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 Puisqu'on est que des pions. [Atalyah, soir de bal]

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MessageSujet: Puisqu'on est que des pions. [Atalyah, soir de bal]   Lun 29 Juin - 12:52

    Je te fixe. Dans la lumière nocturne, le monde s'arrête de tourner. Tout est stable. Plus stable que les statues divines et millénaires, plus que les tours toutes neuves du Japon secoué par les séismes. Le monde arrête de vouloir me faire dégobiller mes tripes. Il se calme quand je m'approche. Devient tangible et réel. Cesse de se distordre en amas informe. Près de toi l'univers se fixe, comme une composition de peinture antique. Toi, debout sur les marches, comme prête à t’enfuir, encadrée mais déjà plus prisonnière des piliers de pierre.

    Je me demande si c'est moi qui décide ces choses, ou si je ne fais que me convaincre. Je me demande si c'est toi qui le fait. Je me demande si nos parents l'ont prévu. Ils savent mieux après tout.

    Ils ne savent rien. Ni de toi ni de moi. Ils ont choisi selon l'apparence. Et ce qui brûle en dessous, ils ne savent même pas. Comment pourraient-ils savoir.

    Même toi tu crois que je suis fait de pierre et de glace. Alors que je suis un volcan, un volcan sous la mer. Mes éruptions sont coulants, noyées et refroidies, changées en pierre avant que tu ne l'ai vu.

    Je suis un volcan sous la mer, et je regarde ton dos. Je ne trouve pas de métaphore. Tu es belle, tout simplement.

    J'ai passé la soirée à courir, et entre temps, je t'ai regardée. Je n'ai pas oser m'avancer pour briser ton sourire. Et même maintenant j'hésite à gâcher tes moments. Ton allégresse m'a rendu triste, parce qu'elle est tout ce que je ne te donnerai pas. Je n'ai pas la force. Pas la confiance. Pas le courage d'aller chercher ton monde pour le mettre en cage avec toi. Alors je prépare la cage en or, et je laisse la porte ouverte. Enfuis-toi, Lyah. Je sais que tu n'attends que ça. Je n'attends que ça de toi, tant j'ai peur de perdre à nouveau ma famille, ma moitié, mon pilier. Et comme ça on pourra juste leur dire "on vous l'avait dit".

    Je te vois avec tes cheveux blonds et ta petite robe ridicule de petite fille. Je te vois en face de moi, la nuque découverte par de trop courts cheveux noirs collés par la sueurs en spirale contre ta peau. Tu n'es plus une enfant. Tu es devenue belle, quoiqu'ils en disent. Enfuis-toi avant que je ne morde dedans.

    Avant que tu ne me mordes aussi.

    Je me pose à tes côtés. Comme les oiseaux se posent en ligne sur les rebords des toits. Je prends ta main tout doucement et l'amène à moi pour le baiser, sans jamais te toucher de mes lèvres. Je vais pour relâcher tes doigts. Je n'y arrive pas.

    Mon regard se fixe à tes yeux. Tu sais ce qu'on dit, petite Lyah. Tu sais ce qu'on se dit, jolie Lyah. On peut choisir le moment où l'on tombe amoureux, mais pas celui où l'on s'arrête d'aimer. Je rechigne, te traite d'enfant. Mets des barrières entre nous. Parce que je commence à comprendre qu'avec toi, tout va sauter. Mes engagements, mes valeurs, mes idées, mes fondations. Si je t'accepte dans ma vie, elle prendra le virage à 180 degrés, tôt ou tard. Si je ne le fais pas, nous avancerons à autant de kilomètres heures l'un vers l'autre et nous percuteront de plein fouets, et nous passeront notre existence à ramasser les morceaux. Je ne sais pas si c'est toi que je veux choisir. Parce que te choisir c'est me battre sur les deux fronts que je j'ai toujours évité de cumuler ; mon envie de leur dire merde, et les croire quand ils assurent qu'un jour, comme ça, je serais heureux qu'ils aient fait des choix pour moi.

    La nuit nous happe, couvre nos regard du voile de l’incertitude. Ironie du sort. Tu es un choix logique. Tu es tout ce que je fuis. Mon vice, ma liberté, et leurs ordres. Ma fiancée rebelle qui fera des efforts. Ma promise à qui il manque une bague.

    Le jour où je voudrais t'offrir une bague, il sera trop tard Lyah. Je serai déjà tombé amoureux.


    « Je pensais que tu détestais cet accoutrement. »

    Mes doigts s'écartent. T'es doigts sont libres. Ma main te regrette. Mes yeux te fuient. Si je te fixe, je suis perdu, entre deux mondes, entre deux issues.

    « Est-ce un moyen de séduire ? Changer de forme pour devenir méconnaissable à chaque fois. »

    Tu es sublime. Tu rends la Lune jalouse. Ma main se serre sur elle-même. Je te désire. Je me sens sale. Je me sens bête, bête idiote et humaine, amas de chair en manque de chair. Je ne veux pas te réduire à ça. Je refuse. Quelle est l'excuse déjà ? Tu es une enfant. Tu n'es plus une enfant. Tu es déjà tellement belle, que Debussy fait courir son Clair de Lune sur ta peau. J’ai peur d’une vie avec toi, mais te prendre, ici et maintenant, me rendrait, le temps d’une seconde, la joie et l’ivresse que j’ai perdu.

    La nuit nous passe sur le visage. Tu es heureuse, peut-être, toi, d’être prisonnière du château du Vieil Homme. C’est une cage où ‘les vieux cons’ n’auront pas de prises sur toi. Mais si tu veux sortir, loin des vieilles pierres bienveillantes de Poudlard, loin des vieux cons au sang bouillonnant de haine et d’ambition, je te prendrai avec moi. Je veux fuir ce soir. M’endormir ce soir. Et je sens que je le ferais bien avec toi sur ma moto.

    Mais je t’ennuierais, pas vrai ? Moi et mes manières démodées. Nous n’aurions rien à dire, et rien à faire sinon un amour que nous ne voulons pas, ni toi ni moi. Ou à demi. Parce qu’il le faut.

    Le faut-il ?


    Puisqu’on est jeunes et cons, puisqu’ils sont vieux et fous…
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MessageSujet: Re: Puisqu'on est que des pions. [Atalyah, soir de bal]   Mar 28 Juil - 13:29

La musique continue à gronder dans la pièce d'à côté. Mais j'étouffe de chaud, la dentelle me collant à la peau. Mon regard est rieur, imbibé d'une joie chimérique. Mon sang est brûlant, pétillant de ces cellules d'éthanol. Et pourtant, ce n'est qu'une apparence, un sourire, une superficialité à laquelle je veux croire… Parce qu'il y a cet autre en moi, parfaitement lucide, si amusé et avide. Il rayonne, presque libre en moi, mon aura transpire de lui : je suis la femme animale si sensuelle et bien trop assurée, je suis celle qui sourire et dégage une essence bien trop parfaite, cette sensation étrange que d'être maître d'un tout et d'un rien qui ne vous appartient guère. Ces gestes d'une délicatesse tranchante, cette manière de bouger bien trop féminine. J'en ris encore, j'y pense encore, alors que je sors de la grande salle. J'ai chaud, je meurs de chaud, j'en glisse mes doigts sur ma nuque alors que je grimpe les marches de l'escalier du Hall. L'envie de rejoindre peut-être les fenêtres ou un balcon, pour m'y percher seule et au calme, pour observe mon amante la Lune.

Mais il y a ce contact chaud contre mes doigts, ce baiser sur ma peau qui attire mon attention. Je m'arrête et tourne la tête vers toi, un sourire se glissant sur mes lèvres, l'œil pétillant de plaisir certainement en te voyant faire. Je souffle ton prénom, dans un gloussement mort avant même que je ne l'échappe, à la manière d'une amante qui éprouve le plaisir de cette attention. A l'image de la femme que tu aurais possédé toute la veille, où ta sueur aurait glissé contre la mienne. Et pourtant, il n'en est rien. Mais je me tais, mon sourire se calmant lorsque tes yeux se plantent dans les miens. J'inspire un peu, sentant mon cœur se gonfler d'une manière étrange. Mais j'hausse un sourcil en t'entendant et souffle : « Cela dépend des jours… » Et personne ne m'a forcé. Ou du moins, pas de la même manière que peut le faire mes parents. C'est une obligation de code social, certainement. Mais j'aurais très bien pu ne pas venir. Je voulais surprendre Ella certainement. Ou toi. Les deux. Je ne sais pas. Je n'ai préféré ne pas trop y penser. Tu relâches mes doigts et mon regard glisse sur ta tenue un instant avant de rire un peu, d'un de ces rires silencieux en t'entendant. « Je n'en sais rien… A toi de me le dire. » Un petit sourire taquin se glisse sur mes lèvres.

Je ne sais pas réellement ce que tu me voulais à venir m'accrocher ainsi dans ma course. Mais je recule un peu, posant mes reins contre la rambarde de pierre. J'en sens le contact frais transpercer l'étoffe si fine de ma robe. Et pourtant je serais incapable de savoir ce que tu préfères. J'ai déjà surpris tes regards sur moi, ou d'autres. Des femmes. Des hommes. Surtout des hommes. Cela m'intrigue, mais peut-être que nous nous complèterons sur ça. Peut-être que je pourrais être ton alliée. Peut-être que nous pourrions être la couverture de l'autre, et pourtant je n'ose pas te le demander. Bien trop peureuse d'avoir compris ce qui m'arrangeait. Et pourtant je ne porte toujours pas ta bague, tu n'as jamais tenté quoi que ce soit à l'encontre de mon corps. Bien trop obsédé par les règles que personne ne respecte, ou seulement en apparence. Tu me fais presque rire tout compte fais.
Mais pourtant je tends la main pour attraper ton poignet et t'attire un peu vers moi. Je me redresse, mon corps effleurant le tien, mon regard planté dans le tien. « Et toi ? … Qu'est-ce qui fait fondre la glace… ? »  Je ne parle pas nécessairement de moi, mais de tes goûts, tes préférences en général. Ma poitrine effleure ton torse, alors que mes lèvres effleurent l'arrête de ta mâchoire. Je viens à respirer tes lèvres, mes yeux de louve observant quelques secondes les tiennes avant que ma langue vienne effleurer tes lippes, venant t'embrasser lentement. Si tu savais comme mon dos est abîmé par les griffures d'une louve sauve et si belle qui m'accompagnait ce soir…
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MessageSujet: https://www.youtube.com/watch?v=kZFFdcJACg0   Mar 28 Juil - 16:09


Tes yeux. Ta chaleur par éthanol interposé. Tu pue l’alcool. Je devrais dire quelque chose. Je n’en ai pas envie. Il m’en faut beaucoup pour être soûl, alors ça m’arrange, en un sens. Qu’il y ait une chance pour que ce ne soit qu’un rêve.

Ta voix et tes yeux. Ta chaleur qui frôle la mienne. Tes vêtements et les miens qui oublient qu’ils sont barrages. Ça me fait mal. Trop mal. Je déconne. Je débloque. Tu es si douce, et si violente à la fois. Nous aurions pu nous aimer tellement plus simplement. Mais tu ne m’aimeras pas. Et plus je me sentirai attiré par toi, plus j’aurais peur que tu me déteste. Fais-tu ça juste pour me prouver que je ne suis qu’une ordure ? Fais-tu ça juste pour me mettre hors de moi ? Pardon Lyah. Ce soir ça ne marche pas. Ce soir, je me demande si tu es lucide, mais je ne dis rien, parce que je m’en fous. Et si demain tu oublies, tant mieux.

Tes yeux. Ta chaleur. Tes lèvres.

Ça marche sur moi. Tu le sais. Tu le fais. Mon être se brise en deux. Le Abel qui se refuse à te toucher dans ces conditions. Qui refuse de t’accepter quand tu sens plus l’euphorie liquide et la moquerie que le future mère. Et celui qui t’aime pour ça. Pour ce que tu es. Pour ce pouvoir que tu as de ne jamais te cacher de ce que tu veux. Pour te laisser saisir, et peut-être même partir. Abel Malefoy, la vertueuse ombre, se tend jusque la dernière vertèbre lorsque tu capture ses lèvres. Abel le Sombre joueur de Roulette Russe glisse ses doigts sur ton cou, sur ta nuque, se perd dans tes cheveux en batailles. Serre ton crâne et guide, dans une inclinaison peut-être trop possessive. Pour avoir ta bouche entière, et plonger dans ton odeur, celle après l’alcool, celle après le parfum que je me force à ne pas reconnaître. Celle que j’hume en secret dès que tu t’approches d’un peu trop près. Il pose une main sur la rambarde de pierre. Et il t’embrasse, avec l’envie de te posséder toute entière. Pas par amour. Mais par désir. Pas pour te montrer que je t’aime, mais pour te dire que je te veux. Abel le Droit abandonne, les muscles se détendent. Demain, plus personne n’en parlera. On en parlera quand je t’aurais passé la bague au doigt. On en parlera quand je pourrais te secouer de plaisir sans un remord. Quand il n’y aura de honte à montrer ni douceur, ni violence. Le jour où te sera obligée de me dire oui.

Et je réalise que c’est justement parce que tu n’es pas encore obligée de me dire oui que le frisson me parcours. Je t’admire, te respecte, t’envie, te jalouse. Tu m’intrigues, me mets en rage. Me passionne, tout en secret. J’ai encore pour toi la douce affection d’un garçon petite fille joyeuse. Mais je n’ai pas d’amour. Pas l’Amour. Je connais l’Amour par cœur. Parce qu’il m’a déjà taillé en pièce. Je connais l’Amour par cœur, sauf celui qui donne le Bonheur.

Et pour toi il n’y a pas d’Amour. Mais j’essaierai. De te donner plus que de l’Amour. Plus que du Désir. Je te promets d’essayer Atalyah. Mais pas ce soir. Ce soir, j’ai passé la pire journée de ma vie. Et ce soir ça me fais du bien de savoir qu’on peut prendre un peu d’avance sur le programme.

J’ai besoin de plus que le Désir. Plus que tes moqueries. Plus que la Passion qui déchire et met en miette. J’ai besoin d’être chez moi. Et dans pas si longtemps, ce sera toi, Chez Moi.

Je cherche derrière et sur tes lèvres tes frissons et tes plaisirs. Les lueurs qui t’anesthésieront le jour où nous danseront dans la chambre Nuptiale. Comme un exercice appliqué. Comme un stupide défi de performance. J’ai cru à un moment de ma vie, que c’était ça aussi. Une Performance. Être un meilleur amant. J’ai compris que c’était faux. Mais je n’ai toujours pas oublié. Comment faire sentir à une femme qu’elle est femme.

Je resserre mon corps contre le tiens, inspire pour contenir cette chose qui monte. Je veux te rendre, te rendre un dixième de ce que ta vue me faire subir chaque jour. Je veux que tu réalises à quel point c’est frustrant. À quel point c’est terrifiant, le frisson, la distance entre nous. Je veux que tu brûles un peu pour moi aussi. Un peu avant l’heure. Sans m’aimer. Sans être celle que j’attends. Je veux que tes yeux brillent et que ton corps se désagrège. Je veux que tu sache ce que c’est de savoir que c’est possible, mais que ça n’arrivera pas.

Comme un mur entre nous.

Je relâche tes lèvres sans oublier de laisser mes dents grappiller ce qui restent. Mon front se colle au tiens. Je soupire. Te regarde. Je crois que je souris. Faiblement. Épuise par le passé que tu ne connais pas. Par avance par tout ce qui arrive. Mais je crois que je m’en fous. Je crois que je suis heureux que tu aies bu, un peu. Je n’aurais peut-être pas eu le courage, sans ça. Ma voix est brisée par l'heure de la nuit. Tu es belle dans cette robe noire. Toi, encre noir, qui efface l'entêtante image de l'Angle Blanc dont tu portes l'Odeur.


« J’aime les gens qui me brûlent. »
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MessageSujet: Re: Puisqu'on est que des pions. [Atalyah, soir de bal]   Mar 28 Juil - 18:42

Je sens ton corps se tendre, te redresser lorsque je captures tes lèvres sans trop te laisser le choix. Moi qui pensait essuyer un refus peut-être ai-je suffisamment bien jouer pour sentir tes doigts chauds glisser contre ma nuque, remonter dans mes mèches sombres. Je sens un frisson me prendre, à peine dissimulé parcourir mon corps entier, assez fort pour que tu puisses te le ressentes toi aussi. Tu me serres un peu plus contre la pierre et je bouge un peu, passant un bras autour de ta nuque, mes doigts effleurant cette peau dissimulée par ton col. Je suis ton mouvement tandis que mes cuisses se serrent contre les tiennes, lorsque ma langue découvre la tienne, bien plus féroce et désireuse qu'espérée… Ou imaginée… Tu en détraques mon souffle lorsque nos lèvres se relâchent, lorsque mon regard croise le tien. Je ne m'attendais pas à une telle réponse. Et pourtant, je reste contre la chaleur de ton corps, ce corps masculin si répugnant que je devine contre le mien. Je ne peux m'empêcher de penser un instant à ton cousin, à Hades, le seul homme que je laisse véritablement me toucher ou me conquérir. Mais toi… C'est étrange. Je fronce un peu les sourcils lorsque je sens tes dents mordre mes lippes mais je te laisse t'appuyer contre moi. Muette et attentive à ce sourire si faible qui se glisse sur mes lèvres. Je ne peux m'empêcher de souffler tout bas : « Tu souris. » C'est tellement rare. Un bout d'humanité qui écorche ton armure glacé, un rayon de soleil dans les landes enneigées et désertiques.

Mais en entendant tes mots tu écorches mes lèvres dans un sourire amusé alors que je jette un regard derrière toi, vers la grande porte d'entrée de Poudlard, là d'où sors cette chaleur insupportable. Dehors il fait plus doux, mais pas nécessairement contre ton corps. Mais je ne peux m'empêcher de me dire que tu as de drôle de goût… A tourner autour d'une louve et à en désirer une autre. Ou bien trop sensible, trop sensitif, tu imagines ? Qu'est-ce que l'on pourrait bien faire de toi, de ton être et cette chaire trop tendre. Je souffle tout bas : « J'imagine que l'on te brûlerait bien plus à deux… » Un murmure au creux de ton oreille, alors que mes doigts remontent lentement contre ton cuir chevelu. Je viens mordre ton lobe avant de me redresser doucement. Je souffle tout bas, alors que lentement je laisse la musique que l'on entends gronder d'ici couler dans mes veines : « Tu imagines ? » Doucement mes épaules basculent d'en avant et en arrière, très légèrement, laissant mon bassin onduler lentement contre le tien. Mon regard est planté dans le tien alors que je souffle tout bas quelques paroles de la chanson qui passe. Comme si c'était tout à fait normal. Comme si je n'étais pas en train de te pousser encore à bout, découvrir tes limites dans un autre genre. Tu n'as aucune difficulté à bander pour elle j'en suis sûre. Et je ne sais même pas pourquoi cela me perturbe plus que ça… Mais je fini par me calmer me figer, incliner légèrement la tête sur le côté et souffler alors que j'effleure ta lèvre inférieure de mon pouce : « Qu'est-ce que tu attends au juste pour les fiançailles… ? » Je sais que le mariage doit attendre la fin de mes études qui approchent. Même si cela risque de faire fureur même si à présent tu es professeur ici… Comme cela serait drôle. Heureusement que je ne t'ai pas en cours, je n'aurais jamais réussie à ne pas répondre à tes éventuelles piques.

Mais je suis toujours là, à t'observer de mes yeux de louve, toujours mon corps moulé au tien, qui ressens la moindre de mes réactions, mouvements, ou respiration. J'en viens à penser à Ella qui ne tardera certainement pas à me chercher, savoir pourquoi je ne suis pas revenue ou venir me rejoindre. Je l'ignore. Peut-être que j'en aurai envie, qu'elle marque son territoire. Mais j'ignore lequel des deux elle préfèrera entre toi et moi. Et il se peut que je t'en veuille pour ça, de vouloir t'approprier celle qui me fait trembler, mon premier refuge après les bras de mon frère.

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MessageSujet: Re: Puisqu'on est que des pions. [Atalyah, soir de bal]   Mar 28 Juil - 19:57

Je me fige. Retiens un mouvement de recul. Mon sourire se perd. Je redescends sur Terre. Évidemment. Je me redresse et expire, les lèvres closes. « Tu imagines ? ». Évidemment, idiote. Et l’image m’a glacé le sang. Je ne sais pourquoi j’ai tout de suite compris de qui tu parlais. Ça me parait évident, stupidement évident. Qui d’autre qu’elle ? Ton acolyte. Mes erreurs à cœur ouvert. L’encre de ta présence se prend la mer sur la gueule, et tout redeviens clair comme du cristal. Je le savais. Je le savais, mais je pensais qu’au moins une fois, une fois tu me foutrais la paix. Mais j’ai rêvé, et j’ai perdu. La balle m’arrive en plein crâne, avec les images obscènes de vos corps enlacés, vos baisers, mes baisers... Vos odeurs et vos yeux déformés. Mon corps continu d’être, ma chair est encore chaude, mais au fond de mes yeux, tout est glacé, malgré les efforts que tu mets dans tes gestes. Malgré l’étreinte il y aura toujours un mur pour me prévenir de l’incendie. J’ai pris ma douche froide. Je reste droit et te relâche. Te laisse faire, mais j’ai perdu tout intérêt.

L’encre diluée s’ancre mal dans mon cœur. Et pour la peine je pense à elle, et comment elle fait pour me cheviller à ses côtés. Et je sais pourquoi je suis plus proche de déconner avec elle qu’avec toi.

Elle sait me captiver. Elle sait dire non pour dire oui. Elle sait dire oui pour dire non. Elle sait comment me donner envie de désobéir, et comment me laisser assez libre pour que j’ai envie d’obéir. Elle est là, derrière, sans doute. Il n’y a rien et pourtant il y a tout, comme un point d’équilibre entre la falaise et la chute. Nous précédons l’envol, nous arrêtons à la limite, et sur le point de sauter, un pas en arrière. Je crois qu’elle détestera ce pas en arrière. Je crois qu’elle détestera ce pas vers toi. Et je n’arrive pas à m’en foutre.

Tu m’intrigues, puis ferme les portes. Tu es une boîte à musique que je n’arrive pas à ouvrir. Elle est l’angoissant horizon, face à la mer, la falaise, le saut. Elle me fascine. Elle ne ferme pas les portes. Il n’y a pas de porte. J’ai le vertige avec elle. Avec toi, j’ai peur de ne pas aimer la mélodie. Celle qui fait toujours de moi un jouet. Je déteste le son que fait le loquet de ton cœur quand il se referme sur moi. Comme si la boîte s’ouvrait et se refermait sur mon cou, m’étouffant au passage.

Mon visage est de nouveau statue de marbre. Je ne te répondrais pas. Tu le sais. Tu me lis si bien. C’est si facile de m’avoir. Petite sotte. Adorable petite sotte. Tu me rends triste, tant tu es adorable et détestable. Ma Boîte à musique, ma Roulette Russe.

Je me ferme à l’idée de vos de corps nus contre le miens. Tout me révulse. Tout. De l’air de dehors au parfum de la pierre. Ton regard enjôleurs, et tes gestes qui me donnent envie de te faire mal, juste pour te prouver… Pour te prouver…

Je regarde la Lune. Tu continues ton numéro. Ce n’est pas du charme. C’est ton jeu. Ce n’est qu’un jeu, Roulette Russe. Alors pour éviter tes mitraillettes, je vais juste fermer la porte, encore. Jusqu’à ce que…


« Que tu cesses de croire que l’humiliation est un jeu. »

Je n’arrive plus à te regarder. Je n’ai pas envie de te haïr pour ça. Je n’ai pas envie que ça recommence. Je n’ai pas envie de te frapper, de te crier que tu n’es qu’une gamine. Tu n’es peut-être pas une gamine. Tu es peut-être juste quelqu’un qui ne me convient pas. Et ça, ce serait le pire.

Je veux croire qu’avec un peu de patience, tu me respecteras, un peu. Assez pour cesser de croire que c’est juste nos rôles. Que c’est ton droit de me faire danser entre tes mains, et mon devoir de te donner une réponse qui t’amuseras. Je sais que ça t’amuses. Que mon dégoût pour la vie t’amuse. Que ma froideur factice t’amuse. Que mon hypocrisie t’amuse. Que ton seul but est de me faire payer ces choix sous prétextes que l’idée ne venait pas de moi. Que tu me fais payer de ne pas te ressembler. De ne pas être à ta hauteur. De ne pas te montrer que je suis égoïste. Je le sais, en bon paranoïaque, comme je sais que ni toi ni elle ne m’aimerez. Que personne ne m’aimeras comme j’aime. Que j’aime dans le vent, que j’ai froid. Que je suis seul.

Tu chantonnes. Tu danses contre moi. Tu t’amuses. Ce n’est pas moi qui t’excites, pas vrai ? C’est le fait de savoir, de savoir que je ne peux rien refuser à personne. Que je sois un malade en manque de chair que tu peux mener du bout du nez, d’une pensée à une autre. Et que c’est drôle, en plus. Le fait de savoir que tu ne comprendras jamais rien à mes gestes, comme un jouet imprévisible quand on shoot dedans. Et ce que tu aimes shooter en plein dedans, avec trois mots salaces, et une idée bien fixe.

Celle de me mettre le ventre à terre.

Et ça ne me ferais pas si mal si seulement je n’avais pas envie d’être avec toi. De te comprendre. Mais tout ce que je comprends, c’est une mesquinerie crasse. Et ça me fatigue. Peut-être que j’attends qu’il y ait quelque chose d’autre derrière cette espièglerie blessante. Et peut-être qu’il n’y a rien d’autre. Je ne veux pas croire qu’il n’y ait rien d’autre.

Tout est glacé à l’intérieur. Je referme des grilles en fer de fonte. La serrure est lourde, mais je parviens à la tourner. Une fois. Deux fois. Trois fois. Je lâche la rambarde, prend tes hanches et t’éloigne de moi. Je n’y arriverai pas ce soir non plus. Tu es plus soule que je ne le pensais. Ou moins. Ou pas du tout. Je regrette d’avoir souris. Je regrette d’avoir ressenti. Je regrette de te l’avoir montré. Je regrette d’avoir négligé autant de me protéger.

Je suppose que je t’aime bien aussi pour ça. Pour l’énigme espérée que tu es. Et je suppose que tout cela n’était qu’une erreur, qui ne t’affecte même pas ; Tu dois en embrasser tous les jours, des mecs qui s’entrainent pour te plaire. Tu dois en amuser tous les jours, des mecs que ça fait rire. Mais ça ne m’a pas fait rire. Ça m’a fait peur. Peur de vouloir une vie où je n’aurais pas à choisir.


« J’espère que tu as très bien caché ces bouteilles d’alcool. Toi, et celle que j’ai plus de chance de me brûler avant toi. »

Je nous sépare et m’éloigne. Je me retourne. Je me fous de détruire votre amitié. Je me fous de détruire la confiance que vous avez l'une envers l'autre. C'est ma petite vengeance à moi. C'est mon grain de sable en trois mots. C'est ma réponses à tes rires. Un poignard dans le dos.

J’ai un moment d’hésitation. La foule me donne envie de vomir. J’ai eu tort. Tort de sortir et de venir te voir. Je meurs de chaud. Puis de froid. Je regarde mes mains. Elles n’avaient pas de gants. Je les ai oubliés. C’est peut-être pour ça que je me suis perdu. Je les regarde, et regarde à l’intérieur. Les cicatrices restent gravées sur ma rétine. Je tente de rester calme. J’espère que tu ne vas rien dire de plus. J’espère que les gens ne fixeront pas mes mains. J’espère que je n’aurais pas une autre crise d’angoisse. Deux en un soir, ça épuise. Il faudrait juste faire un pas. Et ce serait terminé, comme d’habitude.


« Je te le demanderais un jour où tu ne me riras pas au nez. »

Un jour où tu ne me mépriseras pas pour le faire. Petite Sotte. Roulette Russse à 5 balles dans le barillet. Boîte à musique agréable et joliment décorée. Boite à musique que se referme sur mes doigts et me nargue. Stupide Abel. Stupide fiancé. Stupide fils obéissant. Stupide être creux. Stupide vivant à demi-mort. Stupide incube.

Je me sens stupide, quand tu me regardes dans les yeux et me sors une chose pareille. Quelque chose qui nous, toi et moi, respecte si peu. Je me sens stupide, et naïf, et désolant, et misérable. Je me sens…

Triste ?

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MessageSujet: Re: Puisqu'on est que des pions. [Atalyah, soir de bal]   Mar 28 Juil - 20:49

Et l'on lit tout sur ton visage. Tu te figes et tu te perds dans un raz-de-marée interne. Je crois que j'ai envie de te repousser tellement fort que ton crâne s'en exploserait pas terre. J'aimerai pouvoir arracher toute la pierre autour de toi, j'aimerai pouvoir comprendre réellement un jour ce qui se passe dans les frontières de ton crâne. Je me perds dans cette sensation amère, j'ai presque envie de pleurer, mais je suis continuellement trop faible face à toi. Une femme qui ne veut pas de la vie que l'on me donne, une femme qui aimerait certainement que tout soit plus simple. Trop sensible pour le monde que tu me promets à tes côtés.. Mais… Il n'y a plus aucune promesse. Cela fait des années que nous sommes promis et je n'ai toujours aucune bague au doigt. Et j'ai peur. Je suis morte de peur à l'idée que tu finisses par refuser, trouver quelqu'un d'autre qui te plaît davantage. J'ai peur que l'on s'en prenne à mon frère, mais j'ai surtout peur de tomber sur un autre homme. Violent. Inhumain. Cruel. Je mesure la chance que j'ai de t'avoir toi, mais j'aimerai simplement que tu cesses de mentir toujours à voix haute… J'aimerai juste pouvoir te voir sourire parfois. Me dire que je n t'indiffère pas autant. Me dire que je ne te rends pas malheureux. Que tu aurais peut-être envie de faire un bout de chemin avec moi. Mais non. C'est toujours vide. Sauf à l'instant où je t'ai embrassé, sauf à cet instant où j'ai cru ressentir quelque chose en toi. Tu es vivant, tu es brûlant, un véritable volcan sous la glace.. Et je crois que je suis en train de m'y accrocher à vouloir la défoncer de mes ongles et mes dents, la défoncer avec violence, la faire fondre au contact de mes étreintes innocentes.

Et pourtant, ce que je vois sur ton visage me donne envie de disparaître et de me pendre. Il n'y avait aucune promesse entre elle et moi, absolument rien. Mais pourtant assez pour que…. Pour que quoi ? Penser que je serais la seule ? Penser que c'était…. Différent ? Unique ? Particulier ? Je ne sais pas qui j'exècre le plus présentement… Elle… Toi… Ou moi-même. Je suis trop naïve. Une enfant catapultée dans un monde régis par des règles que je déforme comme bon me semble. Pour jouer comme je veux. Et nous ne jouons pas avec mes règles, mais les siennes. Cette pétasse de petite louve qui se fiche de moi. Et pourtant, il n'y avait aucune promesse, aucun secret. Mais j'en sens mon cœur se serrer. De refuge elle va se transformer en Enfers. Je n'ai même plus envie de la rejoindre maintenant, pas envie de te voir non plus. Je te laisse ce que tu veux. Je te laisserai tout ce que tu voudras si ca peut te permettre d'arrêter de me voir comme une gamine puérile. Et quand bien même je ferai cela, tu penseras que je me suis lassée d'elle. Lassée de ce jeu, qui n'en est pas un. Mon cœur que vous balancez sans même le savoir. Incapable de le rattraper à temps…
Je voulais simplement savoir ce qui se passait réellement… Et tu as compris sans que je pose un prénom. Tu as tout compris et tout s'écroule. Un pas en avant, trois en arrière. Comme toujours. C'est notre valse à nous, un écho d'un amour factice, ces tentatives d'être en phase. Mais nous sommes totalement dissonants.

L'humiliation est un jeu… Et pourtant tu n'as certainement pas conscience que c'est toi qui a lancé le jeu, qui ne m'a jamais pris au sérieux. Qu'une enfant pas capable de comprendre ton monde et tes problématiques. Une enfant que l'on ignore. Mais je reste muette, t'observant sans rien dire. J'en ai marre, tout m'exaspère. J'aimerai pouvoir simplement m'en débarasser comme je pourrais m'en laver les mains. Mais tu subsistes dans mon crâne. J'inspire et j'en sens une cage d'os m'enserrer. J'ai envie de m'enfuir que d'affronter encore tout ce que tu vas me dire, m'enfoncer un peu plus dans l'idée que je suis imparfaite. Irrespectueuse. Et quand bien même je pourrais m'excuser, chose si rare, tu n'y croiras pas… Je voulais juste savoir. Et maintenant je sais. Et cela ne me plaît pas. Je n'ai pas envie de te la partager. Je n'ai pas envie qu'elle puisse te préférer. Je n'ai pas envie de savoir qu'après m'avoir touché elle puisse trouver refuge à tes côtés. Je me demande si tu sais. Si tu l'aides. Est-ce que tu l'aides dans ce périple ? Est-ce qu'elle se déverse en toi ? J'ai du mal à l'imaginer, mais l'idée me tord, je m'en sens trembler un peu. Colère froide, tristesse salie, peur aliénante.

Et tu me lâches, tu recules et craches ton venin habituel. Je souris faiblement, en coin, t'observant sans réellement te voir. Et tu enfonces le poignard. Ma poitrine se soulève un peu plus, alors que j'imagine moi aussi et détourne mon regard échappant un soupire dépité. Toujours la même excuse. J'ai presque envie de te souhaiter de bien t'éclater avec elle, oubliant que c'est une élève et toi un professeur. Que nos rapprochements étaient pardonnés à cause de notre statut, mais ce n'est que du vent.
Je t'observe faire avec cet air si las et triste, si démotivé, presque déprimé. Mais je ne dis rien non plus, même si tu m'arraches l'ombre d'un sourire à tes dernières paroles. Evidemment. Comme d'habitude. Toujours le même cercle vicieux. Et j'ai pourtant eu un sursaut d'espoir. Je serais la seule connasse de notre couple, celle qui te mérite pas, celle qui complique tout. Mais je me refuse d'épouser un homme que je ne connais pas. Et tu es inlassablement un mur. Je ne sais rien de toi et je resterai étrangère jusqu'à la fin de ma vie. J'aurai des enfants avec un étranger. J'ai envie de vomir…

Je fronce un peu le sourcil alors je regarde tes si belles chaussures cirées un instant. « Je te rirais jamais au nez… » Mais je déglutis un peu, puis repose mon regard sur toi. Je respire un peu puis souffle tout bas : « Je suis désolée. Je ne voulais pas te blesser. » Mais tu riras. Tu glisseras tes doigts dans tes cheveux ou les miens. Tu m'infantilisera encore. Comme d'habitude. On danse sur le même cadran, inlassablement. « Je voulais juste savoir la vérité… » Parce qu'on sait tout aussi bien, toi et moi, que tu ne m'aurais jamais répondu la vérité. Parce que tu ne sais pas, parce que t'es pas capable de le définir et elle non plus. Votre jeu à la con. Je me redresse un peu, dépitée et dégoûtée avant de souffler : « Eh ben…. Cramez bien ensemble. » C'est pas mon genre de jeter l'éponge si vite, alors que j'ai réussi à te faire mal. Je suis du genre à lécher la plaie non ? Mais j'ai juste envie de fuir, de souffrir loin de ton regard. Je ne sais même pas pourquoi j'ai si mal…  Mais à trop avoir mal, tu vas réveiller une chose hors de tout contrôle.
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MessageSujet: https://www.youtube.com/watch?v=pB-5XG-DbAA   Mar 28 Juil - 23:08

Ça vous est arrivé ? De sentir des chaînes qui retiennent vos pas ? Vous avez senti comme un collier d’acier vous couper le souffle ? Vos pieds cesser d’avancer sous peine de tomber à genoux ? Les poignets qui s’osent plus se lever pour vous faire garder l’équilibre ?

C’est l’effet que me fais ta voix. C’est l’effet que me font tes lettres. C’est l’effet que me fait toutes les preuves que tu ne te résume pas à vouloir mon mal être. C’était pour ça que j’étais venu, non ? Tes lettres. Ta sincérité. Au-delà de cette franchise dévastatrice. Ta peine peut-être. Tu voulais qu’on essaye. Je le veux aussi. C’est pour ça que j’ai pris ta main. C’est pour ça que j’ai fait tomber un mur. C’est comme si à chaque fois qu’on est face à face, il faut qu’on trouve le moyen de…

Je ferme les yeux. J’inspire. Je me retourne. Je serre les dents. Je lève les yeux. Et je te regarde. Il y a des fissures dans les murs, dans les masques, dans les digues. Ça implose. Toi aussi, on lit ton visage. Je regrette. Tu ne peux pas le lire, mais je regrette.

Tu ne peux pas le lire ?

Qu’en sais-je ? Peut-être que je ne suis plus capable de te le cacher. Peut-être que c’est impossible de refermer une brèche quand tout est en train de s’écouler, de s’écrouler. Je ne veux pas être faible. Ni être une faiblesse. Mais on ne connait vraiment quelqu’un que lorsqu’on connait les failles, n’est-ce pas ?

Il suffit que tu me dises d’aller en enfer pour que je m’y sente. Mais détrompe-toi. En enfer, on ne crame pas. On gèle. On gèle jusqu’à ne plus rien sentir que de la douleur.

C’était stupide. Je n’aurais pas dû.


« Je n’aurais pas dû. Vous êtes amies. »

J’avale ma salive, et ma fierté avec. L’orgueil qui me reste au travers de la gorge se brise. Et les mots sortent, pas pour être vrais, mais pour arrêter de détruire à la massue tout ce qu’on essaye d’être.

« C’est pas comme ça. Et c’est bien comme ça. Ne lui reproche pas, elle n’a rien fait de mal. »

C’est méthodique entre nous deux. D’essayer de s’apprivoiser, et de tout foutre en l’air. Je sais pas comment on fait. Je sais pas comment je fais. Pour douter autant de toi. Pour douter autant des efforts que tu fais. Pour douter assez pour changer le moindre mot de bonne foi écrit en une supercherie visant à me donner mal au crâne. Il faut que je respire. Que je réalise. Ce serait une perte de temps, même pour toi. Surtoit pour toi. Si tu n’en avais à ce point rien à faire, tu ne serais pas en train de me dire d’aller me faire foutre. Je n’aurais pas dû utiliser Ella. Je n’aurais pas dû dire ça.

Est-ce que tu souffres autant que moi ?

Une partie de moi veux que oui. L’autre te demande pardon.


« Ne lui fais pas payer mes erreurs. »

J’implose. Je veux tellement que ça marche. Je veux tellement qu’on arrive à se dire, je veux tellement que tu saches… Mais si tu savais… Voudrais-tu encore de moi ? Une main brûlée viens sur mon visage et couvre mes yeux. Je les aies senties avant de vraiment en prendre conscience. J’espère que la pénombre confondra mon geste avec de la simple fatigue.

Je manque de sommeil. J’ai déjà fait un craquage nerveux. Tess m’a couvert, déjà une fois. Je veux m’enfuir. Je veux être là où je peux me sentir chez moi.

Caïn. Caïn…

J’inspire profondément. Ma main humide serre maladivement mon crâne. Mes tempes se taisent. J’expire. Je suis faible. Etrange. Tordu. Cassé. Mais je suis encore debout devant toi. Je suis encore debout. Tant que je suis debout, je peux toujours… Toujours quoi ?

J’ai besoin de toi. Pas le jour où nous aurons réussi à nous mettre d’accord sur qui doit l’ouvrir ou la fermer de nous deux. Pas quand le jour des cloches et de ta robe blanche se terminera. Pas quand je te forcerai à consommer un mariage avec l’inconnu que j’ai tenu à rester.

J’ai besoin de toi maintenant. J’ai besoin de toi, de cette foutue promesse, de ce foutu amour maintenant. J’ai besoin que tu me dises maintenant qu’il faut que j’arrête. Que j’arrête de voir d’autres filles que toi. D’autres hommes. J’ai besoin que tu me dises que tu me veux, que tu veuille que je ne te regarde que toi. J’ai besoin que tu me dises que si je m’épuise, ce sera vers toi qu’il faut que je revienne. J’ai besoin que tu me foute des claques quand je te mens, des pins quand je regarde ta meilleure amie, que tu me crie le bon sens quand je me perds, que tu m’en mettes une quand je te perds.

J’ai besoin de cette personne. J’ai besoin de toi. Et j’ai besoin de toi maintenant.


« Y a-t-il quelque part… Ou tu veuilles aller ? »


J’ai besoin de savoir… Qui tu es ce que je suis pour toi. J’ai besoin que tu saches… Qui je suis et ce que je veux devenir pour toi.

Ma voix est basse. Pour ne pas que tu comprennes. Pour ne pas que tu vois. Pour ne pas que tu…

Saches.

Je pleure. De fatigue. Alors qu’il y a tous les élèves derrières. Je ne peux pas. Il faut que tu saches. Mais je ne le veux pas. Je ne suis pas faible. Je n’ai jamais été faible. J’ai fait ça pendant 26 ans. Je peux tenir encore. Encore un an de plus. Un an. Six mois. Trois mois ?


« Je voulais tellement savoir… Qui tu es vraiment. »

Parce que je suis fatigué d'avoir peur de toi, et de tout ce que j'ignore de toi.

Ça passe. Lentement. Doucement. Bien. Ça passe. Personne n’a besoin de savoir. Surtout pas elle, pas encore. Tu as le temps. Tout ton temps. Encore quelques secondes, et tu pourras relever la tête. Et tout sera normal. Tu lui fais face, et tu lui dis que ce n’est pas grave. Que tu cherches juste un endroit pour les vacances.

Non. Arrête. Je…

Une seconde de plus. Respire. Il n’y a plus de larme, tu vois ? Répare les fissures. Prends le temps. Une seconde.


« Je… »
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MessageSujet: Re: Puisqu'on est que des pions. [Atalyah, soir de bal]   Mer 29 Juil - 11:40

On est plus qu'amie… Et c'est la première fois que je n'ai rien à cacher. Je crois n'avoir que peu de secret pour elle. Elle s'est imposée, elle a tout balayée. Ce n'est pas mon amie… Ce n'est pas juste une amie. Elle est plus que ça… Beaucoup plus. Je ne la comparas pas à Priams ou Rhéa. Absolument pas. C'est mille fois plus fort, plus étrange. Et puis elle sait. Elle est comme moi. C'est presque ma jumelle. C'est comme si elle était de ma chair et de mon sang. Et tu n'as pas le droit de faire ça…Tu n'as pas le droit de me retirer la seule chose qui me fait du bien… T'as pas le droit de juste tout me prendre alors que je te laisse tout. Je ne t'ai jamais demandé de faire une croix sur ce qui semble te procurer du bien… Te soulager…. Mais lorsque je t'entends prononcer les autres mots, je t'observe, le regard sombre, l'air las. Et mon cœur s'en serre un peu plus. Tu ne mentais pas… Tu regrettes seulement de me l'avoir jeter à la gueule. Elle est de l'ordre du fantasme. Elle te brûle de l'intérieur. Et c'est compréhensible. C'est Ella… Qui ne brûlerait pas, qui ne désirerait pas une femme pareille ? Il suffit de voir l'ombre d'un sourire se détaché sur son visage de porcelaine pour s'enflammer pour elle. Elle papillonne de ses cils et de son teint poudré, et l'on pourrait se déchirer pour obtenir ses faveurs. Mais elle est à moi et je te détesterai pour me retirer celle dont j'ai besoin. Egoïstement. Tu ne veux pas que je la blâme… Oh, tu prends sa défense… C'est presque mignon. Presque adorable. Est-ce que moi tu m'as laissé une chance ? Autre que celle lorsque j'avais 12 ans ? J'expire brusquement. Ne pas lui faire payer tes erreurs ! Mais qu'est-ce que j'ai envie de bouffer ton visage, sentir le sang couler contre mes lèvres et mes doigts. J'en étouffe un grondement animal. Mais lorsque je réalise ce qui pulse dans mes veines je recule un peu, je serre mes bras contre ma poitrine. Je m'éloigne, me protège, me renferme, me ferme à la discussion. Tu me fais tellement mal et je ne sais même pas pourquoi je suis encore là… Certainement pour que tu ne me traites pas de lâche encore. Ou d'enfant….

Je fronce légèrement les sourcils à ta question. Pour toute réponse tu n'as qu'un haussement de sourcil. Oui. Y a des endroits où j'aimerai aller. Mais avec toi ? … Présentement, pas le moins du monde. Alors j'imagine que cette indécision est préférable à la vérité non ? Je ferme ma gueule, encore, pour toi. Et je ne peux m'empêcher de me souvenir encore de vos regards échangés. Cela me fait tellement mal. J'inspire un peu plus, le souffle presque tremblant. Qu'est-ce que tu veux à la fin ? Que je supplie pour avoir un autre fiancé ?

Et pourtant, tu parles encore, tu combles le silence, ce que je fais d'habitude pour étouffer le malaise. Je souris faiblement en t'entendant et souffle : « Tu es sûr que tu ne dis pas ça, pour te donner bonne conscience… ? Te dire que tu m'as tendu la main et que je serai la seule responsable de l'éventuel échec ? »  Je décroise les bras, soupirant un peu. Je passe une main dans mes cheveux avant de me redresser un peu. « Si l'enfant que je suis peut se permettre de te donner un conseil… Ce n'est pas en repoussant à longueur de journée une personne, en lui mentant dès que tu peux…. Ou t'enfermant systématiquement que oui, je suis trop sotte pour comprendre tes problèmes ou tes occupations… Que oui... Cela marchera. » Je fronce un peu les sourcils et m'approche de toi. Je pose le bout de mes doigts contre ton torse : « Tu oublies un peu trop souvent que d'où je viens, la femme n'est pas reléguée au second plan. » C'est presque sec, c'est presque ambitieux, brûlant d'une autre manière. Mais je me redresse, mes prunelles perçant les tiennes : « Non. Je n'ai pas choisi ce mariage. Tout comme toi. Non, je ne suis pas disposée à satisfaire un homme qui se complait derrière ses murs et qui me ment délibérément sans une once d'honte. En attendant, cette situation tu l'as désiré, Abel. Et c'est ma famille et mon nom que tu humilies avec cette attente. » Mais je me redresse un peu, avant de m'éloigner vers les portes, montant quelques marches, de cette prestance et cette assurance lunaire. « Mais merci. Au moins je sais que je ne peux pas te faire confiance même avec toute la volonté du monde… » Tu l'as vu que l'on été proche. Je t'avais parlé d'elle, de nos sorties. Tu es mauvais. Je ne sais pas ce que tu veux, mais cela ne marchera jamais. Et pourtant. Je suis encore là… Je te laisse encore une chance de me dire que je me trompe, que je ne suis qu'égocentrique. Mais alors montre-moi la vérité. Fais-moi sentir autre chose qu'une putain d'enfant stupide ou un poids à tes côtés. Je ne suis pas une punition.  

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MessageSujet: Re: Puisqu'on est que des pions. [Atalyah, soir de bal]   Mer 29 Juil - 13:10

Mes muscles tremblent. Ta voix est une main sur ma gorge. Et c’est peut-être le seul moyen qu’il nous reste. Tes paroles couvrent tous mes silences. Frappèrent trop justement ce qui est faux, foncièrement faux, et foncièrement vrai. Tu as finalement bien mieux conscience de nos devoirs. Et tu ne sais tellement rien de moi. Mais tu dis vrai. C’est ma faute. Que j’ai reculé jusqu’au bout de la planche, à force de craindre de t’aimer, au-delà du raisonnable. Non, je ne pense pas que tu es au second plan. Au contraire. Je ne me sens pas capable. Pas assez bon, pas assez fort. Je ne me sens pas…

Je me sens tellement faible. Face à ce que je suis, au-delà de tout ce que j’ai façonné. Tu dis trop juste, à moi qui ne suis pas doué avec les mots. Tu refermes la Dame de Fer sur mon corps, et les lames me transpercent. Je ne veux pas que tu me vois comme ça. Je ne veux pas que tu me forces à être moi-même. Ce moi-même que je déteste parce qu’il ne va nulle part où je dois faire semblant de courir. Tu me pousse. Tu ne parles plus pour toi. Tu parles pour ton nom. En un sens ça me calme. Parce que c’est quelque chose à quoi je peux me raccrocher. Mais ça glisse. Ça glisse parce que derrière ce nom, il y a ce toi que je ne connais pas. Et ma main, c’est celui qui derrière la façade qui la tend. Cet homme méprisable au corps et à l’âme salie et cassée. Je veux t’aimer, mais il faudrait planter des lames pour nous accrocher ensemble. J’aurais voulu prendre le temps de nous coudre ensemble. J’aurais voulu avoir le temps d’apprendre à m’ouvrir à toi. Mais je n’ai plus le temps et toi non plus. Je me fous bien de nos noms, à cet instant. Les Noms sont une chose, et nous ont menés face à face. Mais c’est toi. Toi et moi. Ça ne concerne personne d’autre. Ni Ella, ni tes amours, ni les miennes, ni aucun de nos passés affectifs.

Ce n’est qu’une saleté de moi qui a besoin d’une armure neuve pour que tu me vois comme un Prince. Mais je ne suis pas un Prince. Je suis moi. Je suis tordu, en manque de chair, de vie, d’amour, de bonheur. Et je suis faible.

J’ai besoin de toi.

Maintenant.

Comment te le faire comprendre sans que les mots ne te blessent ? Comment te le faire comprendre sans que ma souffrance ne te fasse fuir ? Comment t’amener à regarder ma faiblesse avec bienveillance ?

Comment faire. Pour que tu saches. En une seconde. Que je veux t’aimer. T’aime déjà peut-être, même si je déteste comment. Que je veux te rencontrer. Ton être entier, de cette manie à te jouer de moi à tes pensées apaisées, tes douleurs, des masques, tes rêves. Je veux réaliser tes rêves. Je veux réaliser un avenir où j’aurais une place à tes côtés, debout côtes à côtes, face à face, sans jugement.

Tu t’éloignes. Mes pensées défilent, de plus en plus ténues, de plus en plus blanches, parce qu’il me faut une seconde, une seconde pour te prouver que si seulement tu me le demandais, tu deviendrais ma Reine.

Tu n’es plus une Princesse.

Ma main s’est tendue et a attrapé ton poignet. J’ai tiré pour te prendre dans mes bras. Je crois que tu as vu mes yeux. Mes yeux blessés par des larmes que tu ne peux plus voir. Mes yeux qui ne te cachent plus rien.

Ni à quel point j’enrage contre moi-même de ne pouvoir rien te dire. Ni à quel point je suis désolée de ne pas avoir eu les mots. Ni à quel point j’ai mal de m’être enfermé dans des murs pour ne pas te faire face avant ça. Ni à quel point je n’ai plus aucun espoir que tu m’aimes.

Ni même à quel point je t’aime. À ma manière.

Je t’ai enserré dans bras. Je t’ai peut-être fait mal. Je t’ai peut-être blessée. Tu ne comprends peut-être pas. Mais c’est mon seul moyen de te faire parvenir tout ce que je ressens. Le seul moyen que je connaisse pour communiquer, avec qui que ce soit.

Arrêter de prendre d’autres personnes dans mes bras, c’est comme me demander d’arrêter de parler. C’est comme me demander de me murer dans le silence et la solitude. Mais je ne me sentirai jamais seul si toi tu peux comprendre.

Je tiens ton crane pour t’embrasser, avec tout ce que j’ai, toute la violence, toute la peur désespéré de finir, malgré toux ceux qui ont cru m’aimer, malgré tout ceux que j’ai cru aimé, tout ceux que j’ai tenu et touché sans amour, la peur de finir seul.

Cette fureur, ce désespoir, c’est moi. Ce chagrin continuel, ce froid qui me sert de forteresse, c’est moi. Cette dureté possessive et irrationnelle, c’est moi. Ce désir languissant et jamais satisfait, c’est moi. Ce manque d’amour continuel, cette avidité malsaine, cette jalousie crasse, c’est moi. Tu ne mettras jamais le mot sur tout ce qui m’habite. Ce n’est qu’un monstre, une ombre grouillante qui voudrait détruire les murs, les parois d’un train en marche. Ce monstre ne vas avec rien de notre monde, avec rien d’un bel avenir, ce Monstre est si immense qu’il a déchiré les entrailles de sa mère la Peur pour exploser le monde qu’il touche. Je suis ce monstre, et les murs qui le contiennent, je suis ce raz-de-marée sans fin qui vient des tréfonds de la terre et la cage en verre qui le font passer pour un remous insignifiant. Je suis cette bombe qui saute toute les nuits et bousillant ses propres entrailles avec. Les doigts dans tes cheveux à retenir ton visage contre le mien, je suis ce besoin primaire, de tout détruire, de m’affranchir de la peur, de la colère, de la tristesse. Est-ce que tu peux le sentir ? Cette vibration, cette explosion qui me blesse à chaque seconde de ma vie, mais dont je garde les sons tout au fond à chaque pas dans les couloirs ? Je t’ai senti vibrer doucement contre mon corps, contre mon cœur, tout à l’heure, je t’ai senti tout en douceur, avec ton sourire provocateur, avec ta danse qui invite à de doux rêves. Sens-tu mon cauchemar ? Ma terreur ? Celle qui me traverse les tripes pour t’arriver dans la bouche, dans l’espoir que tu en ressentes un millième ?

C’est sur ce monstre que tu devras fermer les portes de la tape de notre sous-sol.

Peux-tu le recevoir ?

Pas une fois, pas deux. Toute ta vie. Tout le reste de ta vie. Peux-tu garder tout ça pour toi ? De la vibration malsaine de mes milles et unes colères, de mes angoisses irascibles, de mon être persuadé d’être plongé dans la solitude. Peux-tu me sauver de la solitude ? Peux-tu seulement lui briser le cou pour ne serait-ce qu’une nuit ? Ma langue ne cherche plus à te connaître, ni à te satisfaire. C’est moi que je satisfais. Peux-tu embrasser cela aussi ? Non, pas encore. Tu restes là, et tu écoutes, et tu sens jusqu’au bout. Je retiens ta taille et te repousse contre le mur à côté de la baie vitrée. C’est mes phalanges qui prennent la pierre et le sang à la place de ton crâne. Mon reste de tendresse. Ma vraie tendresse à ton égard. Je ne veux pas te faire de mal. Je t’en ferai. Je ne veux pas me montrer faible, mais je le serai. Prends-là, cette faiblesse, et romps lui le cou. Si tu peux.

Si tu peux.

Si tu t’enfuis, je mords ta lèvre. Si tu me mords, je t’aimerais encore, encore plus fort. Tu me mettras le feu, et je te consumerai. Peux-tu l’embrasser, l’accepter ? Ce n’est plus une question, je ne fais que te montrer. Te montrer ce que tu épouse, te montrer mes tremblements de rage, envers ceux qui menacent les mien, envers mon propre sang, envers moi-même, envers toi.

La Rage qui se nomme Besoin d’Amour.

L’encre noire m’éclabousse le visage. Mes mains sont rouges, et laissent des traces dans des cheveux. Une longue caresse dans ton dos trace un sillon de tes reins à ta nuque. Je ne veux plus dire un mot. Je ne veux pas te promettre quoique ce soit. Te demander pardon pour quoique ce soit. Tu ne veux pas que je t’épargne, alors je cesserai d’essayer. Prend tout ce qu’il y a à prendre, et si je te fais peur, ou pire, pitié, alors contente-toi de sourire quand je me mettrai à genoux.

Tu l’auras ton diamant. Je ne veux pas me donner bonne conscience. Je ne veux pas te repousser. Je ne veux pas te tester. Je ne veux pas te mettre à l’épreuve. Je t’aime déjà.

Malgré toutes mes peurs, tu crois vraiment qu’on peut regarder grandir, de ses treize ans à ses vingt ans, une femme qu’on nous a promise sans la trouver belle et désirable ? Qu’on peut atteindre sept ans sans nourrir à son égard le désir d’être prêt le jour où elle sera femme ?

Tu ne sais rien du cœur des hommes. Mais je ne t’en veux pas.

Je ne me connaissais pas, à 20 ans.

Et j’embrassais bien moins bien, à 20 ans.
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MessageSujet: Re: Puisqu'on est que des pions. [Atalyah, soir de bal]   Mer 29 Juil - 13:50

Dois-je comprendre ce qui se passe dans ton crâne sans aucun mot ? Tu attrapes mon poignet presque trop vivement. Tu m'attires dans tes bras, alors que je manque de rater une marche. Mais mon corps rencontre brusquement la chaleur du tien, mon cœur s'agitant dans cette demi peur. J'écarquille les yeux lorsque tes bras se renferment sur mes hanches, ma taille, mon corps entier. Tu m'étouffes et m'emprisonne dans une prison de chair. Tu aspires à trouver réconfort probablement contre la chaleur de mon corps. Une chaleur bien plus marquée que les autres humains, mais j'ignore si tu as seulement remarqué à quel point j'irradie bien plus que tes autres conquêtes. Je suis un tas de braise, un être au sang chaud, des cellules différentes. Je suis différente de toi et des autres. Plus forte et plus sauvage, insoumise et éternelle insatisfaite, jusqu'à ce que du sang coule dans ma gorge. Tu m'arraches un léger frisson alors que lentement je passe mes bras autour de ta nuque sans trop savoir comment faire face à toi, que faire de tout ce que tu me donnes, tout ce que tu sembles abandonner dans cette étreinte désespérée. Mais je ne dis rien, ne brise pas cette valse silencieuse que tu débutes avec mon esprit. Mais là encore, tu me précipites ailleurs. Mon dos claque contre le mur de pierre fraîche, tes doigts retiennent ma tête, le choc contre tes phalanges. Je t'observe sans comprendre, sans avoir entendu ce léger gémissement qui s'est échappé de mes lèvres. Et voilà que tu m'embrasses encore, tu frais un chemin de force dans ma bouche. Incapable de suivre le rythme, la litanie de ton âme en déroute. Je serre mes doigts contre ton épaule, me redresse un peu, coincée entre toi et le mur. Mais je n'aime pas ça. Je n'éprouve pas une once de plaisir sur l'instant, tu me fais presque peur. Et pourtant je serre mes doigts contre tes cheveux, ignorant ce cœur qui bat trop fort. Je ne te connais pas, mais tu ne peux me faire aucun mal. Tu as besoin d'une chose que tu fouilles dans ma bouche et je suis presque certaine que tu ne la trouvera jamais ainsi. Un gémissement s'étouffe, le souffle court. Mes dents se serrent contre ta langue, puis ta lèvre, l'écorchant avec trop peu d'effort, mes dents bien plus utiles que les votre. Et tu te calmes juste un temps… J'inspire profondément, me remettant certainement de toutes ces émotions. Mais doucement, ma langue glisse contre ta lèvre inférieure rougie de mon crime. J'en viens suçoter ce sang au goût étrange,  l'avaler sans aucune honte. Je la happe en l'en rougir davantage à tirer tout le sang que tes capillaires sanguins outragés seront me donner. Mon souffle se mêle au tien, mon regard s'accroche au tien et puis je prends le relais certainement. Ma main glisse contre ta joue et je viens te donner un baiser lent. Doux. Ose donc y aller avec plus de force avant moi et je t'en mordrais un peu plus. Je dompterai ta colère et ton désespoir s'il le faut. Il ne me fait pas peur. Et je risque de m'y plaire. Mes doigts remontent dans tes cheveux et j'approfondis ce baiser, ma langue valsant d'abord lentement avec la tienne. Et puis cela s'intensifie. Je ne sais pas si c'est de la passion, ou juste un besoin que je t'offre… Mais je veux que tu comprennes une chose que j'ignore moi-même. Je veux que tu saches que tu peux le faire, laisser tomber la glace avec moi, lorsque nous ne serons que toi et moi, loin des autres. Je refuse de vivre cette promesse comme un enfer, je veux que cette alliance nous apporte quelque chose. Tu es différent, pas totalement comme les autres. Tu n'es pas un fou avide de douleurs et de plaies, celui qui répandra la mort sur son sillage. Je serais celle qui ferais cela, peut-être que je porterai la marque pour répandre l'horreur un jour. Mais pas toi. Tu n'as pas le droit de tomber dans de telles déboires. Je ne veux pas que tu t'écroules. Je me refuse à vivre avec un faiblard. Suce ma moelle si tu en as besoin pour retrouver de ta splendeur et de ton assurance. Je serai la Reine capricieuse sur laquelle tu pourras t'appuyer et compter… Mais je ne me satisferais jamais que de cela… Mais nous n'en sommes pas encore là. Je ne suis pas encore celle que tu veux, celle que tu désires. Celle qui te complètera et effacera tes défauts et ces peines. Mais de toi à moi, je suis le loup vorace et je dévorerai avec gourmandise le moindre de tes démons… Je nettoierai ton âme de ma présence.
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MessageSujet: http://www.yourepeat.com/watch/?v=k8mF33wjnoY   Mer 29 Juil - 14:34

La douleur fait du bien par où elle passe. J’ouvre à moitié les yeux pour regarder ton visage, alors que mon sang colore nos lèvres. Tu t’en nourris presque. Tu es belle. Salement belle. Tu t’approches et me embrasse, je ferme les yeux, expire. La vague a frappé la Terre, et la Terre a pris la vague. Et elle reconstruit, lentement, dans le bouillon d’émotions débordantes, la nouvelle structure du Monde. Ce sera le Nouvel Ordre, et Tu t’y fais une place de choix. Tes lèvres et ta langue maculée retracent lentement en moi les frontières de nos territoires, les repoussent. Ce n’est plus un combat, une conquête, une confrontation. Un regard après la bataille, nous aspirons à la paix.

La chaleur m’est étrange, me fait un drôle d’effet. Je me rappellerai bien d’elle, mais je n’en ai pas envie. Tu repeins l’intérieur de mon âme pour me faire oublier la robe Blanche et les cheveux de sang. C’est lent, même pas prudent. Je t’ouvre la voie volontiers. Nos souffles ont décidé de sa la fermer aussi, et de devenir silence. Et nos silences se répondent, dansent, ne forment qu’un. Je sais qu’un jour il faudra parler, qu’un jour nous devront nous expliquer, que tout ce que je pense, je devrais te le dire… Mais pas encore. Je sais que ce n’est plus le moment. Pour qu’un jour nous en ayons la chance, je me tais.

Ta main dans mes cheveux, tes bras autours de moi… C’est presque ça. C’est presque cette chaleur-là. Celle que je cherche et qui me manque depuis vingt ans. Juste quelqu’un pour prendre tout ce que je suis et chasser la solitude d’une étreinte. Tu peux le faire. Ta peau est douce. Me brûle. Je mets ça sur le compte du froid d’une nuit d’été. Et pourtant je m’y accroche, caressant ton épaule, tes formes, des rondeurs, tes lignes et tes angles, doucement, et moins doucement. Je ne sais pas lequel de nous deux l’a fait. Peut-être que ça s’est juste fait tout seul. Mais je perds ma respiration dans la tienne, le frisson me parcours, et nos gestes s’empressent. L’un et l’autre nous encourageons sans pouvoir freiner. Je ne te tiens plus prisonnière. Je ne t’envahie plus. Tu prends ta place en moi. Et je prends ma place en toi.

Mes yeux s’ouvrent pour chercher les tiens, voilés d’un désir qui rivalise avec la chaleur de ton corps. Il y a du sang sur ma chemise, sur mes mains. Sur mes lèvres que tu dévore. Carnivore de mon être, je te lasse prendre tes marque et dresser des murs qui nous rapprochent plutôt que nous séparer. J’essaye. Par ici. Doucement. Là. Viens. Je frissonne. Et moi ? Où dois-je aller ? Jusqu’où dois-je aller ? Je me laisse guider dans nos passions et te montre les chemins de mon être, en partie.

Mes mains sont baladeuses, mais malgré la profondeur de notre échange, elles ne s’empressent pas. Le poids de nos pensées inaudibles et non-prononcées alourdit peut-être nos mouvements. Mais la luxure transpire, vivace. Ma main caresse ta tempe, Mes lèvres éprouvent les tiennes. Tu te défends bien.

Ta chaleur m’apaise, mais il est difficile de s’ne contenter. Et lorsque ma main effleure ton sein sous tes vêtements, je sens ton cœur battre, et le mien s’arrêter. Le manège repart, mais je suspends nos gestes, nos deux visages qui voulaient ne faire qu’un. Mes lippes et les tiennes s’effleurent encore lorsque je relâche mon souffle brûlant. Mon regard s’accroche, dans un feu bleu improbable et secret que toi seul connais vraiment, au tiens. J’ai peur de m’illusionner, mais je le vois. Je vois ta Force, et ta détermination. Je vois tout ce que tu as compris, bien assez, et je vois surtout que tu ne m’as pas encore rejeté.

Et que tu ne le feras pas.

J’expire, dans un rire. Un sourire. Mon soulagement. Je te demanderai ta main. Avec la plus belle bague du monde. Je ferais ce qu’il faut pour qu’on essaye, qu’on y revienne, à ces précieuses secondes où tu as une place en moi, et où j’ai le droit à une place en toi.

Je suis imparfait, incomplet, impardonnable… Mais je ne ferai pas qu’essayer. Je le ferais, c’est tout. Parce que je le dois. Pour ton bonheur et pour le mien.

Pour nous.

Je caresse ta joue, et essuie le sang au coin de ta lèvre. Est-ce que j’ai le droit de sourire ? C’est trop tard. C’est fait.
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Puisqu'on est que des pions. [Atalyah, soir de bal]

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