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 Derrière nos masques. [Dylan]

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professeur de Rune ⁂

points à ma maison et j'ai rendu : 719 devoirs depuis ma répartition, le : 20/06/2015


MessageSujet: Derrière nos masques. [Dylan]   Jeu 25 Juin - 3:09

Je me souviens encore, de ton visage dur et foncièrement agressif. De tes larmes, la clope au bec. De ta haine, solitaire et silencieuse, pour le monde entier. Dylan l’insensible. Dylan sans-cœur. Encore des gamins qui parlent sans comprendre. Sans voir. Sans savoir. Sans même chercher.

Le décès de Mrs. Rothschild n’avait pas détruit la joie de vivre que d’une fille. Elle avait bien emporté les deux dans son sillage.

Dylan pleurant en silence, en cachette. Comme je le fais encore toute les nuits pour un gamin qui m’a quitté il a 20 ans. Elle a le cœur brisé autant qu’une autre. Peut-être même plus. Mais ça ne concerne personne. Ça ne concerne tellement personne quelle mange ses larmes avec hargne, une clope au bec, la nuit après le couvre-feu. Avec des yeux qui me crient pour vous tous : Je vous emmerde.

Ce jour-là j’envoyais du courrier pour le Ministère. Pour mes parents. Pour me demander si j’allais bien. Je leur ai menti par omission, comme toujours. Non, je ne vais pas bien. Non, il me manque. Non, je ne fais toujours pas mes nuits. Sauf celle où je bois, bois tellement que mes souvenirs dérapent. Tous mes souvenirs. J’ai juste écris que les affaires s’enchainaient bien pour le ministère de la Justice Magique. J’ai juste dis que je n’aurais pas le temps de regarder le dossier de Père avant la semaine prochaine si il ne me l’envoyait pas. J’ai dit que je leur rendrai visite la semaine suivante. J’ai dit des tas de choses pour rester digne, digne d’eux, digne de cette vie.

Alors quand mon hibou s’est envolé et que je suis sorti sur le balcon pour le regarder s’évader dans la nuit, quand j’ai posé sur toi des yeux neutres et las à la fois, je n’ai pas eu envie de te ramener à tes préfets en leur disant ‘moins dix points pour Gryffondor’. Je n’ai pas eu envie qu’ils lui posent des questions. Je n’ai pas eu envie qu’elle s’embarrasse devant eux, ni que le lendemain tout le monde la regarde avec un air intrigué sur fondement de fausses rumeurs.

Je me suis juste approché d’elle en retirant mon gant, j’ai pris sa clope entre mes doigts et je l’ai porté à mes lèvres. J’ai trouvé le goût infâme. Une vraie clope industrielle. Un vraie clope moldue. Pas un cigare magique, ni même un cigare tout court. Je détestais déjà fumer quand mon père m’a initié à 13 ans au cigare, devant tous les oncles. À présent je suis certain que ce n’est pas juste la Havana que je déteste.


« Si c’est pour fumer un tabac pareil, tu ferais mieux d’arrêter. »

Je me suis installé à côté d’elle, et j’ai fini sa clope, en regardant les étoiles. J’ai eu le vertige. Alors j’ai relié les constellations, pour faire des murs dans l’espace, et le vertige s’est envolé.

On a rien dit. Elle a continué de pleurer en silence, et je me suis promis de dire que si on trouvait des mégots de cigarettes dans la volière, ils sont à moi.







« Dylan, c’est quoi cette faute. T’es en première année ou quoi ? Dylan file-moi cette clope. Je t’ai déjà dit d’arrêter ces merdes. »

Le soleil décline. Un vendredi soir du fin juin. Le festin du soir est terminé depuis un moment. Le vent souffle un peu fort. Il fera frais cette nuit. Abel est assis à même le carrelage du balcon, le bout de ses gants entre les dents, et le devoir de Runes de Dylan écrasé contre son genou. Malgré son visage éternellement inexpressif, il avait clairement moins l’air d’un cadavre ambulant en se battant contre le vent. Il coince le parchemin avec le poignet qui tient sa plume, et tend le bras pour récupérer la clope à peine entamée et se la mettre dans la bouche. Il lui fait signe d’approcher pour lui expliquer un ou deux détails. D’ici le lundi matin, elle aurait largement le temps de revoir sa copie, mais au moins elle aura peut-être compris. Il relit la dernière ligne et lui met un petit coup sur la tête en lui rendant le parchemin, sans la regarder, occupé à vérifier que la cigarette ne s’éteigne pas.

La Nicotine fait de plus en plus effet. Il commence à se demander s’il va devoir s’acheter des paquets. Un instant, son regard dérive vers l’horizon vallonné. Le vertige ne s’installe pas. Il détourne les yeux. Soufle la fumée qui s’envole très vite vers le soleil.


« Tu rentres chez ton père cet été ? »
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MessageSujet: Re: Derrière nos masques. [Dylan]   Jeu 25 Juin - 19:48

« Dylan, c’est quoi cette faute. T’es en première année ou quoi ? Dylan file-moi cette clope. Je t’ai déjà dit d’arrêter ces merdes. » Sachant que les premières années ne pouvaient même pas étudier la matière l’insulte était grave, mais ce fut d’un vague amusement que brillèrent les yeux de la jeune fille. La situation était cocasse et Dylan était bien heureuse qu’il n’y ait eu personne pour les voir. Pourtant il aurait bien plus à perdre qu’elle si leur manège en venait à être découvert, parce qu’il était l’enseignant, mais aussi parce qu’il était le sang-pur. Elle, elle n’était que l’élève, préfète certes, qui n’avait d'ailleurs jamais moins mérité son insigne que ces derniers mois, elle n’était que la fille de cracmol qui n’avait rien à perdre et surtout pas en réputation. Le crépuscule se faisait désirer, mais elle ne se plaignait pas, laissant les derniers rayons du soleil soit disant estival heurter sa peau d’albâtre. Fin juin et les cours n’étaient pas terminés bien que les esprits de tout un chacun fussent déjà aux vacances. Celui de Dylan n’y faisait d’ailleurs pas exception quoiqu’elle les attendît avec beaucoup moins d’impatience qu’une majorité de ses camarades. Oh oui elle voulait être libre, ne plus avoir à se soucier de rien pendant quelques mois, mais non, elle n’avait pas envie de retourner dans la maison qu’elle n’avait pas revue depuis les vacances de Noël. Elle n’avait pas envie d’avoir à s’habituer au vide. Elle savait qu’elle ne s’y ferait sûrement jamais. Ses cheveux claquaient dans le vent, seule réponse offerte au professeur assit de façon peu élégante sur le sol de pierre, le devoir de rune de l’adolescente calé sur son genou. Dylan ignorait absolument si rien de tout cela était légal. Et à vrai dire elle s’en moquait pas mal. Ca n’était pas conventionnel au moins ça avait le mérite d'être certain. Mais rien n’avait jamais été tellement conventionnel entre eux. Si elle n’avait pas été aux prises avec ses démons intérieurs la première fois que l’enseignant avait partagé sa cigarette avec elle, ses yeux en seraient sûrement sortis de leurs orbites tant la chose avait semblé improbable.

Les pas elle les avait entendu venir et pourtant les yeux rivés vers l’horizon, elle n’avait pas bougé d’un poil, les joues humides les yeux brûlants, la cigarette accrochée à ses doigts fins, défiant quiconque d’oser la déranger. Elle n’avait pas fait le moindre effort et lui, Abel, il avait tout fait. Ou il n’avait rien fait, c’était surtout ça. Pas un mot de cette soirée n’était jamais arrivé jusqu’aux oreilles d’un autre membre du corps enseignant et loin de s’être créé des ennuis Dylan s’était semblait-il fait un… ami ? Un compagnon d’infortune peut-être plutôt. « Si t’aimes pas fumer ces merdes t’as qu’à me donner de l’argent pour que je m’en procure des meilleures après tout ça n’est que justice tu me piques la moitié de mon paquet. » un demi sourire, mince, mais sincèrement amusé étira ses douces lèvres. C’était étrange. Depuis décembre elle ne s’ouvrait plus. Impossible pour elle de se faire de nouveaux amis et elle en avait perdu également beaucoup. Elle n’arrivait à échapper au mutisme et à l’isolement qu’avec ses proches ou ses ennemis qui lui procuraient une nouvelle source de divertissement, mais Abel n’avait jamais fait partie d’aucune de ces catégories. Il était professeur avant tout, un Malefoy également, la distance aurait du être de mise. Trop tard pour ça désormais.

Pourquoi le nid d’oiseaux pourquoi pas un lieu plus secret, ou qui aurait plus de sens pour leur tête-à-tête ? Quelque part la volière était l’endroit qui en avait le plus pourtant. Tout d’abord ils s’y étaient rencontrés, ou plutôt c’était là qu’ils se avaient appris à se connaître autrefois simple professeur et élève. Dylan avait toujours aimé les hauteurs, elle avait toujours aimé ce qui lui faisait bourdonner le ventre et la faisait frissonner d'excitation, les hauteurs vertigineuses des diverses tours de Poudlard n’en étaient qu’un exemple. Mais en plus de cette signification personnelle, la volière était un lieu de connexion. Elle symbolisait le contact avec les êtres chers, pour la plupart de ses utilisateurs. Pour Abel et Dylan c’était différent. Les personnes à qui ils auraient aimé parler n’étaient pas joignables par simple hibou. Pourtant la volière les connectait tous de même, entre eux et quelque part aussi avec leurs disparus. « Tu rentres chez ton père cet été ? » Elle détourna son regard de l’horizon, mais ne posa pas ses iris bleus sur Abel. Ses doigts bagués reçurent plutôt cet honneur tandis qu’elle jouait machinalement avec ses bijoux remettant de l’ordre dans l’arrangement tout autant que dans ses pensées. « J’ai pas vraiment le choix. » Elle aimait son père, elle l’adorait même. Si elle ne parlait pas de sa condition de cracmol à tout va ça ne voulait certainement pas dire qu’elle avait honte de lui. Mais elle ne voyait pas l’intérêt de froisser les autres pour rien. Si on ne lui posait pas la question de sa nature elle ne voyait pas pourquoi elle en parlerait. Du moins ça c’était sa vision des choses avant. Désormais elle croyait parfois pouvoir combler le vide en cherchant des noises aux autres – drôle d’idée - et son discours en faveur du politiquement correct ne tenait plus tellement la route. Elle n'en parlait toutefois pas plus. Son amour pour son père n’avait en rien été affecté par la mort de sa mère. Mais son attitude à cet égard avait été bouleversée. D’un côté l’on aurait pu dire qu’elle revoyait les choses en perspective, se montrait presque constamment effrayée de perdre le reste de sa famille. D’un autre côté, rentrer chez son père, comme l’avait si justement dit Abel, ça n’était plus rentrer chez ses parents. Ca n’était même plus rentrer à la maison, le concept n’étant jamais tant lié au lieu qu’aux personnes s’y trouvant et nécessairement à celles ne s’y trouvant plus. « J’aimerais bien trouver un stage…faire quelque chose… » Tout pouur ne pas rester là-bas, aurait pu elle ajouter. Elle avait seize ans et n’avait toujours aucune idée de ce qu’elle voulait faire de sa vie. Après ses brillantes B.U.S.E.S elle avait décidé de conserver presque toutes ses matières juste pour se laisser le choix. Mais presque un an s’était depuis écoulé et toujours aucune prise de décision n’était en vue. L’idée du stage avait beau ne pas être motivée par ces nobles raisons, elle saurait être utile malgré tout. « Et toi tu vas faire quoi pendant les vacances ? Retour au bercail ? Au…Magenmagot c'est ça ? » Elle en savait si peu sur lui au fond. Et pourtant elle avait l’impression de connaître l’important, le principal. Savoir sa douleur même sans en comprendre entièrement la cause, semblait suffisant pour qu’elle lui offre cette étrange confiance scellée par ce partage de cigarette. Ne perdant d’ailleurs jamais le Nord elle tendit la main pour récupérer son dû. « Es-tu de ces gens qui détestent les vacances Abel ? J’ai l’impression que t'es d'ce genre. » fit-elle distraite, sincère.
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MessageSujet: https://www.youtube.com/watch?v=DfrSd8toss8   Sam 27 Juin - 4:27

« C’est ça. »

Le jeune enseignant a les yeux planté dans le devoir, comme pour donner moins d’importance à son absence du domicile familiale, ou même aux côtés de ses cousins. Un été au Magemagnot. Dans un bureau. Des journées. Efficaces. Il n’aurait pas le temps de faire les allers et retours de Londres au Wiltshire en moto volante. Il ne pouvait pas transplaner. Pas sans baguette qui ne risque pas de lui faire défaut en plein milieu. Alors il passerait ses nuits à Londres. Des nuits. Affreuses. Sans occupations. Sans cadres. Sans sommeil. Sortir à tout prix, quitte à avoir le parfum des femmes qui suinte à travers le costume le lendemain. Tout, sauf la solitude. Tout sauf un vide pour penser.

Elle parie sur son attitude en vacances. Gagne. Abel a le regard qui part dans le vague. Pensif. Perdu.


« … J’en suis. »

Il rend la cigarette presque finie. Replie le parchemin, et remet ses gants blancs. Les brûlures apparentes vont un dernier tour de piste avant d’être de nouveau cachées. Soleil nargue, accouche de lumière couché sur l’horizon. D’une Lumière qui brûle. Abel les fixes. La lumières qui explose, le soleil orangé ou rose, il ne saurait même plus dire, de la rétine qui n’a plu la force de pleurer. Un instant, à le regarder, on pourrait presque croire qu’il fait ça dans le but de devenir aveugle. Voir la lumière une fois pour rester toute sa vie dans le noir. La vie. L’accouchement. La mort. La boucle est bouclée. C’est peut-être l’éclairage, mais on dirait qu’il sourit amèrement.

Il se lève, épouse ses vêtements, et la poussière s’envole, avalé par la lumière.


« C’est une bonne idée. Le stage. Si tu veux essayer pour le Magemagnot, passe par le Professeur Rems. De manière générale, parle à tes professeurs, ils sauront de diriger. »

Il se redresse. Face au soleil. Le vent dans le dos. Ses yeux continuent de défier le soleil avant de regarder par-dessus le vide du balcon sans barrière. Tomber. Ce serait facile. Et surtout si beau. Son masque kabuki de visage de poupée masculine est à la fois sombre et serein. Ce n’est peut-être, encore une fois, qu’un effet de lumière.

« Toutes les bibliothèques ont besoins de saisonniers pour classer des vieux ouvrages et les nouveaux arrivages. Si les Runes ne t’ennuient pas à lire, tu peux te proposer. »

Fascination silencieuse. Le vent souffle. Les cheveux et la cape indiquent la direction. Et c’est affreux comme parfois, l’Univers vous fait des signes. Il suffirait d’un geste. D’un pas. Un pas en avant, comme il avait toujours fait. Quitte à ce que ce pas soit une fuite. Il… Je…

« Tu devrais pouvoir trouver où te loger… Enfin ça m’étonnerait que ton solde te paie une chambre… »

L’appartement. Mon appartement… Libre. Non. Impossible. Interdit. Risqué. Il ne vaut mieux pas. Je passe rapidement en revue mon quartier de Londres. Le vent souffle toujours, mais je fais un pas en arrière. Un rien. Pas encore. Pas encore.

« Si c’est sur Londres, je peux parler à ma concierge. Mon immeuble est rarement plein. »

Un pas. Envie de sauter. De sentir le vent. De foncer… De voler… Entendre le moteur qui rugit. Freine. Ce n’est pas grave. C’est pour bientôt.

« Je rentre à Londres ce soir. »

Voir des putes, peut-être. Boire beaucoup trop. Et avec un brin de chance, danser. Danser jusqu’à avoir l’impression d’avoir fait dix fois l’amour. Danser jusqu’à suer toutes mes angoisses et les déposer sur le parquet battu par les talons en rythmes. Suer toutes les larmes que je ne verse jamais. Et tuer ce que je suis, ce que je suis pour tous les autres, sauf peut-être pour toi. Je redresse la tête, soudain mieux réveillé. Soudain maître de moi-même, du rôle que je dois tenir, même pour toi.

Je te regarde, sans doute sans rien exprimer d’autre que ce que voudra bien inscrire le soleil sur mon visage. Une véritable bienveillance m’anime. Faire quelque chose pour toi. Pour que tu avances. Toi qui malgré les griffes de la mort, es libre de vivre. Je me demande où j’ai foutu ma moto. Je me souviens que je l’ai garée à Pré-au-Lard, dans le garage d’un magasinier. Couverte d’une bâche qui n’a que peu le temps de prendre la poussière. Parfois j’aimerais. Je n’aime pas qu’on raye ma bécane.


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Derrière nos masques. [Dylan]

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