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 Tangled In The Great Escape (P.V. Abel)

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MessageSujet: Tangled In The Great Escape (P.V. Abel)   Ven 24 Juil - 15:45





Orion T. Zabini - Abel T. Malfoy
“ Paperplane Attack!!! ”

Elles puisaient leur origine de la voute céleste, membres d'une élite éphémère bordée de privilèges, division issue d'un cycle immortel. J'observais leur course interminable, incarnant l'impuissance même devant ce phénomène loin d'être rare, mais dont le déroulement me fascinait toujours autant. Je savais qu'elles n'étaient pas les seules à pouvoir prétendre au titre de messagers célestes, mais tout dans leur sacrifice perpétuel, les rendaient uniques et les plaçaient au-dessus de leurs consœurs pour moi, en raison de la mesure dont elles faisaient preuve. Elles n'avaient pas besoin d'un souffle puissant pour détruire ou d'un bruit assourdissant pour décimer, elles se contentaient de s'effondrer, patiemment, minutieusement jusqu'à tout engloutir, tout annihiler, sans jamais éveiller plus d'attention. Elles sont les cordes cristallines, l'un des nombreux ponts naturels entre le ciel et la terre, reliant deux entités diamétralement opposées durant un court instant, avant de mourir. J'admirais la pluie, elle symbolisait pour moi un renouvellement silencieux, tout en initiant un changement, un moyen de purger la terre de ses affres, de chasser les plus audacieux.

-« Pour une fois que l'on avait la possibilité de sortir de ce maudit château, il faut qu'il fasse un temps aussi pourri. »

Je délaisse de mon regard d'argent la voute artificielle de la grande salle, posant ce dernier sur mon frère, qui par ses dires est parvenu à exprimer les émotions de mes camarades alentours. Seul vert et argent de la tablé, il navigue au milieu de nos cravates bleus et bronze, établissant comme chaque week-end, depuis notre arrivée à Poudlard, ses cartiers à mes côtés. J'affiche un léger sourire en coin, avant de reporter mon attention sur mon premier repas de la journée, portant ma tasse de thé à mes lèvres, avant d'observer les personnes alentour. Ils semblent tous abattus, rendant l'atmosphère habituellement sereine de notre table, quelque peu sombre, reflet du ciel chargé de nuage menaçants au-dessus de nos têtes. Je ne peux que comprendre la tristesse qui les afflige, eux qui prévoyaient une sortie ensoleillée pour chasser leurs pensées entachés des inquiétudes portées par le monde extérieur, ne se sentent que moyennement attirés par la perspective d'une sortie sous la pluie. Je sais que bien peu auront l'audace de braver l'intempérie, mais je ne puis qu'affirmer que je serais de ceux-là, ce genre de temps, bien trop absent en mon Italie natale, ne fait qu'aiguiser mes envies d'explorations.

Ce fut cette détermination qui me poussa à m'aventurer à l'extérieur, ma simple chemise et mon pantalon d'une coupe parfaite, rehaussés d'une gigantesque cape ornée d'une large capuche, avec pour seule barrière contre l'intempérie, un sort qui protégeait mes vêtements de l'infiltration des gouttes malicieuses. Je sentais ma robe frôler mes chevilles à chaque pas, alors que je parcourais les rues quasiment désertes du pré-au-lard, presque roi d'une ville quasi- fantôme. Je ne pouvais que céder à mon plaisir, à chaque fois que mes bottes en cuir de dragon s'infiltraient dans une flaque d'eau, séparant provisoirement l'étendue en une charmante musique, qui attestait de ma domination illusoire. Je sentais d'humeur contemplative aujourd'hui, alors que je parcourais les nombreuses boutiques qui composaient les environs. Je n'avais pour seul but, que celui de ne pas en avoir, une journée pour rien, une journée sans sens.

Mes pas finirent par me conduire à la gare. Tout comme bien des êtres de Poudlard, je ne la connaissais que trop bien, pour être le pont qui reliait notre monde à celui bien plus vaste des moldus. Seulement, s'y rendre impliquait de devenir acteur, un acte de transition, on intégrait ce point pour y joindre un autre, la gare n'était donc qu'une sorte de portail vers un ailleurs. Pour la première fois, je m'y dirigeai en tant qu'observateur et la chose fit naître le frisson de l'inconnu le long de ma colonne vertébrale. J'ai ramené ma capuche en arrière en pénétrant dans le bâtiment, révélant au grand jour mes cheveux aux reflets dorés, comme à chaque fois que je laissais la partie irrationnelle et rêveuse de mon esprit, prendre le dessus. Je me fis assaillir par l'activité du lieu, qui tranchait quelque peu avec le calme extérieur. Chacun réalisait sa musique, traçait une route définie pour se rendre vers une destination connue d'eux seuls, discutant parfois avec un autre ou s'isolant derrière les lignes d'un journal sorcier. Décidé de profiter de cette ambiance, seul être dénué de destination, j'ai trouvé refuge à l'étage, surplombant les quelques d'âmes qui se trouvaient en ce lieu. Il y avait bien peu de monde en réalité, pourtant, chacun de ses visages inconnus attisaient ma curiosité, je me posais mille et une question en les observant agir, me demandant où ils allaient, à quoi ils pensaient. Je voulais m'infiltrer sous leur crânes en intrus, les disséquer de mon regard affamé de connaissance, tant et si bien que je prenais le temps de les regarder, confortablement installé sur l'un des nombreux bancs qui peuplaient cette gare, les jambes repliées encadrant mes achats du jour, laissant ma cape, dont je m'étais départit, goûté sur le bord de ce dernier.

Je ne saurais dire combien de temps j'ai passé à observer les changements dans ce lieu de passage, qui subissait une activité fluctuante, mais constante. A mesure que le temps passait, je sentais le poids d'une étrange solitude, renforcé par les êtres qui se déplaçaient par paire ou par groupe. Me rendant compte de façon cruelle, que cette émotion que je trouvais normale lorsque j'étais enfant, me pesais atrocement depuis que j'avais fait la rencontre de mon frère adoptif. Il était toujours là, à tournoyer autour de moi en dehors des cours, à me faire sourire, à me rendre vivant. Je ne faisais que réaliser davantage l'importance de sa présence lorsqu'il était absent. La pluie semblait avoir gagné en intensité, lorsque je décidais de réaliser quelque chose de productif. Ce fut à ce moment que mon regard se posa sur l'un journal posé à mes côtés, il semblait avoir été placé là depuis le début, sans que j'y accorde plus d'attention. Je le pris entre mes mains gantées, survolant les lignes de ce dernier, avant de brusquement en déchirer la première page. Cette envie de mouvement, couplé avec mes souvenirs d'enfance, me firent créer l'une des rares activités enfantines, que je connaissais. Là, sous l'impulsion de mon esprit et avec l'agilité de mes doigts fins, je me mis à plier la matière, jusqu'à créer un avion en papier. J'aurais très bien pu utiliser la magie pour le créer, de même que je pourrais en user pour le faire voler, lui qui se tenait entre mon pouce et mon index, toutefois, je fus poussé par un autre désir.

Je me redressais, laissant mes achats sur le banc, avant de me rapprocher de la rambarde, observant sans les voire ceux qui se trouvaient en contrebas. J'avais envie de liberté, j'avais envie que se désir s'envole avec ce bout de papier, qui prendrait vie sous mon envie, qui me lierait provisoirement dans un rêve mortel. D'un mouvement du poignet, je l'ai lancé, le laissant planer sereinement, virevolter sans entrave tandis qu'il se rapprochait dangereusement du sol et de l'impact. La suite logique des choses. Brusquement, quelque chose ou plutôt quelqu'un en décida autrement, se plaçant entre la destiné et mes prédictions funestes. Un visage que trop familier, des cheveux trop blonds, une démarche trop assurée, brisé par mon « attaque », une perfection mise en déroute une fois de plus par une action engendrée par ma personne. Le professeur Malefoy. Mon regard auréolé d'une sublime couleur émeraude, se heurta au sien, avant qu'un sourire presque moqueur ourle mes lèvres pleines. C'était un curieux paradoxe que mon envie de perte de contrôle, se heurte à l'un des adultes les plus pince-sans-rire qu'il m'est été donné de côtoyer.

-« Bonjour monsieur Malfoy, auriez vous l'amabilité de me rendre mon avion ? »

Il aurait pu simplement lancer un sort pour me le rendre, mais pour une raison que je n'arrivais pas à saisir, je voulais qu'il me le rende en main propre, qu'il vienne me rejoindre sur ce perchoir improvisé, caprice d'enfant trop gâté. Je donc tendus la main, comme une invitation déguisée, attendant la réaction de ce cher professeur que je me plaisais à observer dans tous ces états.

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MessageSujet: Re: Tangled In The Great Escape (P.V. Abel)   Ven 24 Juil - 16:19

Je le regarde dans les yeux, en levant la tête. C'est bizarre. De lever la tête pour parler à quelqu'un. De lever la tête tout court. C'est inconvenant, peut-être ? Pas vraiment. Juste étrange. Et c'est comme si j'avais lever mon visage au ciel pour prendre la pluie sur le visage.

C'est indécent comme un sourire peut faire du bien.

On dirait les petits cousins quand ils tendaient les bras vers moi pour que je leur rende leur ballons. Mais Orion n'a plus l'âge depuis longtemps. Et moi non plus.

Ce qui veut dire, en un sens, que nous sommes tous deux des joueurs ?


Je regarde les pavés qui doivent me prendre pour le prochain train vers Londres. Je regarde de nouveau Orion, sans afficher une seule de mes pensée. Ce n'était pas le bon jour pour m'inviter à jouer, Orion. Parce que je suis plus gros parieur que toi.

Je ramasse l'engin de papier et le prend entre mes dents. De mon cartable en cuir noir je sors en vitesse un pot d'encre, retire un gant et l'ouvre, plonge le bout d'un doigt et dessine sur mon autre gant un sigle simple.

Nous sommes samedi après-midi. Je n'ai pas encore déjeuner. Les élèves ont le droit de sortir, et moi de retourner travailler au ministère, ce soir et demain. Je comptais retrouver mon appartement de Londres pour y travailler. Je comptais me concentrer sur ça. Mais je suppose que je ne perds rien. Enfin si. Enfin, tant que je ne me fais pas prendre...

Quand je relâche l'engin de papier, il vient l'éviter amoureusement autour de ma main gantée. Et quand j'ai remis mon autre gant et rangé toutes mes affaires, je me fais un plaisir que je ne me suis pas accordée depuis plusieurs années.

Je pince l'avion et lève à tête vers Orion. Je le lance dans sa direction en tentant de prendre en compte la distendu,  la hauteur, négligeant la chaleur et les mouvements de foule. L'avion volé bien. Mais avant d'atteindre Orion il fait un tour sur lui-même, et replonge vers moi, pour revenir l'éviter sur le gant marqué d'encre. Et comme je ne suis plus un enfant qui crie dans les gares, je ne fais que dire doucement, en articulant bien les mots avec mes lèvres. C'est assez clair. Simple. Et un peu fou. Mais j'ai un peu de temps avant que le train parte. Pourquoi pas.

"Come. And. Get. It."


Je me retourne sans le quitter des yeux et l'avion de papier fait l'oiseau au dessus de ma main. Je suis un peu pressé. Et anxieux. Je ne veux pas rater mon train. Il est impossible de transplanner autour de Poudlard, et je ne le peux plus depuis longtemps.

Je marche calmement sur les pavés. Dépèche-toi petit squatteur. La foule m'avale et ton seul repère, c'est cet avion en papier de langue de vipère.
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MessageSujet: Re: Tangled In The Great Escape (P.V. Abel)   Sam 25 Juil - 2:31





Orion T. Zabini - Abel T. Malfoy
“  Gotcha  ”

Si un jour l'on m'avait dit que j'attendrais avec autant d'impatience, d'obtenir autre chose que des connaissances en rune, de la part de ce cher professeur, ma réaction ne serait pas difficile à deviner, j'aurais sans hésitation et sans  pudeur, rit au nez de celui qui m'aurait relaté les faits. Il y a bien longtemps que je n'ai attendu quoique ce fut des personnes qui composaient mon entourage, d'une part parce que cela était une perte de temps, d'une autre parce qu'il n'y avait plus de surprise, plus de satisfaction dans l'attente, juste un relent de déception et de déjà-vu. Dès lors j'affichais une moue située entre l'impatience et la victoire, certain qu'il ne ferait rien d'étonnant, que comme avec tous ces autres, j'obtiendrais une réaction prévisible, dénuée de la moindre couleurs. Toutefois, quelque chose me perturba dans cette façon dont son regard se rendit de ma personne au quai, je ne comprenais pas pourquoi il faisait preuve d'hésitation, je le pensais toujours si certain de sa personne. La question était visible dans mon regard remplis d'incompréhension, alors que sans le contrôler, mes cheveux arboraient à présent une teinte plus doré encore, à mesure que mon intérêt pour l'homme plus âgé grimpait en flèche.

Je fus surpris de le voir glisser l'avion de papier entre ses lèvres, suivant ses gestes sans comprendre. Il m'intriguait plus encore, je m'étais attendu à toutes sortes de scénarios, allant de la simple méprise, jusqu'au regard dédaigneux, mais assurément pas à cela. Je trépignais presque, m'impatientant du haut de mon perchoir, en bon Serdaigle que j'étais. J'aimais les défis, les énigmes, tout ce qui pouvait faire travailler ce cerveau qui était le mien et ce qui se déroulait sous mes yeux, était en passage de s'approcher de tout ce que je désirais d'une action. Je donnerais cher pour savoir ce qui se déroule sous le crâne de ce professeur que je prenais tant plaisir à provoquer de façon passive, sans vraiment oser me frotter à lui de trop près, il y avait quelque chose de mystérieux chez lui, quelque chose qui m'attirait malgré moi. En temps normal, je n'étais pas du genre à me focaliser autant sur un autre, s'il m'ennuyait, je passais outre et il disparaissait de mes centres d'intérêts, mais les choses n'étaient pas si simple avec monsieur Malfoy.

Il se relève et range ses affaires et je ne comprends plus rien, ce qui se déroule sous mes yeux ne parvient pas à atteindre ma logique. Quelle est l'utilité d'un tel tour de passe-passe, si c'est pour tenté de me renvoyer l'avion par la suite. Je fronce les sourcils, me tenant près à réceptionner l'engin factice, tendant la main lorsque je le vois approcher. Il est si proche, je le sens frôler mes doigts, vecteurs de mon impatience, avant qu'ils ne se referment sur le vide. Devant mes yeux surpris, je le vois effectuer une pirouette, avant de retourner fièrement en direction de la main du professeur. Ses actions défilent alors dans mon esprit, me faisant réaliser qu'il s'est joué de moi. Je pince les lèvres, avant de reporter mon regard sur sa personne, percevant juste à temps son message silencieux. Le message est clair, insidieux, une invitation à jouer. Se pourrait-il qu'il soit aussi joueur que je le suis ? Je ne le sais, toutefois, il a quelque chose d'animal dans cette requête, un élément qui m'échappe encore.

Je soutiens son regard alors qu'il se recule, mitigé par un flot d'émotions alors qu'il se fait engloutir par une foule, que je n'ai pas vu arriver. Je serre les poings, faisant crisser mes gants, ne pouvant retenir un sourire en coin, alors que je me questionne sur la façon dont je dois réagir. Je pourrais le laisser s'en aller, après tout, j'ai un journal entier, disposé à servir à créer des avions de papier bien plus glorieux que mon premier essai, mais cela serait le laisser triompher et la chose me paraît aberrante. J'aurais l'impression de laisser glisser entre mes doigts une occasion en or. D'un mouvement, j'ai embarqué ma cape encore humide et mes biens, avant de dévaler les marches de mon perchoir, cherchant à me repérer, mais entouré de tous ces géants, ma taille se révèle un véritable handicap. Je cherche de mon regard avide, l'endroit où je l'avais vu pour la dernière fois et me dirige d'un pas rapide dans cette direction, maudit soit-il avec ses grandes jambes de sang-pur, j'ai l'impression de trottiner derrière lui sans jamais pouvoir le rattraper, avec pour seul guide mon avion de papier et ses curieuses pirouettes. Je refuse de perdre à ce jeu-là, accélérant le pas. Après avoir virevolté entre les ombres chargées de valise, évitant des chocs qui pourraient s'avérer embarrassant, je repère dans la foule, j'aperçois le dos droit du professeur, sa démarche et ses cheveux d'or permettent nullement le doute.

J'aurais du m'interroger sur le bien fondé de cette poursuite, de l'homme qui détenait  sournoisement, l'incarnation de mes désirs de liberté.  Je parviens enfin à me faufiler à ses côtés, me plantant devant lui juste avant qu'il n'accède à son wagon, avant d'arborer un sourire triomphant.

-« Je vous tiens…Rendez-moi ma liberté… »

La phrase pourrait paraître étrange à lire, mais elle l'est d'autant plus à dire, notamment lorsque vous l'énoncé le souffle court et les joues rougies par votre course. Ce curieux amalgame entre la fonction de l'objet et l'objet même sont à l'origine de cette phrase. Je pousse un léger soupir, tentant de dissimuler ma gêne derrière mon agacement.

-« Ne savez-vous donc pas que le vol est le plus odieux des délits ? »

Je fronce les sourcils,  plongeant mes orbes pétillantes de malice dans les siennes, trop conscient de l'agitation ambiante, qui signe le départ prochain du train.  

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MessageSujet: Re: Tangled In The Great Escape (P.V. Abel)   Sam 25 Juil - 12:49

Bordel, qu'est-ce que je suis en train de faire.

C'est ce qu'une personne normal pense quand vous avez du goutte à goutte dans les cheveux à cause de la pluie, une rune de vent pour faire planer un avion de papier journal comme un oiseau sur la main, et un gamin entre vous et l'entrée du wagon qui doit vous emmener travailler ce week-end, avec des cheveux qui changent de couleur et une phrase aussi biscornue qu'elle est lourde de sens.

C'est ce que je n'arrête pas de penser.

Mais une personne normal, comprendre ici parfaitement saine d'esprit, aurait fait coïncidé ses pensées et ses actes. Et n'aurai certainement pas mis en danger ses deux carrières à cause d'un gamin de moins de vingt ans.

Rendez-moi ma liberté.

Et par cette simple phrase, tu as fais couvrir toutes mes voix intérieures par celle qui te parle, sans un sourire, mais avec ce regard. Le regard de quelqu'un d'un peu seul, mais qui s'attend à ne plus l'être.


 « Être libre, Zabini, c'est aussi prendre tout ce que tu désires dès que tu le ressens. Je ne peux pas te donner la liberté. Tu l'as déjà. »

Des yeux qui sont comme un sourire moqueur et un peu indulgent. Des yeux d'un bleu caché par les ombres et les lumières. Tu me paraîs tellement plus jeune que tu ne l'es vraiment... est-ce que tu comprends pourquoi mes cheveux sont mouillés ? Pourquoi j'ai pris cinq minute à tracer à l'encre un jouet pour te narguer ? Pourquoi ma salle de classe est couverte d'écriture ? Pourquoi comme toi je porte des gants ?

La pluie à coulé sur mon crâne alors que tout le monde pouvait s'abriter d'un geste. Je me suis senti diminué, mais pas si mal. Je ne tombe pas souvent malade, ou ne m'en rend pas compte. Et la pluie est comme un cage pour le ciel, et la main froide d'une mère dans la nuque.

Rendez-moi ma liberté.

Je pose ma pain sur le torse du jeune homme, et mes yeux expriment tous les mauvais sourires du monde.


   « Mais je suppose que je peux te donner un ticket pour la rencontrer. »

Je pousse doucement à l'intérieur. Gravit la marche. Le train siffle son départ et les portes sont fermées par les hommes de gares qui imitent piteusement d'un coup de sifflet le bruit mécanique de la plus belle machine que le monde magique ait emprunté aux moldus. Et le temps que je pose le deuxième pied sur le plateau d'accès aux wagons, la vapeur à mis en bran le le monstre de fer pour Londres.

Et tu es avec moi.

L'avion de papier tourne, chute, remonte et rechute autour de moi avec indifférence.


 « Alors, comment on se sent quand on est libre ? »

Je t'envie. Je voudrais être libre comme tu l'es, ici et maintenant. Mais étrangement,  je me sens bien. C'est un peu drôle. Mais surtout c'est salvateur.  Je me sens soudainement moins seul. Je me sais libre. Libre de ne pas l'être tout à fait. Libre de parachever un but réclament de la patience. Libre de faire le choix d'être ce que je suis. Au service de quelque chose de plus grand. Mon nom. Les miens. Mais toi c'est différent.

Le bruit de train en marche et de la pluie aurait pu rendre toit cela déprimant. Mais l'univers est devenu simple et petit, autour du metamorphomage en face de moi. Nous avons quitté la gare et les forêts qui protègent l'Écosse tentent en vain de verdir les tableaux que forment les fenêtres. Je suis en train de faire une connerie. Mais ces mots me hantent. Je veux lui montrer une liberté. Pas la vraie liberté. Celle qui m'a habité à son âge. Qui m'a tenu par les trippes avant de me lâcher seul en plein Londres sans rien avoir à faire que rester éveiller. Marcher, marcher encore dans les rues sans buts. Trouver des endroits où la musique raisonne. Seul. Rencontrer. Quitter. Ma liberté de l'instant, que j'ai quitté également. Parce que j'étais libre.

Cette liberté que j'ai goûté et laissé derrière moi. Que j'envie à vos jeunesse et que je me refuse autant que possible, jusqu'à ce que le sommeil se refuse à moi et que j'aille me perdre pour m'y assommer. Je marche sur un fil, tissé de devoirs et de mensonges. Je crains de tomber en permanence, et tu n'es qu'un poids de plus sur le fils, qui me déséquilibre,  un peu. Mais pas pour longtemps.


 « Tu n'as pas de ticket, on va devoir arranger ça. Viens t'asseoir. »

Je marche lentement vers l'intérieur du wagon et vais m'asseoir sur une banquette, trempant tout sur mon passage comme un fantôme aquatique.

Je ferme les yeux. Inventer un mensonge, pour le contrôleur. Il me connaît bien. Quelque chose de simple. De crédible. De tangible. Orion n'est pas étudiant. Il venait rendre visite à des amis à Poudlard. Une urgence l'à fait sauter dans le train sans se soucier d'acheter un billet sur le quai.

Tu es bon pour mentir ?
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MessageSujet: Re: Tangled In The Great Escape (P.V. Abel)   Sam 25 Juil - 17:08





Orion T. Zabini - Abel T. Malfoy
“  Gotcha  ”

-« Non, vous vous trompez monsieur Malfoy, ce n'est pas de la liberté, c'est de l'égoïste, de l'égoïsme pur et destructeur. »  

La liberté n'a jamais été qu'un concept, la liberté n'est que l'expression de ce qui définit nos actions, mais pas l'acte de les obtenir, ni le désir qui nous fait croire qu'on en a usé. Je me confronte à ce regard, il en a toujours été ainsi, vous dites blanc, je dis noir, vous parler de ténèbres et je les assomme de lumière ; une chasse perpétuelle à une finalité abstraite. Dans ces moments, je n'ai l'impression de vous parler que pour vous contredire, que pour vous pousser à être un autre, un autre que celui que vous présentez, sans vraiment chercher à savoir le pourquoi de vos actions, de ce qui vous compose et vous agite.

Quand soudain, un contact, cette main qui se pose sur mon torse et me fait reculer. Je m'y attendais pas, trop habitué aux impacts chimériques de nos esprits opposés. Cela me surprend tant que je ne cherche pas à m'en défaire. Ils sont bien rares ceux qui transgressent mon espace personnel de la sorte et jamais je n'aurais pensé que vous seriez l'un de ceux là. Votre paume est froide et vos yeux bien trop perçant.Je ne prends conscience de la portée de vos dires, de votre espièglerie « sémantique » que lorsque les portes se referment derrière nous, m'emprisonnant avec vous dans une situation que je n'ai pas souhaitée. Expérimenter l'affranchissement par l'enfermement est une chose, mais dès cet instant, je me demande si c'est votre liberté ou la mienne qui est en jeu. Une nouvelle pirouette de l'avatar de mon libre arbitre emprisonné par votre sort, par votre main, tout comme celle qui a scellé mon départ et je fronce les sourcils.

-« Vous… Je n'arrive pas à y croire. Ce n'est pas une liberté, vous m'avez enfermé dans une situation, nuance. »

J'aurais dû me mettre en colère, lui faire payer cette condition à l'aide de venin et de brutalité, mais l'ironie et la fatalité firent échapper un rire amer de ma gorge. Dehors, le temps ne semblait pas s'améliorer, reflétant mon humeur sous un fond de décor gris peuplé de point vert rendus linéaires par la vitesse du train. Je vous regarde vous éloigner, simulacre de contrôle, qui s'exprime dans vos gestes, dans vos dire, vous semblez si certain. Cela m'agace. Je lève les yeux vers le ciel, en direction d'une réponse fournie par une créature chimérique, sans obtenir davantage que les chaos du train comme réponse. Une solution, il faut que je trouve une solution. Je finis par me mettre en branle, observant du coin de l'œil l'une des cabines encore vide. L'idée de me retrouver dans un espace aussi restreint avec ce cher professeur ne m'enchante guère, mais je me refuse à payer pour l'action d'un autre.

-« J'ai une idée, suivez-moi, cela nous évitera des ennuis à tous les deux, professeur… »

Mon ton est sombre, mais mon attitude ne l'est plus réellement, mon esprit se métamorphose à l'égale de mon corps, versatile et déjà emprunt à trouver une solution. Ainsi, à l'instant où nous engouffrons dans la cabine, j'aperçois le dos du contrôleur alors qu'il se glisse dans la première, le temps est limité, la situation ne fait qu'exciter mes neurones et aiguiser mon envie de jouer. Je me glisse aux côtés de mon aîné, l'observant avec attention, avant de me rapprocher quelque peu de lui, violant son espace personnel, tout comme il l'a avec moi, quelques instants plus tôt, crispant légèrement mon visage. En quelques secondes, j'arbore les mêmes traits que lui, imitant la couleur de ses orbes particulières, jusqu'à la couleur de ses cheveux, de sa peau, de ses lèvres, miroir quasi parfait de sa personne à quelques centimètres prêts. La taille est toujours une donnée difficile à imiter, voir impossible. Je me recule, poussant un soupir avant de comparer nos deux tenues, elles sont plus ou moins similaires, à quelques nuances prés, rien qu'un sort ne puisse modifier. Je m'active donc, appliquant un sort que ma mère adoptive adore utiliser, folle des modifications et de la perfection vestimentaire, arborant des vêtements en tout point similaires à mon aîné. D'un mouvement, je tends la main, glissant mes doigts le long de sa cravate, avant de l'en départir, la glissant ensuite entre ses mains.

« J'ai une idée lumineuse, vous avez déjà regardé des films d'espionnages ? Qu'importe… Je suppose que vous pourriez vous contenter d'être vous, n'est-ce pas ? Je vous demanderais simplement de rester là…Je promets de ne rien faire de compromettant sous votre si préciseuse apparence… »

Je dévoile mes talents de monstre, cette particularité que ma mère se plaisait à me faire exercer des heures durant, jusqu'à l'épuisement, jusqu'à ce que je ne sache plus qui j'étais. Je me penche, observant le contrôleur s'infiltrer dans le troisième cabine, plus que trois avant la nôtre. Je jette un dernier regard vers mon aîné, arborant l'une de ses expressions avec fidélité, témoignant de mon observation de sa personne, avant de lancer d'une voix presque similaire.

-« Gardez un œil sur mes affaires voulez-vous? »

Puis, je m' aventure dans le couloir, le laissant seul, me dirigeant d'une démarche calquée sur la sienne vers le wagon de tête, laissant le contrôleur derrière moi, laissant ma liberté tournoyer avec celui qui me l'a dérobé, quelque peu nerveux. Je me dois de garder le contrôle sur mes pouvoirs, je me dois de rester concentrer sur cet exercice périlleux. Ce n'est pas la première fois que je joue au jeu dangereux des apparences, je l'ai déjà fait pour rendre service à Luke, je l'ai exécuté pour amuser mes amis, me glisser dans la peau d'un autre, une entreprise délicate, mais gratifiante. Je m'assieds au comptoir du wagon restaurant, commandant un thé, tentant dans chacune de mes actions de correspondre à ce personnage que j'incarne, attendant que le temps s'effrite, que le contrôleur apparaisse.

Le plan est simple, il passera simplement à la cabine, ne constatant que mon cher professeur, finira sa tournée en remontant ici, m'indiquant ainsi le moment de retourner dans cette cabine personnelle et d'affronter affres et remontrance de l'adulte de la situation. A ce demander qui est réellement la victime de cette histoire rocambolesque. Je suis un menteur né, avec les capacités de transformer outrageusement cette réalité.

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MessageSujet: Re: Tangled In The Great Escape (P.V. Abel)   Mar 28 Juil - 18:14

Orion Zabini, tu es horriblement bon à ce petit jeu.
Est-ce que par hasard j’apprécierai un tout petit peu trop ce que tu fais ?
Objectivement, oui.

Je te regarde devenir un modèle miniature de moi pièce par pièce, comme on assemble des pièces détachées. Dans le reflet de la vitre, je ressemble encore plus à un automate, et toi à un être humain. Celui que j’aurais aimé pouvoir être tous les jours.

Tu te retiens de rire. Ton imitation est externe. Convenable. Mais tu es vivant à l’intérieur. Je te fixe. Amer. Et pourtant quelque chose va mieux, tout au fond.

Je te laisse faire et continue tranquillement mon chemin dès que tu t’es mis en route. Je m’assois dans le cabinet. Cache tes affaires sur le siège, côté fenêtre. Sort un dossier. Lis. On frappe sur la vitre. Je prie d’entrer. On me demande mon billet. Je le sort et le présente. L’homme me remercie et me le rend. Disparait. J’attends.

Le dossier déborde. Je me noie dans l’affaire Berenton. Document après documents. Témoignages après témoignages. Une liste des souvenirs de Pensine conservés comme pièce à conviction dans les Locaux du Tribunal Magique. Une marque sur celles qui sont soupçonnées d’avoir été modifiées. Je lis l’ensemble des intitulés après la ligne de chiffre. Je tourne les pages. Une transcription par plume à papote. Une autre. Une autre. Les témoignages. Les précédentes auditions. Des photos mouvantes. Les expressions. Trop d’interrogés. Plusieurs contradictions.

Des noms qui ne sentent pas aussi bons qu’ils le devraient. A l’origine de tout ce remue-ménage, une agression, un règlement de compte. Sur le territoire du Wiltshire. Ne pas laisser passer une ligne. Tout mettre du côté des Malefoy. Les disculper complètement. Les innocenter. Quoiqu’il arrive, que ça ne les éclabousse pas.

La Famille. Avant tout. Et pardessus tout. Quoiqu’il en coute. Tous les documents sont des copies. Tous. On ne peut pas les altérer ici.

Pas ici.

Et on entre sans frapper.


« Tu n’es pas mauvais à ça, hein ? »

Je ne me redresse pas. Je lui tends simplement ses affaires d’un bras pendant que je continue de lire. Ce soir, cette affaire allait prendre toute la place de la réunion. Autant bien roder le discours. Rester pertinant. Rester concentrer sur les faits, rien que les faites. Effacer les détails. Diriger l’esprit vers les faits qui inculpent les vrais criminels. Pas la Famille.

« Tu n’es jamais pris au piège, Zabini. Quoiqu’il arrive, il y a toujours une multitude de possibilités. Certaines complètements stupides. Certaines qui te profitent. Je viens de faire quelque chose de stupide, et toi quelque chose d’intelligent. Et si tu ne tiens pas à profiter de ta sortie, je te paierai ton billet retour dès qu’on sera à Londres. »

Je redresse la tête, frappé par un détail. Je retire mon gant taché, dévoilant mes mains pleines de cicatrices, et tire sur une couture pour que l’oiseau de papier cesse ses révolutions Dans la lumière d'un après-midi de pluie à 140 kilomètres par heures. C'est une semi pénombre qui nous enrobe. L'avion se pose près de toi, comme un heureux hasard. Je reviens à ma besogne.

« Tu es toujours libre Zabini. Quoiqu’il arrive. Rien n’est jamais un obstacle que ce que tu décides être un obstacle. Et je pari que tu as décidé que la vitesse de ce train et la barrière anti-transplannage de Poudlard en sont, je me trompe ? »


Je remets à mes papiers sans prendre le temps de chercher un nouveau gant. Ma main mutilée par les éclairs brûlants ressemble à celle d’une statue de marbre abimée. Mon visage est mort, lui aussi. Plus mort encore que celui de la sœur que tu as enterré le mois dernier.

L’intrigue d'un demi-frère d’au-delà de L’Oural. A croire que c’était fait exprès.

C’est étrange comme les Enterrements ont une belle place dans le Destin de ma famille. Ironiquement étrange, et fascinant. J’y ai perdu un frère, et j’y en ai retrouvé un.


« Donc. Que vas-tu faire ce soir. »
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MessageSujet: Re: Tangled In The Great Escape (P.V. Abel)   Mer 29 Juil - 4:25





Orion T. Zabini - Abel T. Malfoy
“ Bang Bang, Shoot Me Down ”

Je sens plus que je ne ressens, le regard de l'employée du comptoir glisser sur ma personne, alors que je porte la tasse à ses lèvres d'emprunts. Il passe à travers moi, me laissant totalement indifférent en dépit de son intensité, aucune émotion ne l'accompagne, je sais qu'il ne m'est pas directement adressé, ce qu'elle convoite n'est qu'une apparence externe. Un costume si étroitement entrelacé à ma chair, que je pourrais m'y méprendre. Mon épiderme a toujours été le plus performant des illusionnistes, se déformant à l'infinie pour me permettre de muter non pas en autre chose, ni même en quelque chose, mais bien en un quelqu'un d'autre. Aussi limité que puisse être ce mot, sa mise en pratique ne fait qu'en dévoiler le contraire, tant les possibilités sont grandes, au point qu'une peau, que des traits, que des teintes, ne deviennent plus que de nouvelles occasions de s'amuser avec un nouveau soi, avec un nouvel autre, expression latente de souvenirs fugaces. Car, comme beaucoup de choses dans cet univers, je ne crée pas du vide, je crée à l'aide de reliques, d'images, de brides de chimères, que je transforme et dilate sous les impulsions de ces innombrables connexions, qui caractérisent cet esprit qui est le mien.

J'aperçois le contrôleur alors qu'il prend place à une table plus loin, mon signal. Il est temps pour moi de retourner auprès de l'être zéro, celui à qui j'ai dérobé cette apparence et l'instigateur de cette situation. Il a su faire naître en moi, ce désir de préservation, porté par une habitude discutable et enveloppé d'un amusement certain. Je commande un autre thé et délaisse le siège que j'occupais, me dirigeant vers la cabine d'un pas leste, dansant à chaque pas avec le chaos du train.

Je ne prends pas la peine de frapper, n'y trouvant aucune nécessité, m'engouffrant simplement dans le compartiment, dont je referme  étroitement les rideaux, avant de m'asseoir en face de mon aîné. Je récupère mes affaires qu'il me tend, les posant à mes côtés, avant de lui présenter le breuvage fumant, dont la délicate fragrance envahie déjà l'espace, laissant ses notes délicates chasser sans heurt l'odeur du cuir et cigare, sans doute laissé par les passagers précédents.

-« Je ne suis pas certain que vous le méritiez, mais tenez…Je vous prierais d'éviter une pirouette verbale en me certifiant que ce n'est pas votre parfum favori, la femme du comptoir, semblait largement renseignée sur vos habitudes gustatives… »

Je le laisse s'en saisir, avant d'appuyer mon dos contre le siège couleur sang, reprenant lentement mon apparence habituelle avec un léger soupir. Je n'ai pas répondu à cette question, qui n'est en réalité pas davantage une interrogation qu'une constatation. Il est devenu, évident avec ma petite démonstration que je suis plus qu'à l'aise avec ce genre de tours dénués de morale et puis, qu'aurais-je dû dire ? Avouez à l'une des figures d'autorité de Poudlard, que je me plais à me métamorphoser à tout va, pour aider mon Serpentard de demi-frère à faire des tours. Ou encore lui expliquer, comment j'ai appris tout ceci, raconter mon enfance, les exigences de ma mère profilées sous des décors de contes pour enfants, de princesse esseulée, de changement de sexe fictif. Non, je ne me voyais pas lui souffler de tels aveux, très peu le savent et cela doit rester ainsi. Être un monstre suffit largement, devenir un être pour lequel on se confond en pitié, ne m'intéresse guère.

-« Il y a toujours un revers, je le sais, mais quant à savoir si je suis pris au piège, qu'en savez-vous ? On peut être prisonnier d'une temporalité, d'un instant qui s'éternise, d'une situation. L'enfermement n'à rien avoir avec le lieu, mais bel et bien avec la limitation qui en résulte. Je confirme que ce que vous avez fait était inconsidéré ou peut-être l'était-elle au contraire. Ce qui m'amène à poser cette question. Pourquoi faire une telle action, je doute que cela soit pour m'apprendre quelque chose professeur…ni même que cela soit une simple erreur. Dite m'en plus. »

Mon regard brille de malice, d'amusement. Je suis bien entendu toujours accablé par la façon dont cette situation m'a échappée, par le peu de résistance que j'ai opposé. Cette main qui c'est posé sur mon torse, qui m'a poussé dans ce train, comme une invitation silencieuse à un quelque chose. La liberté n'avait rien avoir là-dedans ou alors l'avait-elle au contraire ? Attendant de me montrer son étendue, cruelle et belle, me tendant des bras que je me bornais à ne pas vouloir constater. J' hoche négativement la tête à son discours, laissant mon regard glisser vers l'extérieur, alors que mes cheveux blonds arbore de légers reflets bleuté, bleu pour le rêve, blond pour les souvenirs, blanc pour le vide. Jouant avec cet avion qui était venu se poser sur mes genoux, comme mu par le désir de me rejoindre. Je l'effleure du bout de mon index ganté, laissant ma voix aux accents italiens s'échapper de mes lèvres pulpeuses, mes mèches multicolores barrant mes yeux couleur acier.

-« Libre vous dites ? Qu'importe le nombre de fois que l'on me le répète cette phrase n'atteint pas mon âme. Vous parlez de barrières matérielles. Je pourrais m'échapper je le sais, dans mon esprit, dans mes souvenirs, si la liberté n'est qu'un concept, alors oui je suis libre de mes actions et d'en assumer les conséquences, je suis libre de m'évader par toutes les voies possibles et inimaginables. Si je suis votre résonnement jusqu'au bout, je pourrais tenter de braver l'interdit, tenter de toutes les fibres de mon être de me transplaner dans Poudlard et risquer de me désintégrer ou encore sauter de ce train en marche, simplement parce que j'estimais que ma liberté me permettait de le faire. Mais alors, qu'est-ce que je tirerais de tout cela ? Je ne pourrais ni m'en féliciter, ni m'en fustiger et tout ce qui restera de cette « liberté » ne sera guère plus que des conséquences à assumer pour les autres. Je ne ferai que rajouter sur les épaules de ceux qui me sont chers, le poids d'une faute qui est mienne. Je ne suis pas toxique à ce point. »

Je n'ai pu m'empêcher de lui adresser cette pique à la fin de mon monologue, comme une façon de l'accuser d'égoïsme. Mon regard se pose sur sa main bardée de cicatrice et il s'éveille, chassant le trouble causé par mes pensées orientées sur une liberté hors d'atteinte. Je découvre une chose magnifique sur cet être que je pensais fade,  qui c'est décidé en ce jour de me prouver le contraire. Moi qui l'avais toujours pris pour une statue dénuée de vie, pour une vulgaire reproduction d'un autre sang-pur moulé dans les mêmes lingotières, composé de la même matière, exempt de particularités. Je découvrais une statue façonnée par une main de maître, avec des imperfections, des marques de vies, de tumultes. Pour moi, il n'y avait rien de plus beau qu'un être imparfait, qu'une œuvre avec des défauts, car peu importait le temps que l'on passerait à  vouloir les reproduire, cela serait impossible. Jamais on obtiendrait le même contraste, la même beauté. Cela le rendait d'autant plus fascinant et unique et je crevais de l'avouer. Mes yeux devaient briller de beaucoup trop d'intérêt à présent, arborant une chaude couleur or, avant que je ne les détourne à sa question. Je ne devais pas sauter en conclusion, le professeur Malfoy, demeurait le professeur Malfoy, n'est-ce pas ?

C'était une question judicieuse, que comptais-je faire ? Il y a quelques minutes je ne me serais même pas posé la question, il aurait été évident que rentrer à Poudlard aurait été la meilleure option. En prenant un autre train, j'aurais même pu être rentré pour le dîner et évité des ennuis. Oui, c'était la meilleure solution.

-« Je reste avec vous, vous disiez qu'il y avait des choses à voir. J'ai hâte de vous prouver que vous avez tord, que je n'apprendrais rien de nouveau, mais je vous laisse le bénéfice du doute. Voyons si vous êtes un aussi bon professeur que tous semble le croire. »

Cette main m'avait donné envie d'en savoir plus à son sujet, hors de ces murs de pierres, hors de cette routine que j'avais établie pour le faire bouger. Tout comme notre discussion précédente, ma phrase avait un revers, une autre signification, en avais-je seulement conscience ?

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points à ma maison et j'ai rendu : 719 devoirs depuis ma répartition, le : 20/06/2015


MessageSujet: Re: Tangled In The Great Escape (P.V. Abel)   Mer 29 Juil - 10:48

Je ne lève que les yeux derrière mes lunettes pour te regarder. Je prends le gobelet de thé du bout des doigts. Le parfum me calme, et je commence à me dire qu’il est temps que j’arrête de faire du charme à l’hôtesse.

« Merci. »

J’en prends une gorgée et le pose calmement sur le rebord, observant derrière mes cheveux blonds le talentueux useur du verbe. La transformation me fascine. Me rassure. Ou m’effraie ? Qui es-tu vraiment ? A qui as-tu volé ce visage ? Ta chevelure raconte des histoires. Tes yeux aussi. Je me replonge dans mes affaires. Je ne devrais pas autant jouer. Pas autant compter sur toi. Mais C’est irrésistible, si tu me parles comme ça.

T’en dire plus. Comment le pourrais-je ? Je ne peux pas m’expliquer en mots ce que j’ai fait. Je sais, au fond, pourquoi. Mais la raison est trop simple pour te satisfaire, ou même t’impressionner. Simple, et impossible à résumer en quelques mots. Je t’écoute comme une berceuse qui garde mon cerveau éveillé, qui mène jusqu’au bout le résonnement, me faisant admirer l’esprit dont tu fais preuve, pour un jeune homme de ta génération. Une berceuse qui pique un peu sur la fin. Sans sourire, tu m’arraches un souffle de rire. Toxique donc. C’est bien la première fois qu’on me dit que je suis toxique.

Non, à bien y réfléchir… On a dû me le dire. Mais c’étaient de la part d’amants.

Je range quelques feuillets entre les pages du dossier Brenton. Et en posant la chemise de côté, je sors un parchemin et un stylo plume de moldu. Je trace des lignes, de ma main gantée. Celle qui semble encore brûler tiens le papier contre le plat des feuilles entassées.


« Je vais passer par le ministère. Tu peux m’accompagner, ou bien trainer un peu. Et si tu en as assez, tu peux aller à cette adresse. Ce n’est pas très loin de Kingston, et pas bien loin de l’accès aux bureaux du ministère. »


J’aimerais pouvoir te répondre plus localement, intelligemment, justement. Mais ce que je sais de la liberté et du devoir ne s’enseigne pas avec des mots. Et j’ignore si c’est utile de te l’enseigner, à toi spécifiquement. Est-ce simplement tombé sur toi ?

Orion Zabini. Futur médicomage. Comme Elles. Je ferme les paupières pour chasser leurs images qui se superposent. Sortilèges. Arithmancie. Un élève qui me ressemble, ou plutôt à qui je ressemble bien plus que je veux me l’avouer. Un élève curieux, curieux comme un enfant, et comme une bête. Intelligent. Rationnel. Et pas tant. Dans tout son être, il y avait le germe de la folie, une folie joyeuse qui ne bourgeonne pas encore tout à fait. Le genre de personne dont la réputation le précède. Le genre de jeune homme qui ne se mélange pas sans faire de remous.

Toujours à chercher la Terre dans le Ciel. Je n’aurais jamais osé, à son âge, le montrer. Et je n’étais, ni ne suis, pas aussi intelligent qu’il l’est. Je ne suis pas naturellement doué. Tout ce que j’ai, je me suis fait mal pour l’avoir. La logique, les connaissances. A ton âge je ne songeais qu’à être « parfait ». Je ne songeais qu’à être à la hauteur des espérances de ma famille, et de celles de mes amis. J’étais un funambule, entre mes angoisses, les attentes de ceux qui voulaient profiter de leur jeunesse à mes côté, et les ordres silencieux qui feraient de moi un puissant sorcier.

Je ne voulais qu’être le meilleur, à ton âge.

J’ai cherché à l’être, et j’ai étouffé toutes les questions. Mais toi, tu n’es pas comme ça. Toi, tant qu’une question t’obsèderas, tu iras, je le sais parce qu’on me l’a dit, je le sais parce que je le sens dans tes yeux qui brillent comme de l’or. Auras-tu une réponse, pour moi que ne peux plus penser, qui ne peux plus rêver ? C’était un hasard, je ne t’ai pas choisi, et tu ne l’as pas voulu. Mais c’est bien tombé, alors j’ai poussé, comme on pousse une porte.

Je cherchais des réponses, à travers toi. Parce que les doutes s’installent en moi. Combien de temps tiendrais-je, à ériger des barrières à ms désirs et à ma destinée ? A lever des barrières à ma liberté ? Je sais que je suis libre. Mais tu m’as répondu ce que je savais déjà. La liberté, c’est aussi choisir de ne pas s’écraser et mourir bêtement. C’est choisir le bonheur. Pour l’avenir, pour les tiens. Si toi-même tu le sais, Zabini Orion, alors pourquoi, moi qui a ton âge est arrivé à la même conclusion que toi, suis-je en train de douter, d’étioler cette certitude ?

Je suis dans un train en marche. Ce Train se nomme Sang. Et pour le sang, je resterais à l’intérieur du train, et prendrai mon mal en patience jusqu’à l’arrivée. Je continuerai à étudier, à préparer mon arrivée, tant que je serais à l’intérieur du train. Pour que l’arrivée soit grandeur. Pour que l’arrivée soit Telle que je l’attends. Ma destination est choisie, et je veux y arriver. Mais mon train est sans escale, et j’ai déjà trop tendu les bras vers les autres villes alors que le train roule à pleine vitesse. Je vais y perdre mes bras. Mais qu’importe.

Je veux être ailleurs. Ailleurs que dans ce train. Mais ce qui compte, ce n’est pas le train. C’est la destination. Alors patience.

Tu l’as dit, Orion. Nous sommes libres. Mais pas stupides.

Je tends le morceau de parchemin une fois la petite carte achevée. Ce n’est pas un secteur sorcier, mais qu’importe. À l’époque, je ne tenais pas spécialement à rester avec les sorciers nuit et jours.


« Je ne vais rien t’apprendre. Tu vas apprendre seul. Et tu n’apprendras que ce que tu voudras bien admettre. »

Et une fois que tu tiens le papier entre tes mains, je mets une main dans ma poche de manteau et te lance un modeste carillon dissonant dans les mains.

Mes clés d’appartements.


« Maintenant, c’est toi qui as ma liberté. »
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MessageSujet: Re: Tangled In The Great Escape (P.V. Abel)   Lun 10 Aoû - 18:06





Orion T. Zabini - Abel T. Malfoy
“Let's Roll the Dice ”

Un rire aussi léger qu'un soupir. Je ne m'attendais pas à plus, c'était curieux comme sensation. De celle qui vous saisit à la gorge, lorsqu'avec une réaction, vous réalisez l'importance que prends un élément que vous pensiez anodin. Lorsque vous remarquez que vous connaissez quelqu'un peut être un peu trop pour que cela soit banal, que cette personne que vous ne voyiez pas comme un individu, mais comme cellule de la masse, un humain de plus qui ne pouvait exister qu'au travers de ce tissu humanoïde, ce révèle une personnalité à part entière. Vous réalisez alors, que les hasards n'en étaient pas, vous vous découvrez une autre obsession, encore une autre a ajouté aux agitations maladives de votre esprit déjà instable. Lucidité.

Je le sais intelligent, capable de me mettre en déroute par les mots, pourtant il ne se défend pas contre ces derniers. Son attitude est comme une acceptation muette. Qui ne dit mot, consens, n'était-il pas ? Je devrais être fier de ma trouvaille, me sentir grandit d'avoir réussis à trouver une vérité sur cet être que j'ai affublé d'incompréhension, jusqu'à le transformer en mystère ambulant dans mes songes. Il parvient à me donner cette impression dépouillée, me plaçant dans cet état cathartique qui vous saisit lorsque emplis de certitude vous pensez avoir résolu un casse-tête, dernière pièce en paume, pour finalement réaliser que vous n'approchiez même pas la solution d'un iota. Frustration.

Il est compréhensible, mais pas prévisible. Il arrive toujours à me faire me questionner sur ses actions, comme si les gestes banals, les réactions naturelles, se trouvaient auréoler d'arcane. Peut-être est-ce se calme ou ces secrets, qui semblent danser autour de ses actions, quelque chose qui ne permet jamais de voir au-delà. Cela m'agace, j'ai une forte tendance à tout prévoir, les humains lambda sont si compréhensibles, un élément déclencheur engendre une réaction attendue, d'où son inhumanité.

Je l'écoute et le faussé se creuse de lui-même. L'adulte occupé, celui qui a le regard tourné vers l'avenir, l'esprit tourné vers l'intérieur, vers ses préoccupations. Cela me rappelle ma mère adoptive, l'exemple type de la femme occupée, fière, perfection dans le monde des affaires, mais toujours prompt aux excès et aux festivités. Je ne sais si c'est l'idéalisation ou alors mes idées qui se bousculent, mais elle a toujours représentée un équilibre aux antipodes des adultes qui gravitent autour de cette vie. J'aimerais être l'enfant sage qui perçoit dans cet ensemble de mot la différence, qui sent peser sur ses épaules le poids de son immaturité, quelque part inutile, pourtant, je n'y vois qu'une proposition axée, à peine voilée, de découvrir un univers. Le ministère, je l'ai déjà expérimenté, j'ai déjà vu les mages aux mines sévères qui le peuple, sous bien des coutures. Aimable lorsqu'il s'agit de personnes avec lesquels ils ont affaires, si faussement touchés quand cela concerne vos problèmes, tantôt marionnettes aux multiples visages ou Don Quichotte d'une justice encrassée. Alors, je me demande quel visage il pourrait avoir, quelle facette me révèlerait cette excursion. Et pourtant, je choisis à la place d'énuméré mes actions, comme si j'avais d'étrange compte à lui rendre. Curieux couple n'était-il pas ? Je m'égare.

-« Je traînerais comme vous dites… Je me dois de prévenir mon frère, il serait capable d'envoyer une équipe d'auror, si je ne me montre pas à la nuit tombée. De plus, je vois mal comment vous justifieriez ma présence, la discrétion est de mise, user de mon don au ministère serait une idée trop bancale et j'ai horreur des rumeurs professeur… »

De l'ironie cernée de logique. Il est si aisé de s'exprimer sans comprendre, si facile de donner des réponses extrêmes à des questionnements muets. Nous sommes trop atypiques pour ne pas attirer l'attention, trop opposés et similaire à la fois, pour ne pas éveiller l'esprit versatile des autres. Lui l'adulte, moi le presqu'homme, lui statue merveilleusement marquée, moi l'avatar fluctuant en permanence, oscillant sans arrêt entre mes émotions et le paraître. Ce sont ses réflexions qui firent naître en moi se désir violent, entêtant de décortiquer cette différence, de punaiser sur les parois de mon esprit chaque élément qui compose son être, afin de trouver pourquoi ma psyché lui tourne autour, comment une banale envie de défier une autorité c'est transformé en course au savoir, comme ruée à la découverte d'un autre. Un autre Malfoy qui plus est. Ce nom me semble beaucoup trop présents ces derniers temps.

De la droiture même dans les courbes, de l'élégance qui entoure même la plus banale des actions. N'auriez-vous pas pu vous contenter d'une écriture sauvage et sans âme, fallait-il que votre éducation ne transpire aussi de par calligraphie ? Je regarde les boucles parfaites, comme millimétrée d'un œil critique, il semble bien plus emprisonné dans ces convenances que je l'eus soupçonné. Mon regard s'attarde sur la signification de ces ensembles de syllabe et je fronce les sourcils. Je connais suffisamment Londres pour savoir qu'il ne s'agit certes pas d'un lieu magique, la chose m'intrigue. J'avais la certitude que ces chaînes ne lui permettaient de s'éloigner de ce que ces ancêtres, tout comme les miens, voulaient tant préserver. Outre la pureté magique, l'éloignement supposé essentiel avec la populace moldu, était comme une évidence pour ses esprits assez "sains" pour prôner la consanguinité, dans les cas les plus extrêmes. Jamais dans mes plus folles élucubrations à son sujet, je n'aurais pensé cela de lui, une autre certitude qui s'effondre, ne laissant place qu'au doute, une nouvelle envie d'en savoir plus.

Je choisis une nouvelle fois le silence à sa négation, me contentant de lever mon regard aux nuances d'or et d'argent vers sa personne, un petit sourire amusé, presque suffisant ourlant mes lèvres. Il exprime cette charmante ignorance nouée dans sa phrase tout entière et ce que j'aimerais lui dire en retour. Je pourrais m'étendre longuement, afin de lui détailler à quel point il se trompe, je pourrais lui dire qu'avec ses mots, son attitude, ses actions, j'ai déjà beaucoup appris, beaucoup trop pour que je ne le replace au rang placide de simple professeur. Car dans cette curieuse entrevue, je doute d'obtenir plus de réponse que de questions, mais une chose est certaine à présent, je n'en sortirais pas indemne et mes préjugés non plus. Pourtant, je ne compte pas m'arrêter là, je ne suis pas quelqu'un d'égoïste, pas toujours, dans tous les cas,  je compte bien vous entacher de cette journée vous aussi. Mon regard exprime bien plus que je ne voudrais en sa présence.

Sa liberté au creux de ma paume est froide, si matérielle et substantielle, comparée à la mienne. Je la laisse glisser entre mes doigts gantés au cuir léger, laissant sourire s'agrandir légèrement, mes yeux briller d'un amusement non feint.

-« Vous semblez avoir tout comme moi la mauvaise manie de laisser votre liberté tomber entre des mains bien curieuses professeur Malfoy. »

J'observe le trousseau nu quelques instants, tentant de deviner l'usage de chacune des clefs qui le compose, mes cheveux se nuançant d'une légère teinte azur étouffant le blond, comme à chaque fois que mes chimères reprennent le dessus. J'avais toujours appris à apprécier les choses les plus anodines en étant enfant, déformation dût au manque d'attention réel, je suppose. Ainsi, en arrivant chez les Zabinis, lorsque Ollia m'avait offert pour la première fois mes propres clefs, j'avais tout de suite été fasciné. Cela peut paraître dérisoire d'accorder de l'importance à un objet si primaire, pourtant n'était-il la représentation la plus crue d'un foyer ? Si l'on voit au-delà de leur principale fonction, elles gagnent vite le statut de gardienne d'une part de soit, de son intimité, de ce lieu qui nous permet de nous isoler de l'extérieur, d'être nous en quelque sorte. Je n'avais jamais eu le loisir d'être « moi » chez mes parents de sang, je ne savais même pas qui j'étais, je devenais tantôt un avatar, quelque chose que l'on pouvait modifier, selon ses désirs, le fruit d'une création qui se renouvelait en permanence. Alors, ces premières clefs, ce havre que l'on m'avait offert, je l'avais affublé de milles et un artifice. Ainsi, chaque clef avaient une couleur et des objets les entouraient, alourdissant l'un de mes biens les plus précieux. Je l'ai sortis de ma poche, je ne m'en séparais jamais, décrochant l'un de mes porte-clefs, m'apprêtant à le nouer au trousseau de l'adulte en face de moi, avant de me raviser. Ce n'était pas à moi de vêtir cette représentation intime. Un dé tournant à l'infini sur n'importe quelle surface, qui ne s'arrêtait que par magie, changeant de couleur de façon étrange, le vendeur avait certifié qu'il lisait les émotions, cela m'avait amusé. Les lueurs du jour qui se meurt, vinrent se heurter à sa surface grêlée de trous sombres, alors que je la lui présentais.

-« Avez-vous déjà joué professeur, à l'un de ces jeux impliquant le hasard ? Ne sont-ils pas fascinant dans l'infinité de possibilités qu'ils offrent ? Ils peuvent causer votre fortune ou votre bonheur, juste avec l'impulsion de votre désir le plus profond. »

Je n'expliquais pas mon geste. Un nouveau silence.

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