La pluie fait chanter le verre. Je cesse de compter. J’ouvre les yeux. Tu as de beaux yeux verts Lestrange, j’aurais bien envie de le faire peindre. Tu es nerveuse. Et je ne sais pas quoi faire pour que tu ne sois pas nerveuse. Je ne sais pas quoi faire pour que tu sois contente d’être là. Pour que tes parents soient contents, mais ne te mettent plus dans mes pattes. Je ne suis pas bon aux échecs. Pas bon en stratégie. Je connais les méthodes, par cœur, pour être agréable avec un homme ou une femme plus vieux que je ne le suis. Mais je n’ai pas appris à me faire aimer par les enfants.

Si jeune et déjà si austère. Ou bien est-ce moi qui le suit ? Pourquoi suis-je triste ? Je ne suis pas triste. J’aimerais pouvoir te le dire à voix haute, mais je suis bel et bien triste. J’ai des soucis, à l’école. Je travaille bien, tout le monde est content de moi. Je suis fiable. Mais je ne dors pas la nuit. La nuit je fais des cauchemars, comme si j’avais encore sept ans. Fait-on encore des cauchemars à ton âge ? Les fait-on en dormant, où bien en restant éveillé toute la nuit, à avoir mal dans tout le corps ? J’ai une baguette capricieuse aussi. Je suis le meilleur duelliste de tout Poudlard, sans me vanter. Invaincu depuis ma troisième année. Mais ma baguette me brûle. Elle me rejette. Et même si elle n’a ni mots ni grognement pour me le signifier, je sais qu’elle me trouve indigne d’elle. J’ai des choses qui me tracassent, petite Lestrange, des choses sans importance. Mais je voulais jouer justement pour ne pas avoir à t’en parler.

Je ne sais pas quoi faire. Je ne sais pas si j’ai le droit de te toucher. Si c’est normal de vouloir te caresser la joue sans y penser. Est-ce que je traine trop avec les garçons qui aiment les autres garçons ? Est-ce que j’ai perdue des notions de distance, entre les gens ? Est-ce que c’est normal, la distance ? Est-ce qu’on embrasse les gens sur la bouche, normalement, quand ils ont peur ?

Je fais le grand écart. Entre la vie que je mène à l’école, et ce qu’on attend de moi. J’ai peur d’oublier la bienséance en réunion de famille. J’ai peur d’être coincé et froid en soirée. J’ai peur d’être impoli devant mes oncles et mes tantes. J’ai peur qu’on ne comprenne pas que j’ai envie de la personne avec qui je danse collé serré sur la piste.

J’ai peur tout le temps. Mais loin de cette famille pour qui je suis trop parfait pour être vrai, quand j’ai peur d’être seul, on m’embrasse sur la bouche. Et j’oublie tout.


« Qu’est-ce qui te rendrait triste ? »

Est-ce que j’ai le droit de sourire, devant une gamine qui ne sait pas ce qu’est la séduction ? Est-ce que j’ai le droit de sourire, sans que ça ait l’air d’une offense, d’un trait pervers ? Je ne sais plus si j’ai le droit. Je ne sais pas si j’en ai la force. Ma vie est écartelée, une fuite en avant. Mais je ne veux pas te dire tout ça. Toi tu ne comprendrais pas. Et je ne veux pas que tu comprennes. Si tu comprenais, ça ne te rendrait pas plus heureuse.

« Tu sais ce qu’on dit ? ‘Tu peux toujours désobéir, il est interdit de se faire prendre’. »

Je ne souris pas, mais j’aimerais beaucoup. Je la détaille curieusement. Je lui offre un regard attendrit. Par sa capacité à voir cette tristesse que je refuse moi-même de voir. Tu es banale. Gentille. Adorablement ennuyante. Mais tu n’es pas aveugle, comme j’aurais aimé que tu le sois. Je t’envie. J’aimerais avoir tes yeux, et ton monde où ton seul souci est de ne pas désobéir à Maman quand elle t’envoie toute seule avec un invité. Pourquoi est-ce devenu si difficile d’obéir à Père et Mère ?

Je me redresser, une main dans le dos, l’autre tendue vers elle, grand prince. Si seulement tout était un peu moins fatiguant, un peu moins épuisant…


« Très bien, pas de jeu. Où allons-nous donc, Miss Lestrange ? »



_________________________
Les notes
Tu ne sais rien, Jon Snow !
Quand Abel parle des enfants et des adultes, il emploie les termes "Kids" et "Grown-ups", et non pas "children" (qui correspond plus à un rapport de filiation) et "adults". Dans l'idée, ça veut surtout dire qu'il parle à Atalyah comme si elle était une gamine, mais dans le sous texte, ça signifie aussi qu'il ne s'inclue pas vraiment dans les "Grands", ou les "Grandes Personnes", malgré qu'il veuille donner l'impression qu'il en fait partie.
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MessageSujet: Re: You're Beautiful, It's true. [Atalyah]   Ven 26 Juin - 9:47

Mais par les griffes d'un Hippogriffe ! Frappe-moi que l'on ris un peu ! Décroche là cette gifle qui t'en picote les doigts ! Réagis nom de dieu ! Je n'attends que cela, que tu réagisses plus que la seconde précédente, que tu abandonnes cet amas méprisant de glace. Tu craches sur les autres, tu baves sur notre irrespect continuel, mais tu te sens au dessus de tout, bien mieux que nous, car respectueux. Respectueux de quoi ? De l'éducation que tu as reçu ? Je suis plus jeune que toi et je vomirais dessus à la première occasion pour cette sensation que tu glisses dans mon être tout entier. Tu es fermé et aveugle, tu n'entends que les préceptes de ton père, tu pars en justice, tu travailles au Magenmagot. Tu ne feras aucune vague malgré que tu te fais bouffer ta santé. Tu n'es qu'un suiveur, un mouton qui suit la masse. C'est à cause de personnes comme toi, que les pires horreurs sont arrivés dans les mondes.

Mais tu le fais rien, tu le bouges pas, malgré l'arc électrique qui a coulé le long de ton bras. Comme j'ai envie de soupire, de rire, tu me ferais presque pitié. J'aimerai pouvoir pleurer pour toi, mais cela ne me touche pas assez encore. Je suis sûre que tu es capable de bien pire. Je sais que tu pourrais me tuer si j'étais une offense à ta famille. Mais je suis liée à ton cousin, je suis la meilleure amie de ta cousine, je suis ta promise. Alors toi et tes putains de pensées je t'emmerde. Tu te prends pour le frère de tous, tu tentes de nous faire entrer dans un moule vieux-jeu, alors que nous sommes les nouvelles générations. Je n'ai pas envie de passer ma vie au côté d'un homme si faible et influençable. Si fier et droit. Je ne pourrais jamais compter sur toi, ni te confier mes secrets. Je serais seule, abandonnée, éperdument perdue même dans mon intimité fictive.

« Tu as fini ? »

Je détourne le regard, dévore mon sourire dégueulassé. Piquée, à vif, vexée profondément. C'est toujours la même chose. Tu ne t'en rends même pas compte à quel point tu es repoussant, froid, méprisable. Comment pourrais-je faire confiance à une personne comme toi ? Comment pourrais-je avoir envie de m'appuyer contre toi ? Tu vas m'enfermer dans une vie de malheur, je le sais. Et je ne serais pas assez forte pour supporte tout ce qui tu acceptes sur tes épaules. Tu es faible, tu ne dis jamais non, par crainte que l'on remette en cause ta place, ton implication. Tu dis oui à tout pour te rendre utile, te sentir utile. Tu te crois chevalier servant d'une lignée entière alors que ta vie ne ressemble à rien, ta santé non plus.

Tu me touches. J'en ai un frisson de dégoût à peine dissimulé tant tu me soulèves le cœur. J'en imagine tes mains perverses pétrir mon corps et j'en ai envie de vomir sur toi. Jamais je ne pourrais te laisser me toucher…. T'es la punition de ma vie entière, t'as les traits tirés et le mal dans les prunelles. J'ai pas envie de toi dans ma vie. Mais je t'accepterai quand même pour mon frère.
Mon regard se plante dans le tien et je t'écoute. Tu me prends pour une idiote, en plus de cela. Pour une enfant une fois de plus. Tu crèves quelque chose en moi. Et je l'observe ce regard qui s'éveille pour la haine. Mais assumes-la cela-la ! Laisse-moi la découvrir si c'est tout ce que je peux t'inspirer !

Tu m'énerves tellement. J'en ai les larmes aux yeux et je ne le comprends moi-même pas. Peut-être que je réalise que cela ne changera jamais, que tu es aussi borné que moi, qu'on ne comprendra jamais. Peut-être que je réalise que je serais jamais capable de respecter quelqu'un qui me juge comme son inférieur. Peut-être que je sais déjà que je n'y arriverais jamais. Que je vais échouer et faire du mal sans le vouloir à mon frère jumeau. J'ai honte de moi et je me défais brusquement de ton contact et souffle, mordante : « Souris, je te fiche la paix, pour le mois. » Toujours à petite dose. Je déteste ton regard. Il est pire que celui de mon père. Celle qui est différente, celle qui est imparfaite. Pas comme elle devrait être….

« Que mon frère soit loin. » Ou malade. Ou qu'il ne veuille plus que je reste avec lui, jouer avec moi, ou me faire des câlins. C'est vrai. Mais cela ne réponds pas à ma question. Je fronce un peu les sourcils puis souffle : « Tu es triste d'être ici ? » Banale, certainement. Et pourtant si éveillée. Je te fixe de mes yeux perçants. Comme si j'étais capable de disséquer ton âme d'un seul regard. Je t'écoute sans rien dire, je vois la différence dans ton regard. Et puis tu te redresses, avec cette main dans le dos. Tu ressembles à celui dont me parle Maman, le prince. Mais t'es pas un Prince. Et puis les Princes ils sont heureux et souriants. Toi, en dirait que t'es malade. Je considère un instant ta main, mais je refuse de la prendre. Je n'ai pas confiance, d'un naturel méfiant, même à cet âge où je devrais être légère et insouciante. Mais à ta question, j'hausse les épaules. « T'es puni ? » Après, t'es avec moi, alors que tu es un adulte. On mélange pas d'habitude. Alors je ne comprends pas.   
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MessageSujet: https://www.youtube.com/watch?v=uk7FFdSar7I   Sam 27 Juin - 17:11

Je sens tes larmes avant de les voir. Je les sens plus que je ne les vois. Je les imagine peut-être. Je ne sais honnêtement pas ce qui te fait mal. Le fait que je te touche ? Que je te parle ? Que je te traite d’enfant ? Que je te regarde simplement ? Peut-être tout cela à la fois. Tu me pousses, avec une force qui me surprend complètement. Peut-être es-tu juste blessée dans ta fierté. Peut-être es-tu juste frustrée que je te dise ce que je vois et que tu ne parviens pas à voir. Peut-être rien de tout ça au fond.

Quelles sont les chances pour que ce soit la vérité ? Je pense mathématiquement, et je sens que j’aurais toujours tort. Jamais je ne te comprendrai vraiment. Et que c’est pour cette raison qu’il est encore plus nécessaire que j’essaye. Que je me force à y parvenir.

Devenir meilleur. Être plus méritant. Avoir le pouvoir de tout t’offrir. En serais-je capable un jour ? De tout t’offrir. Pas seulement ce qu’un mari offre à sa femme en se disant qu’elle aimera le dernier meuble à la mode, de beaux vêtements et des passe-temps distingués. T’offrir ce que tu me demanderas, les yeux dans les yeux.

Et peut-être même ta liberté.


« Souris, je te fiche la paix, pour le mois. »

Je ne parviens pas à sourire. Avant que tu ne partes trop loin, je prends ta main. La fixe avec dureté. Je ne sais pas si je tremble à l’intérieur, de peur, ou bien si je suis désabusé. Je serre les dents. Tu me soules. Dans tous les sens du terme. Je déteste tout ce que tu fais, tous les regards que tu me jettes. Je ne les comprends pas. Ils m’irritent, me fatiguent. Mais je me persuade. Je me persuade qu’il y a une raison à tout ça, et qu’avec un peu de patience, tu m’en parleras. QU’avec un peu de patience, tu m’ouvriras ce cœur qui parfois pointe au bord de tes yeux. J’espère même que je pourrais accepter cette part de toi, toute entière, et j’espère sincèrement pouvoir t’aimer.

Nous ne sommes pas prêts aujourd’hui, je le sais bien. Ni toi ni moi. Mais je le pense vraiment, Atalyah. J’attendrai. Parce que contrairement à ce que tu dis, tu n’es pas plus prête que je ne le suis, au contraire. Je serre un peu ta main. Tout ça se mélange un peu, parce qu’au fond j’aime aussi bien ton odeur que celle d’une femme que j’aurais choisi. J’aime aussi bien tes formes atypiques, et ton visage colérique. Un jour, cette main, plutôt que de la retenir et de te la voler, je te la demanderai. Et ce jour –là, Atalyah, ce sera trop tard pour moi. Parce que je t’aimerai.

C’est ça que j’attends, petite Lyah. De t’aimer.

Je lève ta main vers mon visage et baise mon pouce ganté, les yeux clos. Un jour, je te demanderais cette main, et ce jour-là, tu verras les miennes. Abimées par ma faiblesse. Mais tant que ce ne sera pas fait, tu ne verras rien d’autre que ce que je dois être.

L’homme qui te regarde sans que tu puisses deviner pourquoi. L’homme dont tu ne peux que comprendre l’ironie et le dégoût. L’homme qui ne semble pas avoir de joie ou de tristesse.


« Reviens plus tôt que ça, tu risquerais de me manquer. »

Je lâche ta main. Tu es libre. Va.

Avant que je ne puisse plus jouer le rôle de celui contre qui tu luttes.



Je lis la peur sur ton visage. Je m’en veux. Est-ce que ça fait si peur ? Est-ce que ça fait si faux ? Est-ce que je mens si mal ? Ne veux-tu pas faire semblant, comme tout le monde ? Ne veux-tu pas juste hocher la tête et me laisser me noyer dans les fables ? Leurs fables. Les miennes. Tout va pour le mieux, dans les meilleurs des mondes. La pluie continue, et les nuages grommèlent au loin.

Je range ma main. Je ne sais plus quoi faire. Je ne dois pas montrer ce que je suis, mais tout ce qu’on m’a appris te pousse  à reculer. Tu ne veux pas de ce mauvais masque. Tu lis en moi comme dans un livre. Mais le livre est brouillé, trempé de pluie. L’encre coule, a déjà coulé. Il n’y a plus rien à lire si ce n’est que rien n’a plus de sens.

Je suis vide.


« Je ne suis pas puni. »

Je devrais l’être. Je mens à tout le monde. Je suis ici un pantin, ailleurs un délinquant à leurs yeux. Aux yeux de ceux qui m’aiment, quand je suis ailleurs, ailleurs que dans cette famille, je suis en vie.

Je ne me sens en vie nulle part.

Vide.


« Ce n’est pas d’être ici. Je suis probablement tout le temps triste. »

Je m’adosse à une fenêtre et glisse pour m’assoir dessous. Le costume prendra la poussière. Qu’importe. Je me sens las de faire attention à ce truc. Je veux brûler mes gants, mes chemises et mes vêtes. Je veux porter un jean et un t-shirt. M’enfuir de la maison et prendre ma moto. Traverser la pluie et choper la crève. Aller danser, ailleurs. Aller danser des rythmes démodés, mais qui m’épuisent. Danser le foxtrot, apprendre la salsa. Le tango, même, avec une jolie fille. Une fille de mon âge, pourquoi pas un peu plus vieille. Me décoiffer, transpirer. Pourquoi je ne fais pas tout ça maintenant ?

« Je… J’ai choisi d’être ici. »

Mais je crois que je n’ai pas choisi de vivre.

« C’est la solution la moins blessante pour tout le monde. Sauf peut-être pour moi. »

Je me sens sale. Rien à voir avec mes fringues. Je veux me laver les mains. Me laver la tête. Me laver les yeux. Je n’ai pas le droit de rêver à ça. Si je rêve, ça devient possible. Si ça devient possible, alors il se peut qu’un jour, je détruise tous les efforts fait jusque-là. J’ai déjà commencé, un peu.

« Tu serais triste de ne pas être avec ton frère, et moi je serais triste de ne pas pouvoir être avec mes parents. Avec mes cousins. Mes oncles, mes tantes. »

Si je failli à leurs attentes, ils me laisseront tomber. Dans leurs cœurs, je ne serais qu’un fardeau. Ce n’est pas comme les amis. Les amis, ça s’en ira, un jour. Ça changera. En sortant de Poudlard, j’en perdrai de vu. La famille, ce n’est pas comme ça. La famille vous reprend, quoique vous fassiez, même si le temps passe. C’est un devoir, une obligation. Je ne veux pas être un poids. Je veux qu’ils m’aiment. Qu’ils m’aiment. Comme Caïn m’aimait.


« Mais je suis triste, parce que parfois… Je me sens un peu seul. Comme si il me manquait quelqu’un. »

Parce qu’il me manque quelqu’un. Quelqu’un pour qui j’aurais la force de vivre. Quelqu’un pour qui j’aurais la force de mentir, bafouer, déchirer. Quelqu’un pour qui cette violence que j’ai en moi ne serait pas un obstacle. Quelqu’un qui n’ai pas peur de moi quand je me mets en colère. Quelqu’un qui ne se fatigue pas de moi quand je pleure. Quelqu’un qui n’a pas peur quand il voit mes mains pleines de brûlures qui ne cicatrisent pas à force de les laver tout le temps. Quelqu’un qui sans condition me prendra dans ses bras et me regardera avec bienveillance, qui couvrira mes arrières, et qui me fera rire. Quelqu’un qui me laissera faire de même pour lui. Qui me donnera la force de le faire. Quelqu’un pour qui je serai plus fort.

Un frère de cœur, ou une âme-sœur.


« J’avais un frère aussi tu sais ? Avant que tu ne naisses… Non, tu étais déjà née, toi. »

J’aimerais sourire, mais je n’y arrive pas. J’espère qu’il fait assez sombre. Mes yeux picotent. Je vais pleurer. Un éclair éclaire le visage de la petite blonde. Et le tonnerre fait trembler les murs. Ça me rassurerait presque.
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MessageSujet: Re: You're Beautiful, It's true. [Atalyah]   Lun 29 Juin - 2:48

Et je pars. Cela aurait pu s'arrêter là, se résumer à une pathétique entrevue entre toi et moi. La stupide et idiote promise et le professeur de Runes. Ca aurait pu s'arrêter là, jusqu'au prochain épisode, la prochaine page dégueulassée par l'encre. Mais il a fallut que tu attrapes ma main. Que tu me retiennes. Cette main que tu soulèves et me fait l'un de ces baises main ridicule. Je te fixe et t'observe. Je te regarde faire. Ce gant blanc qui s'accroche à mes doigts, ces lèvres qui se posent contre ton pouce. Je te laisse faire. Je ne suis que poupée de chiffon. Mon bras retombe le long de mon corps lorsque tu me relâches. Et tu parles. Tu m'achèves. Un léger rire nerveux passe mes lèvres et je tourne définitivement les talons. Je m'en vais, je te tourne le dos et essuie mes pommettes qui lentement s'humidifie. Je risquerais de te manquer… Pourquoi tu gardes pas ce genre d'ironie au fond de ta gorge ?

Tu n'es pas puni. Mais tu es ici avec moi. Je sais que je suis une enfant. Les adultes disent toujours qu'on peut pas comprendre. Parce que ce sont les histoires d'adultes. Et toi, t'es avec moi. Ce n'est pas normal. Mais tu n'es pas puni. Mais tu n'as pas envie non plus d'être ici. Sinon, tu ne serais pas si triste. Mais lorsque tu me dis que tu es toujours triste, je crois que je fronce les sourcils. Je trouve ca moche. Moi, je ne suis pas triste quand Pinchas est là. Comment peut-on toujours être triste ? Comment on peut continuer sans sourire ? Moi, je ne bougerais plus. Parce que c'est nul d'être triste.

Tu t'assois, tu es soudainement à mon hauteur et j'hésite avant de m'avancer. A peine. Mais mon visage ne se détend pas en t'écouter. Tu as choisi d'être avec moi. C'est bien stupide, tu t'ennuies avec moi. Mais je ne comprends pas beaucoup la suite. Je crois que tu parles comme un adulte. Et moi je suis pas un adulte. C'est compliqué. Mais lorsque tu enchaînes je regard mes pieds et souffle : « Mais y a la famille, aujourd'hui. Mais t'es quand même triste. » J'insiste. Parce que je suis sûre d'avoir raison. Mais lorsque tu continues, je me tais encore. J'ai une petite moue, mes lèvres se pinçant un peu et mes sourcils se haussent. Mais lorsque tu dis que tu avais un frère je ne bouge plus. Moi j'étais née. Je sais que je suis petite enfin ! Mais je ne réponds rien. Je n'ai rien à dire. Mais le tonnerre se mets à gronder et tes yeux brillent. Tu devrais aller sous la pluie on ne verrai pas que tu pleures.

Mais bientôt la porte du couleur s'ouvre lourdement. Une silhouette se détache et l'on nous annonce que le brunch va débuter. Je n'aime pas ca. Mais au moins je pourrais jouer avec mes cousins et mes cousines. Mais pas toi. Toi, t'es trop grand.
 


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You're Beautiful, It's true. [Atalyah]

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