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 We cannot help everybody, but everybody can help someone ☼ PV Abel & Hannah

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MessageSujet: We cannot help everybody, but everybody can help someone ☼ PV Abel & Hannah   Dim 26 Juil - 22:04



We cannot help everybody, but everybody can help someone
PV Abel & Hannah
Allongée sur mon lit dans mon dortoir, un livre que je tenais à bout de bras au dessus de moi, j'essayais en vain de comprendre la significations des mots qui s'étalaient sur le papier jauni du vieux bouquin. Mon père m'avait envoyé ce dernier dans la journée, et m'avait précisé dans une lettre qui l'accompagnait qu'il n'y comprenait absolument rien et qu'il voulait mon aide, moi qui avait étudié les Runes depuis ma troisième année à Poudlard. J'avoue que je n'avais jamais été vraiment assidue dans cette matière, que je m'étais souvent endormie ou assoupie pendant ce cours auquel je ne comprennais absolument rien, malgré les compétences du prof. Je ne pouvais cependant pas me permettre de renvoyer le livre à mon père en lui disant tout cela, en lui disant que je ne pouvais rien faire pour lui. Je ne voulais pas le décevoir, il pensait encore et toujours que j'étais une petite élève modèle qui ne faisait aucun écart en cours et dans la vie en général.


J'avais quand même hésité longtemps avant de me diriger vers la tour Nord du château, celle où se situaient tous les appartements des profs et du personnel du château en général. J'étais quelque peu honteuse de ce que j'allais faire, et j'étais également presque sûre que je ne serai pas forcément bien reçue par le prof, ce qui était tout à fait légitime, mais je frappais à la porte avec une certaine fermeté et détermination. A peine quelques secondes plus tard, la porte s'ouvrait sur le prof d'étude des Runes, Mr Malfoy. Mon bouquin à la main, je lui désignais d'un regard.

Bonjour monsieur, je suis désolée de vous déranger, je voulais savoir si vous pouviez m'aider à traduire ce livre de Runes...  
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MessageSujet: Re: We cannot help everybody, but everybody can help someone ☼ PV Abel & Hannah   Mar 28 Juil - 20:13

La porte s’ouvre.

Chemise blanche ouverte, les cheveux blonds humides. Un visage trop blanc. Le regard brillant d’un quelque chose d’indicible. Qui scrute, de bas en haut. Moment de réflexion. Fixe.

Hanna… Wilson… Serdaigle… Cours de Rune… Elève… Globalement sérieuse… Mais pas tant…

Les yeux cernés ont l’air peu avenant. Le cou posé sur le chambranle de la porte, le la main sur la poignée. Autant réveiller quelqu’un en plein milieu d’un bad trip.

Bonjour monsieur, mh, déranger, excusez, ça parle… Traduire. Rune. Livre de Rune. Oh.

Le professeur, à moins que ce ne soit un junky, regarde le livre et semble en mesurer l’épaisseur. Un moment de silence. Un long, moment de silence.


« En entier ? »

Il fixe, les yeux ailleurs. Puis il ouvre grand la porte et se redresse, repartant à l’intérieur.

La chambre est simple. Pas plus grande qu’une chambre de dortoir d’élève. Peut-être même plus petit que ça. Il y a un pupitre de bureau sous la fenêtre, couverte de paperasse. Le lit à baldaquin, si grand qu’on pourrait se coucher à trois dedans, est complètement défait, et la moquette est mouillée à certains endroits. Le professeur tire vite fait un coin de couette d’une main vers le coin, puis tire sur les cordons qui retiennent les rideaux. Ils se referment, et le professeur tend la chaise de bureau à la jeune femme en tendant la main pour avoir l’ouvrage.


« Pays. Période. Pour quoi faire. »


Une fois l’ouvrage en main, il se mets sur un rebord de fenêtre en pierre et commence à lire dos à la pénombre de la nuit, sans un bruit. À lire très vite. Les pages se tournent. Comme si il lisait de l’anglais. Plus vite que si il lisait de l’anglais.


« Est-ce urgent ? »

Mauvais jour. Ou mauvaise nuit ? Le visage blême et concentré traduit des signes évidents de fatigue. On est bien loin de l’homme qui se tient si droit dans les couloirs. Le blond lui tombe sur les yeux. Il se frotte les yeux et tend la main vers Hannah sans la regarder.

« Lunettes. Dans le deuxième tiroir à gauche. »
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MessageSujet: Re: We cannot help everybody, but everybody can help someone ☼ PV Abel & Hannah   Mar 28 Juil - 20:55



We cannot help everybody, but everybody can help someone
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Je crois que le prof de Runes a été, est et restera le prof le plus étrange et parfois difficile à cerner que j'ai rencontré, mais c'est aussi ça qui me permettait de l'apprécier. Trop de banalité dans la personnalité de quelqu'un pouvait vite, très vite m'agacer, et encore plus chez un adulte.La porte s'ouvrit sur le professeur, chemise ouverte, visage fatigué. Il mit un moment à comprendre ma demande, puis une lueur d'inquiétude passa dans ses yeux en voyant la taille du bouquin.

En entier ?


Il me laissa entrer dans sa chambre plutôt en bordel, chose qui ne me gênais pas le moins du monde mais que je trouvais quand même quelque peu dérangeante dans la chambre d'un prof que je respectait autant. Il me tendit une chaise, et prit le bouquin avant de s'asseoir sur le rebord de la fenêtre. Il commença à tourner les pages à une allure impressionnante. J'avais toujours admiré les gens qui avaient un talent qu'il me semblait tout à fait invraisemblable d'avoir un jour. Il s'arrêta en pleine lecture, me coupant dans ma contemplation.

Lunettes. Dans le deuxième tiroir à gauche.


Je me levais, cherchait un instant le pupitre des yeux et me dirigeais vers celui-ci. J'ouvrais le tiroir que le prof m'avait conseillé. Au milieu de plusieurs livres et papiers dont je ne voulais même pas connaître le contenu, puisqu'il s'agissait sûrement de Runes, encore une fois, je trouvais les lunettes et les ramenaient au jeune homme quelques secondes plus tard. Encore une fois j'avais toujours eu et avait encore du mal à me rendre compte que les profs avaient une vie et un comportement totalement distinct en cours et dans leur vie privée. C'était pourtant logique. Je baissais les yeux sur le bouquin ouvert sur les genoux du prof puis relevais le regard vers ce dernier qui mettait ses lunettes.

Je suppose qu'il veut la traduction de l'intégralité du livre... C'est pour mon père ! précisais-je en m'apercevant que Mr Malfoy ne savait pas qui était ce 'il'. Il n'y a rien d'urgent, prenez votre temps, je lui dirais que j'ai eu un peu de mal.


Je parlais de la situation comme si c'était tout à fait normal que je fasse faire mon propre boulot par mon prof. Je crois que dans ma tête, ça l'était un peu, j'étais déjà trop fatiguée pour distinguer correctement le bien du mal. Et je n'étais apparemment pas la seule à être fatiguée. Je rassemblais en un chignon mes cheveux qui m'encombraient toujours dans la soirée, et jetais un regard plus approfondit à la chambre du prof. C'était petit, mais sûrement assez grand pour lui. Un grand lit à baldaquin tenait une grande partie de la pièce, rien de bien exceptionnel ou magnifique, mais l'ensemble restait joli.

Votre chambre est cool, pas comme je l'avais imaginée, mais est... charmante ?
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MessageSujet: Re: We cannot help everybody, but everybody can help someone ☼ PV Abel & Hannah   Mer 29 Juil - 9:48

Je n’ai le temps de lire que deux lignes avant de redresser la tête. Je la regarde s’extasier devant ma chambre comme les petits vieux s’impressionnent du beau et du mauvais temps. Je laisse passer un très long silence, avant d’ouvrir enfin la bouche.

« Wilson. »

J’attends qu’elle se retourne. Et je plante mon regard, un peu plus habituel, dans le sien. Et peut-être un peu plus oppressant ? Je ne sais pas. Et je m’en fiche, à cette heure de la nuit. Pas que je dormais, mais quand même.

« Tu penses sincèrement que tu vas te contenter de tendre une traduction écrite par ton professeur à ton père sans rattraper ton retard dans mon cours ? »

On me l’avait jamais faîtes celle-là. Mais c’était sans doute ma réputation de bonne poire qui me précédait. J’expire. Du calme. Je reprends ma lecture.

« Tu sais encore lire ou déduire une date. C’est votre premier cours. Dis-moi au moins ce que je suis en train de lire, où je te fais rester après les cours quatre soirs par semaine pour te le faire traduire, ce bouquin. »

Je continue à lire. Ce n’est pas très compliqué. Certaines variantes de style d’un passage à un autre. Différents auteurs. Différentes périodes. Recueil. Informations sur l’histoire. Les légendes anciennes… Les rites.

En langue ancienne. C’est certainement ça qui la brouille.

Quatre jours et nuit… Non, trois. En comptant les dossiers du ministère qu’il devait finir de d’analyser et d’annoter…


« Cinq jours. »

Les pages se tournent. Encore. Je me relève et pose l’ouvrage sur mon bureau.

« Tu devrais être  capable de repérer les entrées et fins de chapitres. Qu’est-ce que tu as compris, et pourquoi ton père voudrait d’une chose pareille ? » Une main dans la poche, je traverse la pièce pour aller me chercher dans gants dans ma table de chevets. Ça m’embêterait qu’elle fixe les cicatrices. « Quand tu demandes service à quelqu’un, tu dis s’il te plait, au moins. Si tu veux faire semblant d’un minimum d’éducation, tu proposes au moins de rendre service à ton obligé, quand bien même il le refusera. » J’enfile mes gants, complètement hors propos avec ma chemise ouverte sur un corps qui a connu des jours meilleurs. « Que ce soit un ami, un autre élève, un professeur, un inconnu. »

Je m’étire doigts croises et bras en l’air. Je fixe avec impassibilité le bouquin. Je me demande. Est-ce utile d’invoquer un Dieu des Mots ? Ne serais-je pas plus épuisé en faisant cela qu’en recopiant moi-même la traduction sur du parchemin ? Cela prendra trois jours et trois nuits… Mais je n’aurais qu’a dormir avec l’épuisement bienvenu après. En revanche, un Démon pour traduire des textes aussi simple… Démesurément épuisant pour rien. A la main. Faisons tout à la plume. Ce ne sera pas plus difficile.

« Tu connais le sort pour copier un objet à l’identique ? »

Je le connais. Mais je ne peux pas prendre ma baguette en main. Et tracer une rune prendrait trop de temps inutile.

« Tu as le droit de venir me voir autant que tu le souhaite et de me poser toutes les questions que tu veux. Si tu fini de traduire avant moi, même imparfaite, je t’ajoute une note maximale sur ta moyenne de l’an dernier. »

C’était peut-être ma seule chance de lui faire gagner de l’intérêt dans ma matière. Je savais que c’était gâcher de l’esprit que de la laisser se contenter du minimum.

« J’ai d’autres travaux avant de pouvoir m’y consacrer. Profite-en. »

Je ferme le bouquin d’un geste d’humeur et retire mes lunettes en expirant. Je retourne vers la fenêtre. Les bonnes manières, la tenue, le calme, les politesses. C’est tout ce qui me garde droit, comme un corset, pour ne pas m’effondrer. Peu à peu je redeviens moi-même. Peu à peu le cauchemar s’estompe, l’absence se dilue, la douleur passe. Mes pleurs deviennent une rivière sèche. Mon état de souffrance reflux. Le vide qui porte le nom de Caïn se remet dans une petite case de ma tête, bien à l’abri.

Et je le dois à Hannah Wilson qui me sonne comme un archiviste en plein milieu d’une nuit d’été. J’expire. Pose mes lunettes sur la pierre froide.


« Quelque chose de plus mademoiselle. »

Je ne fais pas attention à mon attitude, mon apparence. Je n’en ai pas la force. Je devrais pourtant rougir de ma tenue indécente et misérable. Ou du moins prendre conscience que cela peut perturber, éventuellement, une adolescente. Elle ne devrait pas trouver ça normal, d’être dans la chambre d’un homme, seule à seul, à une heure impossible, alors qu’il est à peine habillé. Mais présentement je m’en contre fous. Je n’ai rien à me reprocher, et à mon grand soulagement, je n’ai aucun désir pour elle, ni aucune fille de son âge.

J’aimerais pouvoir rêver à une femme comme Emeraude. Mais deux autres visages me viennent en tête. Et c’est peut-être ça qui me ronge le plus.

Je dois sortir. Je dois m’épuiser. Travailler. M’effondrer. Je ne peux pas laisser l’absence me ronger et me tuer. Je ne peux pas laisser le vide avaler mes entrailles. Je ne peux pas me laisser sauver par une gamine de 17 ans.

Est-ce que… Je voulais sombrer, cette nuit ?

Je passe une main gantée dans mes cheveux mouillés. Les goutent perlent et se perdent, passent entres les mailles de tissus blanc pour l’assombrir. J’expire. Il faut vivre avec. Comme on l’a toujours fait. Vivre avec. Demain. Non. Cette nuit. Je vais tout faire pour m’endormir. D’un sommeil profond et sans rêves. Je vais combler l’absence. Le goût de la peau d’un autre comme de l’absinthe.

L’œil tremblant, je fixe le noir au-delà de ma fenêtre. Je sais qu’il n’y a rien. Mais c’est encore mieux qu’il n’y ait rien L’horizon me rendrait malade. Je tourne à peine les yeux. Dans le reflets, Wilson est encore là.
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MessageSujet: Re: We cannot help everybody, but everybody can help someone ☼ PV Abel & Hannah   Mer 29 Juil - 21:59



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Wilson. Tu penses sincèrement que tu vas te contenter de tendre une traduction écrite par ton professeur à ton père sans rattraper ton retard dans mon cours ?

C’était pas comme ça que ça marchait ? Mon père n’y verrait rien, je n’aurai contribué qu’à l’amélioration ou à l’entretient du niveau du prof et de mon côté, je n’aurais pas perdu du temps sur un truc que je ne comprends pas. Et le retard… c’était pas vraiment du retard sachant que je n’avais jamais commencé à m’y intéresser, je ne voyais pas non plus l’utilité de commencer maintenant, mais le prof était fatigué et paraissait plutôt très sérieux. Soit, je me la fermais pour le moment et je regarder feuilleter une nouvelle fois le livre.

Tu sais encore lire ou déduire une date. C’est votre premier cours. Dis-moi au moins ce que je suis en train de lire, où je te fais rester après les cours quatre soirs par semaine pour te le faire traduire, ce bouquin.


Est-ce que j’avais l’autorisation de répondre non ? J’avais du savoir le faire, sûrement, à une époque, mais j’avoue que là, tout de suite maintenant, non, j’en étais incapable. Je ne culpabilisais pas pour autant. Il lisait ça avant tant de facilité qu’il ne se rendait sûrement pas compte qu’on n’était pas tous capable de faire comme lui. Il pourrait me garder pendant des heures et des journées entières après les cours, je ne serai sûrement toujours pas capable de lui sortir ne serait-ce que la traduction d’une phrase de ce bouquin, et je n’en avais d’ailleurs pas envie.

Cinq jours. Tu devrais être  capable de repérer les entrées et fins de chapitres. Qu’est-ce que tu as compris, et pourquoi ton père voudrait d’une chose pareille ? Quand tu demandes service à quelqu’un, tu dis s’il te plait, au moins. Si tu veux faire semblant d’un minimum d’éducation, tu proposes au moins de rendre service à ton obligé, quand bien même il le refusera. Que ce soit un ami, un autre élève, un professeur, un inconnu.


C’était quoi ça ? Un défi ? Si c’était le cas, je ne souhaiter en aucun cas le relever, j’étais nulle à ce genre de jeux. Il ne comprenait décidément pas que je ne savais rien, absolument rien en terme de Runes et que ça me convenait parfaitement. Pour ce qui est du « s’il vous plait », je ne lui avais pas non plus demandé la lune et sa manière de me parler, sa facilité dans cette langue qui était pour moi équivalente à du chinois m’énervait. Je n’étais qu’une élève parmi tant d’autres, ses critères de conduite qu’il exigeait chez une personne étaient agaçants. Il me  demanda si je connaissais un sort, oui je  le connaissais, mais je ne comptais pas m’en servir.

Tu as le droit de venir me voir autant que tu le souhaite et de me poser toutes les questions que tu veux. Si tu fini de traduire avant moi, même imparfaite, je t’ajoute une note maximale sur ta moyenne de l’an dernier. J’ai d’autres travaux avant de pouvoir m’y consacrer. Profite-en.


J’observais simplement la scène pour l’instant, sans ouvrir une seule fois la bouche pour rétorquer, non pas que je n’en avais pas envie, mais mon habitude était d’abord d’observer et d’écouter, ensuite de me défendre. Le prof faisait des va et vient dans la pièce, il était allé enfiler des gants pour une raison que j’ignorais, puis était retourné vers la fenêtre ôtant les lunettes de ses yeux. Il avait refermé le bouquin et ce n’est qu’à partir du moment où il m’adressa un « Quelque chose de plus mademoiselle. » que je sentais qu’il en avait peut-être enfin fini avec le livre.

Que les choses soient claires monsieur, commençais-je en me levant de la chaise, je n’y connais rien en Runes, absolument rien, ni du premier ni du dernier cours. Si je vous ai demandé votre aide, c’est parce que j’en ai besoin, je ne crois pas vous avoir demandé la lune non plus. Si vous ne voulez pas le faire, dites  le simplement, n’essayez pas de m’acheter avec des bonnes notes ou je ne sais quoi. Je suis peut-être discrète mais pas naïve et encore moi achetable avec des notes dont je n'ai pas besoin.


J’étais calme, plus que jamais. Mon ton n’était pas menaçant, ni même méchant, mes mots étaient réfléchis et posés. Je ne donnais aucune justification pour le ‘s’il vous plait’ manquant, je pense que mon ton à mon arrivait traduisait largement ce ‘s’il vous plait’. Je ne reprenais pas le livre mais remettait la chaise à sa place, avant de me diriger vers la porte.

Bonne soirée monsieur.
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MessageSujet: Re: We cannot help everybody, but everybody can help someone ☼ PV Abel & Hannah   Sam 1 Aoû - 13:44

Je retiens un très grand soupir de lassitude, je tends le bras, et attrape la gamine par le col pour la tirer derrière moi. Je me dirige vers ma table de chevet et frappe un peu plus violemment que voulu un des cercles de runes qui y est grave. Des inscriptions brillent comme un courant de ligne électrique en rampant sur les murs et se dirigent vers la porte qui claquent avant qu'on entendent le loquet de verouiller de lui-même.

Je ne suis vraiment pas doué en éducation. Mais ça, je ne peux décemment pas le laisser passer.

"Je ne vais pas te demander d'excuses pour ce que tu viens de dire et faire."

Je reboutonne en vitesse deux boutons de chemise et passe une main dans mes cheveux qui tirent vers l'arrière. Mon regard cerné est plus dur que jamais il ne l'a été en cours. Et on pourrait presque ressentir le froid qui émane de moi et qui rampe dans la pièce. Pour la simple et bonne raison que c'est le cas. Je ne devrais pas. Je devrais garder la magie sous contrôle. Je devrais ne m'en servir qu'avec ma baguette. Mais je n'ai plus de baguette, et mes émotions et mon environnement sont en ce moment en symbiose.

Comme la magie d'un enfant.

Je me retourne et croise les bras. Fixe bien au fond de tes yeux. J'émanne d'une fureur froide dont tu n'es qu'en partie responsable. J'émanne de cet instinct qu'on m'a inculqué depuis l'enfance et que j'ai renoncé à faire usage en dehors de sur nos elfes de maisons.

L'autorité naturelle. Le mépris. Rappeler qui sont les geants et qui sont les insectes. Ce qui fait ressentir sans un geste que si nous le désirions vraiment, celui qui nous doit quelque chose serait mort.

Mort. Vite. Violemment. Mort, tout simplement.

Mort physiquement ou socialement. C'est facile, très facile, de tuer. Mais ce qui est moins facile et que tous les sangs-purs savent faire, c'est tuer sans toucher. Tuer socialement.

Faire renvoyer une élève, un collègue ? Pour le commun des mortels, cela relève de l'astuce et de l'effort stratégique. Pour Nous, ce n'est que du pouvoir. Je n'en suis ni fier, ni honteux. J'ai grandi comme ça. J'ai grandi à Serpentard, ou tous les coups sont permis, où l'entraide entre les nôtres sont l'essentiel de notre existence. Couvrir les siens. Balayer les obstacles. Devenir plus fort, ensemble. Nous sommes un nid de vipère, et tu es un oisillon. Nous sommes le meilleur de la sorcellerie que nous ont laissé nos ancêtres, et nous sommes l'avenir de ce monde.

Cela ne me choque ni ne me berce. C'est un fait. J'ai accepté d'être professeur pour t'aider à t'élever à ce standard. Pas pour que tu me montes dessus comme un cloporte.

J'ai trop peu de protections, trop peu de conditions pour me rappeler ce pourquoi je me l'interdit. Cette gamine me fait présentement horreur. Cette gamine, c'est un sang-mêlé qui ne connaît pas sa chance d'être à Poulard sans avoir à prouver qu'elle n'est pas avec 'eux', sans avoir à prouver ses origines. Cette gamine est une élève insolente qui manque de respect à un professeur, une cadette qui manque de respect à un aîné.

C'est ma fiancée qui cherche à me détruire. C'est l'ensemble de cette génération pourrie qui ne comprend rien au devoir. C'est ceux qui ignorent le rite, les règles,  le savoir-être.

Ceux qui mériteraient d'avoir un peu mal pour comprendre leur égoïsme toxique.

Mes vitres gèlent. Je ne lâchent pas ton regard, jeune fille écoeurante de manque de considération. Soit bien contente que je te considère. Même si c'est dans l'éventualité de t'étrangler.

Petite sotte. Tu n'as vraiment pas choisi ton jour pour faire l'idiote.

"Demande poliment. Très, poliment."

Mes yeux te dominent. Tu es à Poudlard. Tu es élève, même quand tu dors. Je suis professeur, même dans cette chambre. C'est ma chambre. Et elle est verrouillée. Il n'y a pas de clé. Ce sont les runes qui bloquent les mécanismes. Tu pourrais faire un alohobora que ça ne changerai rien. Ce n'est pas ma volonté seule qui maintient ce loquet. C'est une invocation. La serrure n'a nulle besoin d'être complexe. C'est quelque chose qui a cent fois la force de deux hommes qui garde une clé invisible dans le bon sens. Celui où toi, petite imbécile, est enfermée ici avec moi.

Ma vitre commence à se décorer d'arabesques. Mon rythme cardiaque ralenti. Je dois avoir la peau froide. Mes yeux bleus n'ont pas bougé. Ils sont toujours fixes. Dans le fond des yeux.

Apprendre par la peur. J'ai appris par la peur. Et c'est comme si plus aucun enfant ne craignait son père entre ces murs.

"Qui suis-je, Hannah Wilson."

Tu ne sais pas. Tu ignores totalement qui je suis et ce dont je suis capable. Je suis un millier de chose que tu sais, et un autre millier que tu ignores. Mais je n'attends qu'une réponse de ta part.

"Je ne suis pas ton ami. Ni une connaissance. Et encore moins ton elfe. Qui suis-je, Wilson."

Tu ne sais pas. Mais tu sais qui je suis par rapport a toi. Apprendre par la peur. Et pas l'oppression. Par faire le tri entre ce que la jeune personne en face de nous sait et ignore. Elle ignore tout de moi. Et c'est pour cette raison que ce qu'elle vient de faire est impardonnable. Tu ignorés mes faiblesses, mes blessures, mes violences. Mais tu sais le pouvoir que j'ai, et tu n'es pas sans savoir ce que j'étais avant d'être un spécialiste des Runes.

Le meilleur duelliste de tout Poudlard.

Tu ne sais rien des brûlures sur mes mains, de ma baguette récalcitrante, de mon manque de contrôle sur l'ensemble de ma magie. Tu ne sais que ma perfection, en tout lieu, en tout temps. Que ma droiture.

Et c'est quand on ignore tout de la personne qui nous fait face que la politesse est la plus importante. C'est une barrière pour ne pas se laisser surprendre par le vécu des autres. Pour ne pas être entraîné ni dans leurs humeurs, ni dans leur détresse, ni dans des joies qui ne nous appartiennent pas. La politesse est un mur qui nous protège de l'autre. Qui nous permet de choisi ce qu'on ouvre ou pas. Tu as manqué de tact, tu as jeté ton insolence. Résultat, tu as froid, enfermée seule dans une chambre avec un inconnu qui a passé une très mauvaise nuit, et qui ne t'épargnera rien lui non-plus.

Alors apprends, Hannah. Apprends la différence entre ce que tu peux et ne peut pas. Et ne fais rien de stupide, parce que tu auras tord à la fin. Je suis trop sérieux pour qu'on te prennes au sérieux hors de cette chambre.

Réponds. Et si tu comprends bien, mets genoux à terre, baisse la tête, et demande clairement et poliment.

Par la peur. Et par l'humiliation.
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MessageSujet: Re: We cannot help everybody, but everybody can help someone ☼ PV Abel & Hannah   Sam 1 Aoû - 22:03



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Je n’eus pas le temps de passer le pas de la porte. Il m’avait attrapé par le col visiblement énervé, et avait fermé la porte avec des Runes, encore et toujours des Runes. J’avais lâché un soupir en voyant la porte se verrouiller devant moi, il comptait vraiment perdre sa soirée pour un simple « S’il vous plait ».

Je ne vais pas te demander d'excuses pour ce que tu viens de dire et faire.


Encore mieux. Toujours face à la porte, je me retournais lentement, sans une once de peur. Pourtant il était en colère, bien plus que je le croyais capable. Ses yeux ne lâchent pas les miens, regard que j’ai du mal à soutenir mais que je m’efforce de faire. Il ne va pas bien, je peux le deviner dans ses yeux, peut-être que j’aurais mieux fait de rester dans ma chambre, peut-être qu’il était loin d’être celui que je pensais être. Un sentiment de gêne et de dégout commença à naitre en moi. Je voulais partir, je ne voulais plus rester dans cette chambre qui me paraissait maintenant si hostile. Une des choses qui m’affectaient le plus, c’était la déception que les gens étaient capables de m’apporter. Le prof me décevait. Je le croyais sincèrement plus cultivé, plus posé, moins impulsif. Les gens qui me décevaient sortaient bien rapidement du cercle composé des rares personnes que j’estimais un minimum. Nous restons un bon moment plantés là, les yeux dans les yeux. Ce moment me parait interminable, mes yeux ont du mal à fixer ceux du jeune homme, mais je glisse les mains  dans les poches arrières de mon short et prend mon mal en patience, ne lui laissant rien voir du stress naissant en moi.

Demande poliment. Très, poliment.

Son regard reste ferme, il semble créer sur mon esprit une emprise difficilement éliminable, mais encore une fois, je ne cille pas. J’ai toujours appris à ne pas montrer mes faiblesses devant mes rivaux, mis à part la soit disant faiblesse que j’ai sur la tête tous les jours, je reste impassible, renfermée, protégée par ma coquille. Et pour me protéger de tout ça, pour ne pas aller trop loin dans son regard, pour ne pas perdre, je pense. Je pense à des dizaines de choses différentes, à la raison de ma présence ici, à ce que j’ai fait avant, ce que je ferai après, à la vie du prof, à son environnement, ses cours, j’arrive même à observer la belle couleur bleue de ses yeux.

Qui suis-je, Hannah Wilson. Je ne suis pas ton ami. Ni une connaissance. Et encore moins ton elfe. Qui suis-je, Wilson.


Son ton est sec, cassant, presque insultant même. Ce n’est même pas vraiment une question, plutôt une affirmation. Je ne prends pas la peine de répondre, il est prof, mon prof, prof de Runes à Poudlard, il est et sera toujours uniquement ça pour moi. Je ne veux pas savoir qui il est dans la vie de tous les jours, je ne veux pas le connaître plus que ce que je sais déjà. Son approche n’est pas vraiment alléchante concernant la suite de son histoire, je veux rester dans l’ignorance de celle-ci. J’ai envie de lui répondre qu’il n’est qu’un prof parmi tant d’autres, qu’il n’a pas de quoi réagir comme ça, mais je ne dis rien, je soutiens juste son regard dans un silence morbide.

Réponds. Et si tu comprends bien, mets genoux à terre, baisse la tête, et demande clairement et poliment.

Mes yeux s’agranssent et un ricanement ne peut s’empêcher de sortir de ma bouche. Sérieusement ? Oui, j’étais censée être renfermée, oui j’étais censée être calme, posée, réfléchie, oui, je suis une Serdaigle et j’ai toutes les raisons d’être dans cette maison. Mais oui, ma connaissance de la vie, que tout le monde acquiert dans ses premières années dans un corps de mortel, m’avait appris une chose essentielle dans la vie : le respect. Oui, je ne lui avais pas demandé avec toutes les courbettes que l’ont été censés faire à un prof, mais mon ton gentil et presque désespérait traduisait largement mon respect et ma politesse envers Malfoy à mon arrivée ici. Tout aurait pu être si simple s’il n’avait pas cherché à avoir un « S’il vous plait », chose qu’il n’était pas prêt d’obtenir vu le ton sur lequel il était en train de me parler, et vu surtout, les choses qu’il me demandait de faire.

J’étais sincèrement prête à vous demander ça gentiment avant votre dernière phrase vous savez. Maintenant, vous pouvez toujours  attendre, vous n’êtes peut-être pas mon elfe, mais vous saurez que je ne suis pas non plus votre chien, je ne compte pas vous lécher les pieds pour un simple bouquin.


Je fais un pas de plus vers lui, un simple pas qui semble pourtant me permettre de cette fois-ci, de plonger mon regard au fond du sien, de lui montrer la haine et le dégout qu’il me procure, de lui montrer sa faiblesse face à une gamine de 17 ans à qui il doit parler comme à un chien pour espérer se faire obéir. Je le regarde de bas en haut.

Vous me décevez tellement. Tout ce que je pensais de vous, a disparu pour laisser place à du dégout. Du simple dégout.

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MessageSujet: Re: We cannot help everybody, but everybody can help someone ☼ PV Abel & Hannah   Dim 2 Aoû - 9:52

Défi. Indignation. Un pas en avant.

Dégoût.

Le mot est dit, et je le comprends. Sans le ressentir pour autant. Peut-être Je c'est moi qui suis détraqué à refuser le changement. A refuser que le monde perdre en structure. Redevienne le chaos originel où chacun ne fait que ce qui lui plaît au moment où ça lui plaît. Que le monde soit régit par un ensemble d'êtres tels que toi qui, persuadés d'être dans leur bon droit, enflent comme des baudruche pour prendre le souffle et l'espace des autres. Je n'ai pas besoin d'espace. Ni d'attention. Ni de considération pour ma personne. Mais j'ai besoin de croire que les gens peuvent en avoir les uns pour les autres. Et si ils ne le peuvent avec moi, le peuvent-ils pour d'autres ? Non pas ceux qu'ils ont envie d'aimer ou d'admirer, mais pour tous ceux qui le méritent ? J'ai le mérite. Si je ne mérite pas, qui mérite d'être regardé dans les yeux avec un respect humain ?

Si seulement ce n'était que le monde bruyant des moldus que j'aime tant rallier la nuit. Si seulement ce n'était que des sorciers et sorcières inconnus à ma considération réelle, comme toi. Mais non. Il y a des enfants de sang-purs, des cousins, ma famille, qui agissent comme toi. Et pire que toi, ils ne le font pas par mégarde, mais parce qu'ils le peuvent.


"Content d'entendre que tu as du respect pour toi-même, c'est une qualité en société. Mais je ne pense pas que tu ai pensé grand chose de moi avant."

Ton regard est beau, fier et sans doute aussi dur que le mien, du haut de ta toute fraîche majorité. J'aurais souris et j'aurais même joué si seulement je ne me sentais pas étranglé par une colère visqueuse que tu as bien nommée.

"Quand à moi ce qui me dégoûte, c'est de constater à quel point ta génération est incapable de ravaler son orgueil quand il parle à un aîné. A quel point même les plus intelligents d'entre vous pensent que c'est évident d'être aidé parce qu'on le demande, et à quel point vous avez le cerveau construit comme du gruyère quand vous le faites."

Plus ma colère et mes mots montent, et plus je me sens stable. Être concentré sur une petite rouquine a eu au moins un bon point : je ne pense ni au passé,  ni à la solitude. Je n'ai qu'une révolte pour les héritiers de notre monde. J'ai l'impression de leur donner de l'or et des échelles vers les étoiles de l'avenir pour qu'ils s'essuie les pieds sur l'un et fassent descendre l'autre à la caverne.  J'ai eu toute ma vie l'ambition de m'inscrire dans notre histoire, humblement, pour la construction de quelque chose de plus grand. Ce n'est pas quelque chose que j'ai aimé faire. Ce n'est pas quelque chose que j'aurais fait sans que mes parents m'y guident. Mais j'y ai travaillé. Je travaille encore à rendre ce monde plus juste au Ministère. Et je travaille à vous rendre vos racines en cours.

Vous ne respectez rien. Et vous ne comprenez rien. Je m'évertue dans le vent.

"As-tu simplement pensé au fait que si ce n'était pas moi, cette traduction prendrait certainement plusieurs mois ? Que ça demandait un effort que personne n'est obligé de fournir à ta place ? Même mon meilleur élève devrait prendre au minimum six mois pour en approcher le sens sans mon aide. Crois-tu que je peux faire cette traduction en trois jours et trois nuits parce qu'un jour mon maître m'a mis sa baguette sur la tête et m'a donné la connaissance universelle ?"

Quelque chose ne va pas. Je le sais. Et ça n'a rien à voir avec la proximité de Hannah. Ni même avec mon débit de parole. Quelque chose d'étrange. Je n'arrive pas à mettre le doigt dessus. Je suis agacé et énervé. Je n'arrive pas à le contenir. Mon visage reste ferme et pourtant mes mots et mon regard parlent et déversent mon dégoût contre le tiens. Fut un temps c'était normal de respecter ses aînés. Tu es dégoûté de prendre la leçon que tu mérites. Je suis dégoûté que ton esprit soit si étroit que tu n'ai pas la place de voir le tableau en plus grand et ce pourquoi c'est nécessaire. Dégoûté que plus personne autour de moi n'ait le goût de l'effort. Quelque chose ne va pas.

"Je pourrais juste prendre 100 points à ta maison pour le simple fait d'être entré dans mes appartements au beau milieu de la nuit. Et même, si je ne le fait pas, je vais avoir des problèmes. Et le fait que tu viennes avec un grand sourire, joyeusement ou que tu sois mignonne ne règle pas le problème. En fait ça rend ça encore plus problématique, parce que j'aurais beau avoir la bonne foi de mon côté, je risque d'avoir du mal à leur prouver que je ne suis pas attiré par.les gamines de 17 ans. Mais je t'ai ouvert la porte, parce que je pensais sincèrement que tu serais également de bonne foi."

Quelque chose d'étrange. Je suis en train de laisser sortir un tas de chose. Des émotions. Mon propre dégoût. Ma distance avec toit ce que vous faites. Êtes. Mon sentiment de solitude.

Mes Angoisses... Ma... solitude ?

"Je t'accepte à un endroit où tu ne devrais jamais être, j'accepte ta tâche, et j'accepte même que tu méprises complètement tout ce que j'ai à t'enseigner, et tout ce que je vois, c'est ta jolie gueule qui me demande d'aller me faire mettre parce qu'elle est incapable d'avaler un peu de fierté ? Ça a un nom ça jeune fille. Ça s'appelle de l'ingratitude. Est-ce que je pourrais savoir ce qui est si difficile pour vous quand il s'agit de montrer le respect au lieu de partir du principe que l'autre peut comprendre sans que vous-"

Solitude. Ma solitude. S'exprime. Je m'arrête très soudainement de parler et de regarder Hannah dans les yeux. Je regarde mes mains. Je ne les sens plus. Le souffle d'Hannah me fait l'effet d'une brûlure. Le mien est visible.

Mes gants sont rigides. Les rideaux de mon lit également. Ils brillent à cause des chandelle, et d'une fine couche de givre. Je regarde autour de moi. Je ne le ressens qu'après en avoir pris conscience. Qu'après avoir regardé la vitre qui vient d'émettre un craquement peu rassurant, alors qu'elle se couvre d'arabesques de givre. Et d'une fissure qui s'agrandit.

Ma solitude. Ma détresse. Mes peurs pour un avenir où personne  e marché à mes côtés. Ce sont les émotions qui ont donné naissance aux valeur que je jette à la gueule de Hannah. C'est aussi ce qui me fait perdre le contrôle de ma magie.

Cette vitre va éclater. Éclater vers l'intérieur. Et je ne suis pas seul dans la pièce. Je pense à accuser la jeune fille. Mais je pense surtout que c'est mon élève. Une très mauvaise élève, mais une élève quand même. Et que tout ça est entièrement ma faute.

"Couvre tes yeux."


Je marche entre toi et la fenêtre. Je sais que c'est trop tard. Je ne peux pas me calmer. Sans toucher ta peau,  je la trouve brûlante. Je dois être glacé. Ça ne m'empêche pas de poser une main gants sur ta tête, paumé sur ta tempe, tel un mouvement de danse rapide. Mon autre main couvre mes propres yeux. Le craquement net retenti.

La.piece entière est traversées de morceaux de verres. Un tout petit me frôle la nuque et vient se loger dans le velours du rideau. L'un renverse une bouteille d'encre sur mon bureau. L'autre fait vaciller la flamme de bougie qui repart aussitôt. La plupart ne vont nulle part de dangereux ou sensible. La plupart sont juste au sol, tombés avant de toucher quoique ce soit.

Je prends ton visage. L'examine sans pudeur.

"Es-tu blessée ?"

Je me souviens d'Atalyah et d'Ella, à qui j'ai posé la même question. Je me souviens de l'effet que tu me fais quand tu parles.

Je ne peux pas supporter ta nonchalance parce qu'elle ressemble à la sienne. Et je regrette d'avoir exigé de toi ce que peut-être, tout au fond, j'attendais d'elle. Je réalise que j'ai eu tord. Et je constate que tout est de ma faute.

Mon visage reste fidèle aux masques. Je suis infrequentable la nuit. Et pour la première fois, je réalise que je suis également dangereux pour quelqu'un d'autre que moi. Aussi dangereux que lorsque je faisais exploser les plafonniers en cristal quand j'étais enfant.

Je me ferme. Je ferme les yeux. J'insiste profondément. La température cesse de descendre. L'air est entré et les rideaux se couvrent de perle d'eau, comme une rosée. Mes doigts sous mes gants cessent d'être engourdis. Je me redresse, et écrase quelques morceaux de verre en marchant. J'attrape ma baguette posée au dessus du bureau. Immédiatement, un éclair me traverse le bras et déchire mon gant en lambeau, dévoilant mes brûlures. Mes nerfs ont pour réflexe de la laisser partir. Mais ce n'est pas différent de d'habitude.

La douleur est fulgurante, plus violente que des coups de battes dans la colonne. Mais mes doigts meurtris restent fermement accrochés. Je pointe la baguette, étonnamment longue, du long de ses 42 centimètres, vers la fenêtre brisée, un trou béant sur une nuit d'été, d'abord sans prononcer un mot. Puis doucement et avec une rage certaine, je murmure :

"Reparo."

Les débris de fenêtres roulent sur le sol et remontent le long du mur pour réformer la mosaïque. La vitre brisée mets du temps avant de se ressouder, et se rebrodé à chaque nouvelle décharge. Je bande le bras et inspire. Les éclairs redoublent, mais la vitre redevient comme neuve. Je relâché ma baguette sur le sol. Une fissure réapparaît. Les éclairs disparaissent.

Je reviens vers toi après avoir expirer le te ment tout l'air de mes poumons. Je me mets à genoux pour voir si tu n'as pas d'entailles sur les mains en les retournant avec les miennes, donc celle qui vient de revivre ce qui lui a valu des cicatrices. Disgracieuses. Boursouflées.

"Infirmerie."

Je ne remarque pas le sang qui coule dans le dos de ma chemise quand je me retourne dos à toi pour aller déverrouiller la porte sur la table de chevet. Je ne ressens pas les picottis inconfortables. Je ressens juste l'urgence de m'occuper d'une élève avec un dévouement détestable.

Je ne me rends pas compte. Je ne me rends pas compte que c'est cette faiblesse qui me rend incompatible avec cette baguette. Je n'ai d'ambition que dans mes colères destructrices. Je n'ai aucun but et aucun avenir désiré. Je n'ai qu'une seule missions : que les miens se portent bien.

Je m'arrête sur ta table de chevet. Le vertige me prend. Je devrais m'arranger pour donner une version qui me mettrait hors de tord. Je devrais cacher mon manque de contrôle. Mais ma nature me rattrape, et je me piège tout seul dans ce qui risque de devenir une affaire compromettante.

"Oublie à propos du s'il te plaît. Tu n'auras sans doute plus jamais besoin de me dire s'il te plaît, et je n'ai pas que toi dont je suis censé me préoccuper. Si quelqu'un te demande ce qu'il sait passé, dit exactement ce que tu as vu."

Ne pas impliquer mes élèves. Ni mes collègues. Ni ma famille. Lui demander de faire preuve de clarté et d'honnêteté est tour ce que je peux faire pour la rendre hors d'atteinte de ce merdier. Ce sont mes lois. 'Mes erreurs, mes fardeaux.' Ne jamais accuser quelqu'un qui dont je suis responsable. Ma tête tourne encore. Je sens des frissons et des sueurs froides, je sens que je ne tiens plus sur mes jambes. Mais je sais que je peux rester debout. Comme je peux tenir dans ma main une baguette qui me rejette. C'est toujours la même histoire. Mon corps entier me dit non. Et ma volonté dit oui bien plus fort. C'est mon combat chaque jour. Rester debout.

J'ouvre la bouche mais les mots ne viennent pas. Ils sont simples. 'Je te demande pardon.' Mais ça met du temps à venir. Ma propre fierté ? Je lui tord le cou. Ma gorgé se serre, puis s'ouvre largement. Mon bras me lance.

"Je suis désolé que tu ai assisté à ça. Je t'en demande pardon."

Esprit tordu dans sa droiture, dans son besoin de reconnaissance, et son besoin d'être ignoré. Dans son besoin d'être une part de quelque chose, et son besoin de le rejeter, pour un temps, ou pour toujours.

Mon corps qui veut prendre le repos impossible. Mon esprit qui réclame la paix impossible. Et ma Volonté qui leur rappelle sans cesse pourquoi.

Je. Dois. Continuer. À mentir. À brandir les étandards du bien pour le plus grand nombre. À montrer une force que je n'ai plus. À combler le vide qui m'habite. Ne pas être le plus doué, mais être le meilleur.

La vérité c'est que je suis tristement faible, vide de toute énergie, et que je ne suis plus le meilleur.

La vérité c'est que je suis sur le point de m'effondrer. La vérité c'est que je suis moi-même la nuit, et que ce moi-même sans cordes au cou, sans le corset de l'élégance,  de la présence et de la courtoisie est un amas de chair qui s'effondre dans l'horreur. Un monstre informe qui peut blesser. Confondre. Se déchaîner.

Je veux rester droit mais ma vue se floute. Je vois le sigle allumé, mais je ne parviens pas à me concentrer pour réunir les mots. Ni en pensée, ni en verbe.

Je dois déverrouiller la porte. La conduire chez quelqu'un qui peut prendre soin d'elle. Ou la laisser courir si elle compte s'enfuir. Je me sens trop faible pour courir.

Je me sens trop faible pour déverrouiller cette porte. J'ai besoins de quelques secondes...
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MessageSujet: Re: We cannot help everybody, but everybody can help someone ☼ PV Abel & Hannah   Dim 2 Aoû - 22:40



We cannot help everybody, but everybody can help someone
PV Abel & Hannah
Le professeur déverse sur moi un flot de paroles. La colère gronde et menace en lui, je peux le sentir, mais je n’éprouve plus aucune peur, juste de la crainte. J’ai toujours été craintive, la méfiance et la crainte m’ont été apprises dès mon plus jeune âge. Encore une manière de se protéger. Il critiqua ma génération. Comme tant de personnes plus âgées avant lui. Cette remarque me refroidit encore plus. Je ne suis pas comme toutes les personnes de ma génération, mais ça, il ne le sait pas. Et pourtant, il m’envoi en pleine gueule tous les clichés que je supporte avec beaucoup de peine. Si seulement je pouvais lui coller mon poing dans la gueule. Mais contrairement à ce qu’il croit encore, je le respecte trop pour ça. Et la morale commence. Contre ça aussi j’avais appris à me protéger alors je me contente d’écouter tout ce qu’il a à me dire, juste parce que j’ai l’impression que ça lui fait du bien de se défouler sur une gamine de 17 ans qui s’est retrouvée dans son appartement au mauvais moment. Il me parle de points. Si seulement il savait à quel point je n’en ai rien à faire de cette histoire de points, de coupe des quatre maisons de Poudlard. S’il savait à quel point la place de Serdaigle dans ce classement m’importait peu. Mais je le laisse parler, pour son bien. Ingrate. Oui, je l’étais sûrement, mais peut-être que lui aussi l’avait été et l’était encore. Je ne lui ai jamais suggéré que je suis parfaite, il ne l’est pas non plus. A mesure que les mots sortent de sa bouche, je peux voir dans ses yeux que toutes ces choses qu’il dit, il ne les digère pas. Je peux voir au fond de son regard qu’il n’est pas si fort maintenant. Qu’il est faible.


L’inquiétude nait en moi quand il arrête de parler, qu’il baisse lentement le regard vers ses mains. Puis il tourne le regard vers la vitre, qui gèle sous mes yeux. Elle craque. Il me regarde, le regard presque vidé et me demande de me couvrir les yeux avant de venir me servir de bouclier face à la fenêtre. Il pose une de ses mains sur ma tempe, l’autre sur ses yeux et ce n’est qu’à ce moment que je comprends ce qu’il se passe. La vitre éclate je me courbe et me protège du mieux que je peux, espérant pouvoir sortir vivante de cette chambre un jour. Je sens des bouts de verre venir érafler la peau de mes jambes, certains celle de mes bras, m’arrachant de petites grimaces. L’explosion terminée, il se redresse, je l’imite. Il prend mon visage dans ses mais, me demande si je suis blessée, encore sous le choc, je ne me rends pas compte de la gravité de mes blessures, mais je me contente de secouer la tête pour lui assurer que je vais bien. Il se concentre, ferme les yeux pendant un moment, un trop long moment et tout redevient normal dans la pièce, dont les rideaux du lit qui avaient givrés.  Il se dirige alors vers le bureau, attrape sa baguette mais manque de la relâcher aussi tôt quand un éclair semble le traverser, déchirant l’un de ses gants et laissant alors paraitre d’importantes cicatrices sur la peau nue de sa main.  Malgré tout, il répare la vitre d’un sort. Un bout de verre de déloge alors de mon cou, je grimace une nouvelle fois, mais ne dis rien. Mes blessures sont bien trop anodines à côté de celle du Professeur dont la chemise est à présent tachée de sang dans le dos. Il revient vers moi. Je le regarde prendre mes mains et les examiner. Elles n’ont rien. Mes bras eux, sont légèrement blessés et des gouttes de sang perlent sur mes égratignures, mais je vais bien.

Infirmerie.


C’est le seul mot qu’il prononce. Je n’ai pas encore eu la force de parler, alors je l’observe se diriger vers la table de chevet. Il veut déverrouiller la porte, je ne l’en sent pas capable et je n’ai d’ailleurs absolument pas envie d’aller à l’Infirmerie.

Oublie à propos du s'il te plaît. Tu n'auras sans doute plus jamais besoin de me dire s'il te plaît, et je n'ai pas que toi dont je suis censé me préoccuper. Si quelqu'un te demande ce qu'il sait passé, dit exactement ce que tu as vu.


Puis après un temps. Long.

Je suis désolé que tu ai assisté à ça. Je t'en demande pardon.


Ce revirement soudain de situation m’empêche de faire ou dire quoi que ce soit pendant un long moment, trop long moment. J’ai envie de défendre ma position face à sa morale de toute à l’heure, mais tellement envie aussi de lui crier que tout n’est pas de sa faute, que j’aurais juste pu dire un « s’il vous plait » et que tout serait fini, que je voulais savoir pourquoi tout ça, pourquoi ce pouvoir, pourquoi cet affolement, pourquoi ces cicatrices. Tant de questions que je n’arrive pas à prononcer. Il est faible, je le suis autant que lui. Alors je m’approche simplement de lui, le fait asseoir sur un bord du lit, il ne tient plus debout. Je m’éloigne de quelques pas puis vais m’asseoir à mon tour sur le lit, non loin d’un des piliers du lit sur lequel je m’appuie. C’est la seule chose qui me donne un peu de stabilité à ce moment-là, la seule chose qui me permet de savoir que je n’ai pas rêvé.

Pas l’infirmerie, s’il vous plait. Je veux pas y aller, je vais bien.


Silence. Long silence, il ne dit rien, je ne parle plus. Je laisse juste mes poumons reprendre leur souffle qui avait été bien trop court pendant longtemps, je laissais à mon cœur le temps de se calmer, de réduire la fréquence de ses battement, je laisse à mon cerveau, l’occasion de digérer la situation, d’organiser tout ça, d’y réfléchir. Je tourne finalement la tête vers le blond. Je suis vidée de toute émotion mais si j’avais pu en ressentir une à ce moment-là, j’aurais sûrement été curieuse, intriguée.

Qui êtes-vous ?


La question est simple, mais quelque chose me force à croire que la réponse elle, aurait tout de complexe. Pourtant, je veux la connaître. Malfoy ne me fait pas peur. Je veux juste savoir à qui j’ai à faire. Parce que la confiance commence par-là, par la connaissance de l’autre. Et j’ai envie de lui faire confiance en sortant d’ici.


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professeur de Rune ⁂

points à ma maison et j'ai rendu : 719 devoirs depuis ma répartition, le : 20/06/2015


MessageSujet: Re: We cannot help everybody, but everybody can help someone ☼ PV Abel & Hannah   Lun 3 Aoû - 0:29

Une main me touche. Je n'ai plus de poids. Je me laisse porter ou pousser vers le lit. Je m'effondre presque. Je n'ai pas eu le temps de déverrouiller la porte. Le lit s'affaisse au pied. Je te vois t'accrocher au pilier, les yeux vides. Tes égratignures rougissent, peu profondes,  mais sont autant d'entailles de trop. J'ai oublié, pendant quelques minutes, le temps de te jeter l'horreur que j'ai de quelqu'un d'autre, que tu es quelqu'un. D'unique et irremplaçable, et qui n'est en aucun cas responsable de la tournure du monde.

Tu dis non à l'infermerie. Poliment, ironiquement. Tu n'es pas la première à le refuser. Je revois Ella à travers le prisme de l'alcool, le jour où elle est rentrée à la même heure que moi dans les couloirs dans un état déplorable, couverte danse terre et de sang. Je pense à Atalyah et elle dans cette pièce il y n'y a pas si longtemps.

Pourquoi ? Pourquoi ne voulez-vous pas me laisser faire ça pour vous ? Pourquoi comptez vous si peu sur ceux qui ont pour vocation de vous protéger, vous guérir, veiller sur vous ? Sommes nous si peu dignes de votre confiance ?

Je baisse la tête sans rien répondre. Mes draps se salissent. Ton regard, encore suspendu dans cet état qui suit le choc, est droit. Mes yeux bleus sont amères. Tes mots sont simples. Trop simples.

Je te regarde. Je ne veux pas te répondre. Mais je viens de te faire quelque chose d'impardonnable, que tu en gardes ou non des cicatrices, sur la peau et dans le coeur. Quelque chose qui ne doit jamais arriver à personne. Plus jamais.

Je suis redevenu ce que j'étais avant de me jurer que ça n'arriverai plus jamais.

Je te dois la vérité.


"Abel Theodore Malefoy. Secrétaire au Ministère de la Justice Magique. Professeur de Runes anciennes et nouvelles à Poudlard. Gardien d'Hades Malefoy, et promis à Atalyah Lestrange. "

Mes missions. Mes devoirs. Mes buts, mes atouts et mes chaînes. Les murs que j'ai mis ou choisi de garder à ma liberté. La marée monte à l'intérieur, après qu'aient fondu les glaciers. Mais je garde mes digues. Reprend le temps. Mes yeux rouges sont creusés de cernes bien noires. Mais je sais bien que je n'ai plus besoin de mes yeux ce soir. Ce soir je dois cesser de regarder l'avenir. Ce soir je dois m'assurer que plus jamais ceci ne se produise.

Plus jamais.


"Je suis né avec un potentiel magique intéressant. Et ça a toujours été un problème de gérer mes émotions qui l'influencaient."


Pas un jour ne passait sans qu'un objet n'explose dans la maison. Toute mon enfance à été accompagnée de cris et de pleurs, de cuisines et bibliothèques en bazar, de vases qui percutant des tableaux et de plafonniers qui faisaient pleuvoir leur langues de cristal.

"J'ai..."


Ma gorge se serre. Se tord. Je n'exprime rien mais je sens des larmes. Mon être entier qui veut simplement se taire et oublier. Mais pour une fois, j'ai besoin de le dire. Une fois dans ma vie, je dois le dire. Le verbaliser. Le rendre réel. Parce qu'au fond c'est ce qui s'est réellement passé.


"J'avais six ans et j'ai tué mon frère."


Je l'encaisse comme un coip de batte dans le torse. D'autres viennent apres. Mes yeux sont vides et morts. Secs. Et des larmes invisiblent noient la piece en en sortant en cascade, vomissant mes mots et la vision du plafonnier de verre qui éclate dans le manoir de mon enfance. Blessant Père. Blessant Mère.

C'est ce jour-là, qu'il est "mort".

En faisant une crise comme celle-ci, j'ai mis les miens en danger. Parce que je ne contrôle pas suffisamment mes émotions. Ni ma magie.


"Je n'ai jamais perdu un duel de sorcier. Je n'ai plus jamais laissé mes émotions guider la magie. Je n'étais pas le plus doué des élèves. Mais j'étais le meilleur."


Et la nuit je pleure l'absence. Tu me manques Caïn. Tu me manques.


"Malgré ça, ma baguette de Laurier juge que j'ai trop peu d'ambition. Et me rejette. Je n'en ai jamais changé. Ça aurait été admettre un échec. Alors mon Maître m'a enseigné l'ancienne méthode."


Je désigne du regard toutes les écritures sur le plafonds, qui se prolongent derrière les tentures sur les murs de pierres. Je les ai tracés moi-même en m'installant. Comme ceux dans mon bureau, près des escaliers au sixième étage. Comme ceux de ma salle de classe, qui passent si souvent pour des décorations. Ce sont des sigils utilitaires. Pour palier à ce que je ne peux plus faire en quelque secondes par moi-même.

J'ouvre ma main, et enlève mon deuxième gant. Elle est gravée, elle aussi, des brûlures du rejet. Je suis devenu ambidextre à chaque fois que ça devenait trop douloureux. Jusqu'à la fin de mes études.


"J'ai arrêter de me servir de ma baguette en sortant de Poudlard. J'enseigne sur mon temps libre les Runes pratiques à mon cousin et à deux de mes élèves du cours de Runes. Ils sont impatients, mais brillants. Plus rapide que je ne l'étais. J'étais lent. Anxieux. J'ai bien mis un an avant d'aquierir la Conscience. Sixtine l'a fait en moins de six mois."


Elle est incroyable. Et pas moins douée que Hades, qui serait sans doute bien meilleur si il cessait de mettre la charrue avant les boeufs.


"La dernière fois que j'ai consulté un psychomage, il m'a mis en garde contre un certain nombre de dysfonctionnement dans mon hygiène de vie. Je sais donc très bien que ne suis pas sain."


Les mots sont presque un tas d'insectes qui rampent sous ma peau. Je me sens sale à chaque fois que je me souviens de cette fin de consultation. Insinuer que je suis 'malade'. Que j'ai besoin de soin. Que j'ai besoin d'internement.

J'ai senti mon nom et mon être se salir. Et plus jamais je n'ai posé le pied dans un hôpital.


"Je dors environs 7 heures par semaine. Parfois douze quand je bois assez. Je suis rarement soûl, mais je m'endors rarement sans avoir bu. Autrement, je fais des cauchemars."


Je tourne la tête vers toi. Ça t'épate ? Que j'ai eu ton âge, et que j'ai été autre chose avant d'être ton professeur. Mais toit cela n'est ni ma force ni ma faiblesses. Ce ne sont que des faits. Juste des faits, qui composent celui qui mets en danger ta vie. Je sais que ce n'est pas une bonne idée de t'en parler. Je sais que ça ne te concerne pas. Mais ce serait pire si tu ne savais pas.


"Je suis ce que je suis le jour. Et la nuit, je suis ça."


Je suis cette pièce en bordel. Cette folie en bouteille. Je suis ma perfection et mes tares. Je suis le masque et le démon. Je suis le voile et la chair. Je suis Lorenzaccio à mon propre compte. Je suis cet homme que tu respectait peut-être et celui qui te dégoûtes. Je suis ce que tu vois et ce qu tu as entendu. Et je suis tellement plus encore, mais ça ne te concerne plus.

Je suis amoureux et malheureux. Je suis accroché à la chair des femmes et des hommes. Je suis dément de solitude. Mais tu n'as pas besoin de le savoir. Tu as juste besoin de savoir ce que tu dois craindre. Et tu ne craint rien de ma perversion charnelle. Tu deviendras belle avec le temps. Mais pour l'heure, tu es trop jeune.

Je ferme les yeux et pose la tête contre le mur. C'est étonnamment clair et fluide. C'est peut-être la distance. Ou l'âge. Je l'ignore. Je ris presque amèrement sans un sourire.


"De même donc. A qui est-ce que je déballe ma vie."


Tu n'es pas ce que j'ai dis. Je le sais. J'ai juste besoin de l'entendre. Et toi de l'affirmer. Pour clarifier et détruire mes mots, pour ne pas en être prisonnière. Je veux savoir à qui j'adresse ma demande en pardon et pourquoi. Je veux savoir et je veux que tu saches qui tu es, en dehors de tous les clichés. En dehors de toutes les insultes. Les miennes. Celles des autres. Lève-toi contre tous les Abel Malefoy qui t'on un jour dit que tu ne méritais pas qu'on te rende service.



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MessageSujet: Re: We cannot help everybody, but everybody can help someone ☼ PV Abel & Hannah   Lun 3 Aoû - 21:01



We cannot help everybody, but everybody can help someone
PV Abel & Hannah
Je me suis toujours dit que la vie avait des tas de choses à nous apprendre, mais à ce moment précis, j’ai l’impression qu’Abel peut m’en apprendre encore bien plus. Il commence par les informations les plus élémentaires. Je ne retiens qu’un seul mot de celles-ci : ministère. Je me promets de lui en demander plus après cette conversation. J’écoute tout ce qu’il a à me dire, j’écoute les explications qu’il me doit.

J'avais six ans et j'ai tué mon frère.


Mon cœur manque un battement. Le temps s’arrête l’espace d’un instant. J’imagine mon état si demain, je tuais ma sœur. J’imagine la douleur insurmontable qu’il en découlerait. J’imagine une partie de moi partir avec elle, une bien trop grande partie. Je ne suis pas douée pour réconforter les gens, encore moins pour leur sauter dans les bras pour les consoler. Alors je me contente de m’asseoir en tailleur sur le lit, me servant toujours de mon pilier comme dossier. Je le regarde. Il ne pleure pas. Mes yeux se remplissent de larmes, comme pour compenser celles qu’il n’arrive pas à pleurer. Je me ressaisis. Il est malheureux, je ne le suis pas encore comme lui. Il change de sujet, il parle de ses cours. De sa magie incontrôlable. Il dit n’être pas sain, je n’arrive pas à me faire un jugement. Je suis juste là, la bouche entrouverte, à le regarder parler de lui. Ce mec me stupéfait et m’épate à un point dont je ne le croyais pas capable. Il n’est pas la personne que je pensais qu’il était. Il en est loin. Il tourne la tête vers moi, mon souffle se coupe. J’ai mal d’être confrontée à ce regard que je pensais anodin il n’y a pas si longtemps. J’ai mal de savoir son histoire. Il ferme les yeux et pose la tête contre le mur, comme pour clore son discours. Il reste comme ça un moment, je me tais. Je ne sais plus si j’ai envie de parler. Il ne me fait pas peur, je ne le crains pas, et le dégout que je ressentais pour lui s’était bien vite effacé. Il n’était pas un monstre.

De même donc. A qui est-ce que je déballe ma vie.


J’aimerai tellement pouvoir lui donner une réponse claire, concrète. Mais j’en suis incapable. Je ne sais pas qui je suis. Je ne suis rien. Ou peut-être tout. Je suis ordinaire. Oui, c’est ça, ordinaire. Aucune magie bizarre ou puissante ne sommeille en moi. Je suis vide, une façade face à la vie, une coquille qui n’a rien à offrir. J’ai été harcelée comme tant d’autres avant moi, j’ai résisté, je suis là aujourd’hui. Mais maintenant que tout va mieux, je me rend compte que je n’ai plus rien à offrir aux gens et que je n’ai jamais rien eu pour ça.

Hannah Wilson, mais ça, vous le savez déjà, commençais-je simplement après un temps. Simple élève de Serdaigle, pas spécialement douée d’ailleurs, vous avez pu le remarquer. Pas mauvaise non plus. Normale. Ordinaire, comme toute élève lambda de mon âge. Je n’ai rien vécu d’exceptionnel comme vous, juste de l’harcèlement avec lequel j’ai eu du mal à rivaliser. Voilà. C’est tout. Juste ça.


Il serait déçu, sans aucun doute, mais je n'ai rien trouvé de mieux à lui répondre. Mon estime de moi a des limites, je ne suis pas capable de parler de moi et je crois que c'est ce soir, plus que jamais que je me rend compte de ça. Que je me rend compte que je ne suis rien ni personne au point de n'avoir rien à dire sur ma vie.

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MessageSujet: Re: We cannot help everybody, but everybody can help someone ☼ PV Abel & Hannah   Mer 5 Aoû - 1:28

Mon visage se détend. Tu pleures pour moi. J’essaye de me souvenir de la dernière fois que quelqu’un à pleurer pour moi. Je crois que j’ai perdu tous les amis qui à l’époque en étaient capables. Je n’ai pas la force de venir essuyer tes larmes. Le monde continue de tourner et danser autour de moi, dans l’espoir de me rendre malade. Mes draps continuent de rougir.

Mon rythme cardiaque a cessé de ralentir. Le gel m’a quitté. Tes émotions me font l’effet d’une tempête, à moi qui suis tantôt un désert de sable, tantôt un désert de glace. Et tu dis être ordinaire ? Être ordinaire, c’est être moins droit que tu ne l’es. À moins que j’aie inventé ce mythe que l’honnêteté s’est perdue au fil du temps. À moins qu’il y a toujours eu, essentiellement, des gens bien autour de moi. Des jeunes gens, perdus souvent, mais pas moins volontaire pour vivre, vivre ensemble, être heureux, rendre heureux.

Tu te dis ordinaire. Et le simple fait d’en être convaincue te rend extraordinaire.


« Du harcèlement ? On ne harcèle pas les gens normaux. On harcèle la fille qu’on trouve jolie, ou le garçon qui reste trop seul. On harcèle les gens qu’on doute de pouvoir comprendre et on se rassure en se disant qu’on les connait assez pour leur marcher dessus. »

Je laisse mes yeux glisser vers toi, bienveillants, et pourtant las.

« As-tu besoin d’aide ? »

Je reste ton professeur. C’est mon travail. Pour que jamais tu ne retrouves seule face à ceux qui t’empêchent de t’élever, toujours plus haut.

Des yeux je cherche mon tiroir de chevet. Je me penche. Un vertige me prend. Je reste stable. Pose la main sur la poignée et tire. Je me rends compte que mes mains sont maculées de sang en tirant le mouchoir hors du meuble de bois. Mais je n’ai pas l’esprit et le corps assez stable pour faire plus. Alors je te tends le tissu à bout de bras sans te regarder, pour te laisser sécher tes larmes toi-même.


« Ne pleures pas pour quelqu’un comme moi. J’ai mérité ce qui m’arrive. »


Ma vie n’a rien d’extraordinaire ou d’admirable. Je n’ai juste jamais été capable de me vaincre. Mes faiblesses, mes erreurs, mes regrets, mes souffrances. CE que tu vois est le résultat d’un échec. Je ne mérite pas de larmes. Pleure pour toi. Pleure pour ce qui te pèse, et ceux qui te pèsent. Pleure, et repart d’ici prête à leur foutre un coup dans le nez. Je ne comprends pas pour quel motif on voudrait te faire du mal. Tu es un peu rapide en besogne, tu manques de considération pour ton interlocuteur, mais tu es adorable. Tu n’es ni une trop bonne élève que tout le monde enivrait, ni une mauvaise élève qu’on mépriserait. Alors je ne comprends pas.
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MessageSujet: Re: We cannot help everybody, but everybody can help someone ☼ PV Abel & Hannah   Mer 5 Aoû - 20:13



We cannot help everybody, but everybody can help someone
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Du harcèlement ? On ne harcèle pas les gens normaux. On harcèle la fille qu’on trouve jolie, ou le garçon qui reste trop seul. On harcèle les gens qu’on doute de pouvoir comprendre et on se rassure en se disant qu’on les connait assez pour leur marcher dessus.


Ne va-t-il donc pas remarquer ma différence, la chose qui fait de moi une erreur, une personne inférieure des autres ? Et je ne parle pas de mon caractère ou de ma personnalité même si, de ce côté-là, je ne suis pas une perle non plus. Des tas de souvenirs font alors face dans ma tête le premier date d’il y a plus de 10 ans, c’était dans un vivarium, ou peut-être un zoo, je ne sais plus exactement. Mes parents m’avaient emmené là-bas pour mon 6ème anniversaire, et c’était magnifique. J’ai découvert ce jour-là des tonnes de nouvelles choses que je croyais inexistantes, des tonnes d’animaux que je ne connaissais pas, des éléphants, des girafes, même des méduses. Mais de tous ces animaux, ceux que je préférais de loin étaient les oiseaux, je trouvais ces petites bêtes tellement gracieuses, puissantes, vicieuses, et étonnante à la fois que je pouvais passer des heures à les observer se poser un peu partout, à arracher de leur milieu naturel des lombrics qui ne demandaient qu’à vivre. J’ai retrouvé également mes amis les poneys dans la journée. Et tout aurait pu se passer magnifiquement bien, s’il n’y avait pas eu ce petit c*n de 8 ans qui s’était approché de moi d’un air moqueur et m’avait traité de monstre à cause de mes cheveux roux. Plus grand de 50cm que moi, il n’avait été victime d’un plaquage au sol qui était plutôt une bousculade mais qui avait réussi à le faire tomber, ne lui créant, à mon grand regret, que quelques papules sur sa peau de bébé.


Puis un deuxième souvenir fait surface dans mon esprit tout de suite après, me laissant dans un état second un instant face au prof, le regard posé sur la couverture du lit, mais surtout, regardant dans le vide. Celui-là était un peu plus récent. J’avais 10 ans, un an avant mon arrivée ici, à Poudlard. Cette fois-ci, c’était dans mon école primaire de l’époque, la petite école de Karlstad, dont seule l’apparence de l’entrée était attirante : une rosace magnifiquement réalisée en vieilles pierres. Le professeur, un homme horrible, tentait désespérément de nous faire analyser un texte de Descartes, accompagné de tous ses calculs de savant. Il nous suggérait à chaque cours de sortir notre « pascaline » comme il l’appelait si bien. Si seulement à l’époque, il s’était rendu compte que des enfants de 10 ans étaient incapable de comprendre quoi que ce soit à ce qu’il disait. Malheureusement, il était désespérément idiot, comme le garçon encore une fois, qui devant moi n’avait pas cessé de gesticuler sur sa chaise pendant tous le cours et qui était venu me voir pendant la récréation pour me sortir une vieille blague raciste sur les roux. Celui-là, ne s’en était pas tiré aussi facilement que le premier à mes 6 ans. Il avait reçu un coup de genou dans l’aine ; je n’avais plus jamais entendu parler de lui.


Je relève la tête vers Abel quand il me demande si j’ai besoin d’aide. Non, je n’ai pas besoin d’aide, je n’ai jamais eu besoin d’aide pour ça et je ne souhaite pas que ça change. Je veux que les gens croient en ma détermination, croient en ma joie de vivre, je ne veux pas montrer mes faiblesses, je ne sais même pas pourquoi je le fais avec lui. Il se penche, attrape un mouchoir, me le tend à bout de bras. Ses gestes sont faibles, il l’est tout autant. L’ambiance dans la pièce semble changer à une allure impressionnante.

Ne pleures pas pour quelqu’un comme moi. J’ai mérité ce qui m’arrive.


C’est à ce moment seulement que je me rends compte que mes larmes n’ont cessé de couler jusqu’à maintenant, ce qu’il ne sait pas, c’est que je pleure autant pour lui que pour moi, que je pleure pour toute la misère du monde qui se montre à mes yeux et pour toute celle que je ne connaitrai jamais. J’attrape le mouchoir et exerce une si forte pression sur mes yeux, pour les forcer à arrêter de couler que lorsque je les rouvre, un point noir vient troubler ma vue un moment. J’arrête de pleurer. Je suis forte. Enfin, c’est ce qu’il doit croire, même si c’est un peu trop tard.

Je suis rousse vous savez monsieur. Les gens n’aiment pas les roux. Et ça peut peut-être vous paraître con à vous, mais je me fais traiter de monstre ou d’erreur à chaque fois que je passe dans une rue. Je suis ordinaire, bien plus ordinaire que ce que vous pensez, je suis même bien moins importante que les simples ordinaires. Et si, je pleure pour vous. Je veux pleurer pour tous les gens qui n’ont pas pleuré pour moi, mis à part de rire.


Je sens les larmes monter à nouveau alors je fuis. Je me lève du lit et part me planter devant la fenêtre qui était, il y a encore quelques instant, en miettes. Je suis forte. J’empêche à mes larmes de tremper à nouveau mes joues, je les empêche de mettre mon cœur à nu. Je ne me sens pas bien. La douleur de mes quelques plaies n’est rien comparé à celle qui creuse lentement mais sûrement un trou béant dans mes entrailles. Je ne suis plus bien dans cette pièce mais je ne veux pas partir. Je ne partirai pas parce que je sais aussi que je ne serai pas mieux ailleurs. Je suis perdue, déboussolée, vidée, alors je fixe mon regard sur l’horizon. Pour ne plus penser.

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MessageSujet: Re: We cannot help everybody, but everybody can help someone ☼ PV Abel & Hannah   Jeu 6 Aoû - 22:47

Tout devient d’une légèreté affligeante. Des milliers de lucioles effrayées et teintent s’accrochent à mon corps en permanence. Mais quand tu parles de tes complexes en insistant pour verser des larmes, prendre la mesure de la peine, la tienne, la mienne, ces milliers, ces millions de petits insectes s’envolent en s’allumant. Ils éclairent le vide de mon être et le réduisent à néant. Ils éclairent ta face de larmes.

Toutes mes inquiétudes s’envolent. Je regarde ton dos. J’ai envie de rire. Je n’en ai juste pas la force.

Je suis trop vide pour ça.


« Dans lequel des deux mondes as-tu vécu jusqu’à présent. »

Mon corps est enchainé. De lourdes chaines noires qui tirent ma carcasse vide pour qu’elle s’échoue sur le dos. Les draps se colorent, dans l’espoir de devenir un linceul de luxe. Je ferme les yeux.

« ‘Chassez les hommes aux yeux bleus et aux cheveux de feux, ils sont mauvais présages. Chassez les femmes aux cheveux de sang, elles sont des démons sans âmes.’ C’était un moyen pour les moldus de se rassurer quand ils n’arrivaient pas à nous différencier d’eux. »

Mes blessures ne doivent pas être graves. Je ne les sens plus. Je ne sens plus rien. Ma respiration hésite entre l’étouffement et le calme. Ma tête cesse de s’alourdir et de tourner. LE seul typhon qui existe est le tourbillon d’une lumière, somme de milliers de petites lucioles. En cette seconde où nous parlons tous les deux à cœurs ouverts, ces lucioles sont nos angoisses, nos tristesses, les chagrins, des plus grands aux plus bénins. Et à la lumière de nos malheurs, nous nous voyons peut-être mieux.

Je suis un être creux, et toi une fille ordinaire. Une fille qui cherche encore son destin. Une jeune femme qui deviendra, après toutes ces hésitations, quelque chose de plus beau et grand.


« Je ne sais rien de la génétique, et je ne suis pas certain de croire que les cheveux roux sont le signe visible qu’une magie puissante nous habite. Mais pour les Sorciers, les enfants roux sont le symbole de ce pourquoi nous vivons cachés. Chacun de ceux qui vivent encore sont notre fierté de consolation. »

Les lucioles t’éclairent. Tu n’es pas un être creux. Tu marches sur un long chemin de terre, un peu sinueux. Les lucioles t’éclaires, alors avance.

« Je ne connais pas un seul sorcier ou sorcière roux qui s’en indiffère. C’est un genre de preuve, de suprématie. Un blason d’une beauté telle que la magie semble s’enflammer à l’intérieur. »

Mes yeux clos éclipsent ma chambre. Je vois le visage de Ella. Je murmure son prénom en entier au fond de mon être. Elizabeth. En fait, je n’en sais rien. Peut-être bien qu’elle s’en fout. Peut-être bien qu’elle trouve ça normal. Mais elle sait qu’elle est belle. Très belle. J’aime ses yeux verts comme pour abriter une forêt de lucioles, et ses cheveux de feu qui dans le vent s’envolent. Sa peau claire, son regard sûr et fier. En Darkwood je me perds, je me perds dans la Forêt bien Sombre, même quand elle sent la boue, la poussière, l’encre ou le sang.

« Les rousses sont mes favorites. »
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MessageSujet: Re: We cannot help everybody, but everybody can help someone ☼ PV Abel & Hannah   Ven 7 Aoû - 21:51



We cannot help everybody, but everybody can help someone
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Dans lequel des deux mondes as-tu vécu jusqu’à présent.


S’il savait depuis combien de temps je me pose la question. Dans quel monde je vis ? Je ne sais même pas combien il y en existe, s’il y en a deux, dix, des centaines ou seulement un. Je sais juste que j’ai du mal à m’intégrer à cette société qui semble avoir des œillères. Je reste plantée devant la fenêtre, mes yeux sont secs à présent, mais je ne veux pas faire face au prof maintenant. Je me sens tellement minable et faible dans ces moments-là, qui heureusement sont rares. Je veux que les gens ne voient de moi que la Hannah réservée mais qui a la joie de vivre, celle qui est sérieuse mais sait rigoler quand il le faut, celle qui est droite, posée et responsable, celle qui se réserve un avenir au Ministère à un poste à responsabilité, celle qui aime d’ailleurs avoir des responsabilités. Je ne veux pas que l’on voit la Hannah que Malfoy est en train de voir, la Hannah blessée malgré tout, faible et bien trop sensible pour supporter tout le poids du monde sur ses épaules.

Je ne connais pas un seul sorcier ou sorcière roux qui s’en indiffère. C’est un genre de preuve, de suprématie. Un blason d’une beauté telle que la magie semble s’enflammer à l’intérieur.


Je ne suis habituellement pas du genre à me rabaisser plus bas que terre, mais je ne me vante pas non plus. Une personne ordinaire ne fait rien de tout ça, elle se contente de vivre sa vie en tant que simple observateur, et c’est ce que je fais. Quand d’autres personnes me font monter sur un piédestal, je suis gênée, bien trop de voir la naïveté des gens de croire que je suis importante. Les rousses sont ses favorites. Cette remarque m’arrache un petit rire. Si je me considérai comme une personne ordinaire, j’étais bien loin de penser là même chose de lui. Cette parole sortant de la bouche de quelqu’un me rendait heureuse, oui, mais ça n’arrivait malheureusement que bien trop rarement.

Je ne suis qu’Hannah Wilson monsieur, rien de plus, croyez moi. Et vous êtes bien le seul à préférer les gens comme moi.


Je me retourne, vide mon esprit de toute pensée négative, parce que je ne veux plus penser à moi, ne plus penser à ce qui m’est arrivé, et à ce qu’il pourrait m’arriver. Je contourne le lit pour aller m’assoir dans le dos d’Abel. D’un œil un peu inquiet, je lève une main vers son dos, frôlant à peine de mes doigts la chemise souillée de sang, par peur de le faire souffrir. J’hésite un instant à l’aider à quitter sa chemise pour regarder la gravité de ses blessures, mais repose finalement ma main sur le lit.

Vous voulez que je vous aide ?


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MessageSujet: Re: We cannot help everybody, but everybody can help someone ☼ PV Abel & Hannah   Sam 8 Aoû - 20:32

« Hautement improbable. Suis-je si déviant. »

Mais ce n’est pas à moi de te convaincre. Tu dois faire les bonnes rencontres, et je ne peux pas te prouver qu’on peut te voir sans te détester. Je me suis trompé. Je t’ai déjà prise pour ce que tu n’es pas.

« C’est plus impressionnant que ça ne fait mal. Ne t’en fais pas. »

Je me redresse, un peu nauséeux à cause des chocs électriques. Je me dirige vers une porte incrustée dans un mur, et ouvre ce qui a l’air d’être une penderie magique, car l’intérieur est en bois alors que le mur est en pierre. Je me tiens au chambranle et attrape une chemise propre et la pose sur la chaise. J’ai l’impression de ne pas du tout faire les choses dans l’ordre… Oui, c’est vrai. Il vaut mieux que tu partes. Et pour que tu portes, il vaut mieux que je sois en état de rouvrir. Je me dirige vers la table de chevet, avec le regard trouble de temps à autre. Mais rien de plus insupportable que ma dernière année à Poudlard. En ce temps-là j’utilisais ma baguette normalement malgré le rejet.

Je pose la main sur le sigle et murmure quelque chose après avoir longuement inspiré. Les écriteaux sur les murs et le plafond s’éteignent, et on entend clairement le loquet de la porte cliqueter. Mes jambes me raccompagnent faiblement sur le lit. Je pose un regard strictement indéfini sur « une élève ordinaire », et parle avec presque trop de douceur.


« Tu devrais y aller. Je ne compte pas me changer devant toi juste pour te prouver que ce sont de petites entailles. »

Impossible de savoir si je suis sérieux ou moqueur. Impossible de savoir si la réflexion est née d’une sympathie pour une supposée innocence, ou si ces paroles traduisent un agacement. C’est mon niveau d’expressivité et de clarté à l’heure actuelle, et j’avoue que j’en suis bien peu fier. Mais au moins, le principale passe.

« Je te rends ton livre dans cinq jour. Tu salueras ton père de ma part. »

Mes yeux se floutent, mais je ne bouge pas. Pas avant qu’elle ne parte.
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MessageSujet: Re: We cannot help everybody, but everybody can help someone ☼ PV Abel & Hannah   Jeu 13 Aoû - 15:53



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Il se lève, faible, mais se dirige vers sa penderie, en sort une chemise propre, me jette un regard et retourne vers sa table de chevet. Il prend une longue inspiration, bien trop longue, qui montre clairement qu’il n’est pas aussi bien que ce qu’il essaye de me faire croire. Il murmure, le loquet s’ouvre. Je ne sais pas si c’est qu’il ne désire plus ma présence ici ou si c’est seulement pour me montrer que je suis libre de partir si j’en ai envie, mais je ne bouge pas et le regarde revenir sur le lit. Il me regarde avec un regard ne traduisant aucune expression en particulier.

Tu devrais y aller. Je ne compte pas me changer devant toi juste pour te prouver que ce sont de petites entailles.



Sa voix est douce, bien plus douce que ce que je pensais. Encore une fois, je ne sais pas si c’était voulu de sa part ou si ses forces le quittant dangereusement en étaient la cause. Je penche d’avantage pour la deuxième option. J’aurais aimé pourvoir l’écouter, pouvoir récupérer mon livre, ou non et partir de cette chambre en laissant derrière moi un prof blessé, sûrement autant physiquement que mentalement. Mais je ne suis pas comme ça, je ne veux pas être cette personne-là. Alors malgré ses ordres, je ne bouge pas, je me contente de le fixer parce qu’après tout, c’est aussi de ma faute si on en est arrivés là. J’ai besoin qu’il me prouve qu’il va bien, qu’il me fasse un peu confiance. Pour l’instant, tout est en sa défaveur au niveau physique alors je reste.

Je ne partirai pas.


Mon ton est sec, pas méchant mais ferme. Si je n’avais pas été là, il aurait peut-être passé une très bonne soirée, ce qui n’avait pas été le cas. Je ne partirai pas avant d’avoir réparé tous les dégâts que j’ai causés.

Prouvez-moi le de la manière que vous voulez, mais je ne compte pas vous laisser seul dans cet état. Sans moi rien de tout ça ne serait arrivé, je me dois de rester tant que tout n’ira pas mieux.


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MessageSujet: https://www.youtube.com/watch?v=VYPMzHAYSRc   Sam 15 Aoû - 15:05

C’est le moment de regretter, Wilson. Parce que je n’aurais pas plus de pudeur que si tu avais dix ans de plus que moi. Mon soupire sert plus à me calmer. La nuit aura été catastrophiquement mouvementée. Et il y a un témoin à mes démons. Et il s’appelle Hannah  Wilson. Rien ne semble à sa place, parce que ça ne devrait pas être elle. Elle n’est pas celle à qui j’ai le droit de montrer mes faiblesses et mes erreurs.

Mais à qui, alors ?

A Mère qui souffre déjà tant de l’égoïsme de Père et dont j’ai promis de rester un pilier à son existence, l’Homme de la situation ?
À Père qui regarde chacun de mes gestes et de mes victoires comme une évidence pour notre nom et ses ambitions ? Qui ne réalise même pas à quel point je fais tout ça pour lui, pour le consoler de la perte de son premier fils ? Pour l’empêcher d’avoir des espoirs pour ses Erreurs, celles qui ont fait tant de mal à Mère ?
À des amis disparus ?
À ceux qui restent ? Circée, qui ne respecte ni ne comprends de mes angoisses que celle que nous avons en commun et dont nous sommes l’un et l’autre trop fiers et trop effrayés de blesser pour en parler l’un à l’autre ?
Aux nouveaux arrivants, de passage peut-être, dans ma vie ? A la lumineuse Emeraude ? A la pureté d’Océane ?
À mes amants qui ne peuvent rien y comprendre ?
A une jeune femme aux cheveux de feu qui me donne l’impression de me tenir au bord d’une falaise à chaque fois que je la regarde dans les yeux ?
À ma promise qui me regarde comme si j’étais la dernière chose sur Terre dont elle a envie ?

Je serais droit et fort devant Mère.
Droit et fort devant Père.
Droits et fort devant ceux qui m’ont laissés avancer seul.
Droit et fort devant ceux qui ont eu le courage de me suivre.
Droit et fort envers ceux qui font ma rencontre.
Droit et fort devant cette femme que je crains d’aimer plus qu’il ne le faut.
Droit et fort devant celle dont je porterai l’avenir.

Je leur montrerai mon dos et mes épaules droites, couverts du manteau de la Volonté. Je ne leur montrerai pas mon visage, et tracerait le chemin de ma gloire. De Notre Gloire. Ils ne verrons ni mes sourires ni mes larmes.

Mais qui alors retirera la Cape de ma volonté lorsqu’elle sera trop lourde pour faire un pas de plus ? Je le découvre, j’ai besoin de m’arrêter. Je m’endormir. De rire et pleurer. Je me le refuse, et tombe à genoux, et plante mon visage dans mes mains, en cherchant l’ombre, le fantôme du jeune Caïn Gabriel, pour qu’il pose sur moi le voile immense de la sécurité. Pour que l’espace d’une nuit, j’ai ma place quelque part. Une place pour m’écrouler avec dignité, pour pleurer et rire, pour évoquer les souvenirs, inviter l’autre à partager.

Mais il n’y a personne, juste l’absence. Et l’immense solitude entre moi qui grimpe les marches du Magemagnot,  et ceux qui me regardent avancer.

Je me retourne pour te donner mon dos. Sans cape. Sans manteau. Sans épaulettes. Juste du sang sur ma chemise.

Mon âme se retourne face à la tienne, et peut-être la sens-tu sourire.

Je fais glisser la chemise de mes épaules, et mes cheveux s’entachent de rouge. L’âge n’a pas encore pris la jeunesse et les années d’entrainement et de discipline pour ce corps impie. Même avec des griffures, je reste le pire des hommes, celui qui domine chaque semaine une femme différente, parfois moldue ignorante, celui dont la taille ressemble à s’y méprendre à celle d’une femme, pour tout homme ouvert sur la question.

Plus homme qu’androgyne, mais pas tout à fait homme. La carrure n’est pas aussi belle que taillées dans les manteaux noirs. Plus fragile. Plus humaine. Plus petite, est-ce possible ?

Pas d’éclat de verre

Blessures peu profondes, mais qui ne s’arrêtent pas encore tout à fait de saigner de saigner. Le vent froid arrive pour arranger cela. Le vent ? Il n’y a pas de vent. C’est juste l’air de ta chambre. Ce sera moins terrible quand on aura enlevé la couleur.

Vertige.


« Tu connais des sorts de métamorphoses ? Je pense qu’on va avoir besoin d’une bassine. »

Vertige. Je tombe à genoux. Mon dos reste droit. Mon regard aussi. Les décharges. Vomir. Non. C’est bon. Pas tout à fait encore.

Je t’invite à monter les marches. Je te fait t’assoir à mes côtés. Je vais te raconter l’histoire qui m’a amené en haut de ces marches, et pourquoi personne ne doit jamais voir mon visage. Mais après cela, il faudra que tu oublies. Que tu ne dis à personne. Que ma baguette me brûle les mains, que je suis borderline, que je ne suis pas toujours le plus droit et le plus fort. Tu oublieras. Mais ce soir, je n’ai plus la force, je m’effondre les genoux dans le sable, et met mon visage dans mes mains. Et il se trouve, Hannah Wilson, que tu en est témoin.
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