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 Le bureau du professeur Malefoy est un placard à balais.

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MessageSujet: Le bureau du professeur Malefoy est un placard à balais.   Mar 23 Juin - 21:49

Comment en suis-je arrivé là, déjà.

Par-là, j’entends un samedi à Poudlard, dans mon bureau étriqué et sans fenêtre, à regarder une élève qui n’est pas la mienne, que j’ai vaguement connu du temps où j’avais encore le droit de jouer des matchs de Quidditch pour Serpentard, aussi mauvais soit mon jeu d’équipe. Elle avait quel âge, quand j’en avais vingt-deux ?

Seize ans. La Serdaigle de seize ans, qui m’avait envoyé un cognard droit dans la figure à mon dernier match. J’étais parti droit derrière. Je suis tombé de mon balais. Je ne sais plus qui m’a sauvé d’une chute mortelle, mais je me souviens clairement de la jeune Serdaigle agenouillée à côté de moi à la fin du match, inquiète de m’avoir probablement cassé le nez. Heureusement que les potionistes sont inventifs en matière de magie médicale.

Je me souviens aussi de ce que j’ai dit, c’est drôle.


« J’arrête. Si je me fais désarçonner par une enfant de seize ans, la retraite m’appelle. »


Ils ont tous rit. Moi aussi je crois. C’est une des rares fois où j’ai ri. J’avais mal. Bien mal. Et j’ai souri à celle qui m’a donnée une bonne excuse pour arrêter avant l’heure. Après tout, je n’ai jamais aimé le Quidditch. Moi, tout ce que j’aimais, c’était la vitesse, la course en balais, la traversé des vents. Alors je lui ai souri, à la gamine. Pas beaucoup, pas comme les autres riaient, soulagé que je n’ai rien. Mais pour moi, c’était déjà beaucoup.

Pourquoi cette fille est en train de dormir sur mon bureau, et pourquoi elle est si femme, maintenant ?

Ah oui.

Je suis sorti. Sorti pour m’épuiser. J’étais à Pré-au-Lard, et j’ai bu avec des gens que je ne connaissais pas. J’ai dansé avec des jeunes femmes que je ne connaissais pas. Sur des reprises de rhythm’n’blues, sur plusieurs de rock’n’roll. Sur un album de Presley fraichement arrivé d’Amérique, From Elvis in Memphis, I’m movin’on… Let Yourself Go… Love machine. Un morceau de The Who qui se baladait. De mai dernier. Go to the Miror. Dansé comme un dingue. Beaucoup trop bu. Je ne saurais pas compter les bouteilles. Je sais juste que la plupart des gens à ma place se seraient écroulé par terre et auraient oublié comment ils s’appelaient. Pour ma part, je n’y parviens pas. Je n’y parviendrai sans doute jamais. Mon esprit trop cartésien ne s’envole jamais. Je suis lucide, trop lucide, même quand le monde danse autour de moi.

J’ai terminé à rentrer dans les couloirs vide de Poudlard, à danser en silence avec les fantômes. À moins qu’il n’y ait jamais eu personne. Sas un bruit, parce que les tableaux dorment, et que ce serait con de les réveiller. Chut, je suis joyeux. Joyeux. J’ai une ombre de sourire au coin des lèvres. C’est rare, alors silence. Laisser moi danser avec la joie, tant qu’elle veut bien de moi, sous le projecteur de la Pleine Lune.

Mais je ne suis pas le seul à marcher dans les couloirs. Il est cinq heures du matin, le soleil ne va sans doute pas tarder. Je vois entrer depuis l’arche menant au Parc une silhouette épuisée. Je m’oblige à rester droit. Je m’oblige à me concentrer. Il n’y a plus de musique dans l’air. Plus de danseuse. Je vois juste une élève. Une élève couverte de boue et les cheveux en bataille.






Je tends la main vers Darkwood endormie. Retire mon geste. Ella est belle. Innocente, presque, quand elle dort. Je sais qu’elle n’a rien d’innocent. Je sais pertinemment qu’elle est on ne peut moins candide. Je me contente de retirer le pot d’encre dans lequel trempe ses cheveux roux. Je regarde l’heure. Je vais atteindre une heure et demie. Le temps d’un cycle. Et le temps qu’elle dorme, je vais continuer à travailler. C’était jeudi dernier. Nous sommes samedi matin. Ella Darkwood a dix heures de colles avec moi. La journée n’a même pas commencé que je n’arrive pas à me montrer sévère.

Il serait temps que je cesse de la voir comme une enfant…

Je reprends mes parchemins. Rapports d’affaires à Monsieur le Juge. Analyses. Synthèses. Je note sur un parchemin que je dois écrire à Monsieur le Juge, pour convenir d’un rendez-vous miroir. Je note les irrégularités de dossier. Les détails à préciser. Cas Beggleblett, affaire Wegger. Et je ne sais pas pourquoi, je ne peux pas m’empêcher e penser à ce coup de cognard. Je souris pendant que je gratte. Elizabeth Darkwood. Il est grand temps que j’arrête de me soucier trop des affaires des autres.

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MessageSujet: Re: Le bureau du professeur Malefoy est un placard à balais.   Jeu 16 Juil - 1:12


Alors que je pensais que les fantômes étaient les seuls êtres éveillés du château, je passe l’arche qui me ramène au château sans trop d’inquiétude sans pour autant me montrer indiscrète, traverse le pont de bois millénaire pour rejoindre les pierres austères de ma maison. Les rondes des professeurs étaient finies depuis belle lurette et le soleil se levait doucement sur les pierres anciennes de Poudlard. L’été est devenu ma saison préférée alors qu’auparavant je chérissais l’hiver. Pour ses nuits courtes, ses nuits qui moins ne m’épuisent. Il est cinq heures du matin et doucement, une journée d’été fait son nid. Mais une nouvelle espèce d’élément perturbateur fait son apparition : les fêtards. Le soleil se lève tôt et l’heure devient presque raisonnable. Mais je ne pensais certainement pas croiser un professeur, alcoolisé qui plus est : Pr Abel Malefoy.

***

Mes dents se transforment et deviennent crocs, le pelage pousse et mes pupilles changent de couleur, troquant le bleu glacé contre un verre d’une chaleur nouvelle. Je ressens la furie m’habiter petit à petit, elle pousse à travers mon être, pénètre nerfs et vaisseaux pour mieux me sublimer. Et voilà que commence l’enfer et la délivrance. Soulagée d’une semaine entière à subir la potion tue-loup et ses effets. Ici commence ma garde, longue nuit à hanter une forêt visitée et revisitée, chaque fois que la lune est pleine. L’inferno de mes pêchés, contenir, ne pas subir la fièvre éternelle de mes horreurs me hante comme une épée que Damoclès aurait tenu au-dessus de ma tête, prêt à frapper, à chaque instant. Comme à chaque moment de mes pulsions morbides. Atalyah, où es-tu que je te rejoigne ? J’ai envie de serrer mon pelage contre le sien, griffer ton museau. J’hurle pour t’appeler mais je ne sais pas où tu es cachée. Je t’ai dit non quand tu m’as proposée de passer cette nuit ensemble. J’avais trop peur, trop effrayée de la possibilité de t’attaquer une nouvelle fois.

***

Mais ce soir tout va bien, ce soir, la potion est en marche, je me souviendrai de tout demain matin, jusqu’à la malencontreuse entrevue avec Malefoy, m’interceptant à l’entrée du château, habillé comme un moldu revenant de soirée, les cheveux en bataille, sans gants, sans ses lunettes qui le vieillissent tellement. Un instant, j’aurais pu le confondre avec son cousin Hadès mais l’attitude d’un homme ne trompe pas. J’ai vainement essayé de me cacher derrière une armure mais le professeur semblait m’avoir repérée depuis longtemps. Le cœur battant, plus apeurée pour mon secret que par les éventuelles répercussions, j’attendais l’inévitable. Les questions fusent, j’invoque un jogging matinal. Ca ne marche pas et la sentence tombe. Dix heures de colle.

***

La plume d’Elizabeth crissait sur le papier. De plus en plus lentement, l’encre venait imbiber le parchemin des mots creux que le professeur Malefoy lui avait demandé de copier. Il était huit heures du matin, et déjà au bout d’une heure passée dans le bureau de son geôlier, Elizabeth n’en pouvait plus. Sa peau était hérissée de frissons et sa chemise à manches longues n’y changea rien. Elle se sentait fiévreuse, prise par le froid de la fatigue. Sa tête tanguait en tous sens alors qu’elle luttait contre l’endormissement. Elle pose sa tête sur sa main, accoudée sur le coin de bureau que l’on a bien voulu lui céder. Doucement, trouvant l’ennui d’une compagnie morbide, Ella s’endort, sans bruit. Son coude glisse et vient l’allonger sur le bois. Ses cheveux roux se sont perdus dans l’encrier. Une rature sur sa feuille, tâche informe au milieu de lignes bien droites. Enfin un peu de spontanéité dans ce monde à la discipline psychorigide.

***

Des doigts fins se posent sur mon épaule alors que je suis perdue dans un rêve. Ils sont tendres, caressent mon épaule, je gigote un instant avant de me réveiller en sursaut. Les doigts de Malefoy tombent de mon cou et ma plume tombe sur le sol. « Désolée. » C’est dit précipitamment, j’ai peur de me voir rajouter une heure dans ce placard à balais, trop proche d’un professeur trop curieux. Mon ventre gargouille. L’appétit d’un loup. Je vous regarde, gênée. « Je peux peut-être passer à la grande salle nous prendre à manger ? » J’attends son approbation avant de fuir dans les couloirs, direction la table des Serdaigle recouverte de mets. Une fille m’interpelle. Tout le monde, parmi les Serdaigle que je côtoie, se demande pourquoi. Pourquoi toi, professeur si conciliant me retient pour dix heures dans son bureau un samedi. Les rumeurs fusent. « Alors Ella, ça se passe comment avec Pr Glamour ? » Surnom débile. Cruche. Je fais une grimace et prends une assiette que je remplis de tout ce que je trouve avant de retrouver ma prison d’un jour. Tu travailles. Enfin vous travaillez. Un air sérieux, les yeux froncés, une main négligemment mise dans les cheveux. Je la comprends l’autre blonde. « Le repas est servi. »
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MessageSujet: http://www.dailymotion.com/video/x2rgg9_schubert-trio-mi-bemol-majeur-op-10_music ☺ https://www.youtube.com/watch?v=I5sJhSNUkwQ   Jeu 23 Juil - 16:40

« Elizabeth Darkwood. »

Elle s’appelle Ella. Je le sais. Mais je refuse de l’appeler ainsi. Pas maintenant, pas comme ça du moins. Pas alors que je suis un prof qui a plus d’éthanol que de sang dans les veines et qu’elle me fait face, débraillées et pleine de terre. Rester droit. Droit ? Je sais bien. Je ne marche pas de travers, mais mon regard, mes hésitations révèlent mon état bien plus que je ma volonté ne permettais de le dissimuler. Je m'approche. L’approche. Nous sommes comme deux bêtes qui se cherchent. Qui se trouvent. Je tends la main vers elle, puis me ravise.

« Es-tu blessée ? »

Je n’arrive pas à capter ses yeux. Je veux prendre son bras et l’emmener à l’infirmerie. L’infirmerie. De quoi je vais avoir l’air, si je l’amène à ses préfets alors que je suis dans cet état ? Ce n’est pas de ses préfets dont elle a besoin. La discipline, c’est pour les jeunes enfants qui s’amusent à mettre des pétards dans le lit de leurs camarades. Elle n’a pas besoin de discipline. C’est une grande fille. Une jeune femme.

C’est un échec. J’ai mal joué. J’aurais dû prévoir ça. J’aurais du pouvoir prévoir ça. Qu’est-ce qu’elle a ? Qu’est-ce qu’elle faisait ? Où elle était ? Je prends sa main et tire, mais rien ne vient.


« Infirmerie. Qu’est-ce que tu… »

Qu'est-ce que tu faisais, où étais-tu. J'enchaîne. Mes pensées s’embrouillent. J’ai fait une faute. Elle parle de jogging, de conneries comme ça. Je ne suis pas d’humeur. Elle fait ce qu’elle veut de sa vie. Et pourtant je ne peux pas la laisser comme ça.

« Dans ma salle de classe, à 18 heures. On parlera de vos heures de colles. »

Ce n’est que le lendemain que je lui en ai collé 10. À l’heure du dîner.



Je corrige mes copies. La fin de l’année consiste à faire le bilan de ce qu’ont appris ou non les élèves. Et la plupart des étudiants qui ne quitte pas mon cours au début e l’année tiennent bon. Ce n’est pas parfait. Rien n’est jamais parfait. Mais la plupart en veulent. Alors j’essaye de leur faire croire que la perfection est possible. En m’en rapprochant. Darkwood entre dans la pièce. Je ne lève que les yeux qui la regardent à travers des mèches de cheveux blonds qui me tombent du crâne et mes lunettes. Mais je la vois. Je la vois très bien. L’odeur me donne faim, un peu, mais j’ai l’impression qu’elle en a trop pris.


« Posez ça là. »

Je mets de côté mes copies, et tend une main gantées pour attraper un morceau de pain et de quoi le beurrer.

« Quand vous aurez fini vos lignes, vous m’aideriez à corriger les copies des troisième années ? Ce sont des versions tout ce qu’il y a de plus classiques. »

Je mords dedans en prenant soin de ne pas en mettre partout. L’espace de mon bureau est presque entièrement occupé par le meuble de bureau central. Il suffit de tendre les bras pour arriver d’un pan à l’autre du mur. Il faut se contorsionner pour aller d’un côté à un autre, et toutes les étagères sont à portée de baguettes. Ou de Runes. Comme dans ma salle de classe, les ouvrages dans les plus hautes étagères sont posés à côtés de sigles qui serpentent dans la pièce pour qu’ils lévitent dans le bureau.

Le Directeur a été ironiquement très attentif à ma demande « d’une pièce pas trop grande ».

Résultat, nous étions tous les deux sur le même bureau. Côtes à côtes, quasiment, puisqu’elle ne peut se mettre en face de moi. C’est une mauvaise idée, mais je préfère assumer jusqu’au bout ma décision.

Et puis, Ella n’est pas de mauvaise compagnie.



Le lendemain soir de la Pleine Lune, à l’heure du dîner, les quatre tables dîne bruyamment. Les Serdaigle, dans leur habitude de ne jamais rien faire en son temps et en son heure, le sont tout autant que les autres. Des tas de choses volent sur la table bleue. Il y a une fille, avec de beaux cheveux roux, qui discute avec ses amis. Derrière elle, le défilé des professeurs passe pour se mettre à table. Mais une ombre s’arrête et abat une tranche de livre sur sa tête. Le silence se fait tout autour, interrogateur. Malgré l’impassibilité coutumière du Professeur Malefoy, il transpire la colère mal contenue.


« Moins 5 points pour Serdaigle, 10 heures de colles, Samedi matin 8 heures, dans mon bureau. »

Abel Malefoy déteste qu’on lui pose un lapin.

C’est peut-être pour ça, le « Professeur Glamour ». Faire payer les affronts devant tous les élèves, ce n’est pas une bonne idée. Mais parfois, être prof, ça a du bon.





Il est seize heures. Elle dort. Ses cheveux sont tentés par la couleur noir, et je dirais que ça lui irait bien. Je tends la main vers ses cheveux. J’ai découvert quelqu’un. Et ce quelqu’un sort sur mon bureau plus innocemment qu’une brebis. Mais la brebis n’est pas si blanche. Derrière mes gants tout est sale. Juste une seconde, je voudrais toucher ses cheveux, et m’assurer qu’ils ne sont pas aussi doux que je l’imagine. Je ne devrais pas faire ça. Je ne devrais pas autant apprécier ce qu’elle m’a montré aujourd’hui. Je ne devrais pas la regarder autant sans rien faire. Je devrais la réveiller. Juste la réveiller, et lui dire qu’elle n’en a plus pour trop longtemps avant d’aller dormir. Ça semble facile, pour elle, de dormir. Est-ce quelqu’un avec autant de mordant pour la vie peut si bien dormir ? Avec l’ambition qu’elle a, où trouve-t-elle le sommeil ? Je ferme les yeux. Je respire. Pour ne pas imaginer qu’elle est plus que ce que j’ai vu. Elle n’est qu’une élève. Juste une élève. Une jeune femme avec qui parler est agréable. Le monde est simple, petit t visible. Elle n’est pas si immense que je pourrais avoir le vertige en la regardant. J’ouvre les yeux.

Elle n’est pas si Grande, mais elle est déjà si belle.

Je pose une main sur son épaule.


« Ella. »
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MessageSujet: Re: Le bureau du professeur Malefoy est un placard à balais.   Ven 14 Aoû - 5:40

Je t’ai observé du coin de l’œil, beurrer tes tartines de tes mains gantées. Je ne comprends pas vraiment quel effet de style vous espérez accomplir, vos longs doigts cachés sous un tissu blanc, facilement taché par la confiture que je vous ai apporté. Qu’avez-vous à cacher sous l’immaculé de ce tissu ? Des traces de scarification peut-être ? Je regarde l’intérieur de votre poignet, un peu découvert par la fente de vos gants pour y apercevoir votre peau laiteuse. Presque aussi blanche que vos mitaines. Un long sillon bleu y fait son chemin, battant aussi fort que mon ventre qui réclame. Sans vraiment quitter vos mains des yeux, j’attrape un bout de gâteau que je mange doucement, pensive. Aucune trace de cicatrice à l’intérieur de votre poignet. Le creux de celui-ci qui doit renfermer votre odeur la plus intime. Mélange de lessive, parfum et suave flagrance de votre peau, senteur inconnue. Derme que je ne connais que par votre toucher dans mon cou il y a une demi-heure de ça. Il y a aussi vous me prenant la main dans les couloirs…

***

Une main pleine de terre, des jambes nues dans un short de sport. Une main que tu veux me prendre pour m’emmener à l’infirmerie. Je me braque et fais un pas en arrière. Tu me fais peur avec tes questions. Je suis en tenue de sport, pourquoi n’es-tu pas foutu de me croire ? Parce que l’heure est trop matinale ? Tu ne peux pas supporter que l’on se lève, que l’on courre à l’heure où toi, tu rentres complètement arraché d’une nuit à Pré-au-lard ? Et tandis que je me recule toujours plus, t’évite toujours plus, tu me parles de rendez-vous et d’heures de colle. Pourquoi veux-tu m’épuiser avec de telles formalités ? Rendez-vous qui se finira en interrogatoire, très peu pour moi. Tu auras oublié, certainement. Je n’y suis pas allée et tu n’as pas oublié.

**

« Aie ! » C’est instinctif quand le poids de tes grimoires s’abat sur mon crâne. Je me retourne pour t’apercevoir. Même le regard d’un loup garou, le regard de ma louve quand elle est en colère ne me ferait pas plus frissonner que ton expression à ce moment précis. Alors je ne réagis pas pour l’humiliation publique, non plus pour le coup sur la tête. Je ne fais qu’acquiescer. Et les questions fusent… Tous ces Serdaigle affamés de savoir ce que j’avais bien pu faire pour mériter ça. Etre un loup garou ? C’est à peu près ça. « Pas envie d’en parler. » Je jette ma fourchette sur la table, frileuse de colère et d’appréhension. « Amusez vous bien à Pré-au-lard samedi. » Je quitte la grande salle. Je ne me retourne pas mais je suis convaincue de sentir ton regard dans mon dos, bien trop inquisiteur alors que mes cheveux battent le creux de mes reins.

**

J’ai mangé autant qu’un animal affamé devant tes yeux. J’ai avalé tout ce qu’il pouvait y avoir dans les plateaux. Œufs brouillés, bacon, toasts, gâteaux, fruits et yaourts. Sans oublier le jus de citrouille. Il lui manque quelque chose d’ailleurs. Il lui manque le goût du sang séché sur le bois humide de la forêt. Je bois et mange, retrouvant toute ma joie de vivre. « Ca fait longtemps que je n’ai pas touché aux runes mais je peux essayer. » Je tends ma main crasseuse vers les copies avant de faire les gros yeux. La tâche allait s’annoncer compliquée. Je montre l’étagère comme pour te demander si je peux emprunter l’énorme dictionnaire runique qui se trouvait derrière toi. Le bureau est tellement petit que je ne sais pas comment je vais faire pour ne pas frotter mes fesses contre ton crane mais je me lève tout de même alors qu’un sortilège d’attraction aurait suffi. Une soudaine envie de me dégourdir les pattes. Alors je tourne dans votre bureau, je sens votre peau à quelques centimètres de la mienne alors que je prends le grimoire ancien. Me voilà au travail, corrigeant les copies une à une. Les runes reviennent lentement dans mon esprit mais sûrement. Je vais de plus en plus vite pour finalement poser le paquet fini à vos côtés. Finies les lignes…

On a parlé, trop longuement de la possibilité que je m’inscrive de nouveau à la science runique. Il a tenté de me séduire d’une façon des plus perverses. Me vantant nouveaux pouvoirs à qui sait maîtriser. « Et avec ça, je peux peut être vous aider ? » Je désigne le paquet de copies sur le bureau, j’ai lu sur le coin du parchemin que ces copies étaient d’un niveau supérieur. Deuxième cycle, troisième année soit des élèves au-dessus de mon niveau qui eux, n’avaient jamais arrêtés les runes. Quelle arrogante tu fais, Ella. Mais je me sentais comme jeune fille devant faire ses preuves, couvée par un regard protecteur et… intéressé ? J’avais envie de te montrer combien tu me regretteras dans ta classe. Tu acceptes et je m’y mets difficilement, j’y passe une bonne heure et demie. Des regards se perdent. Il me jauge, regarde si j’avance et moi j’attends ses réactions. Je prends de plus en plus de place sur le bureau, étalant dictionnaires et aides à la traduction. J’ai oublié de manger ce midi et en plein travail, c’est inévitable. Je suis affamée de sommeil et l’affamée que je suis s’écroule à nouveau. La copie est corrigée aux trois quart.

**

Je sens ta douceur s’immiscer sur ma peau. Je rêve et je crois sentir les doigts de ma nouvelle amie. Elle m’attrape le cou pour me presser à elle. Je gémis doucement dans mon sommeil. Les langues tournent et la poigne se fait plus masculine. Des crocs se dessinent sur le visage de ma douce. Des runes s’inscrivent dans le ciel. Elles passent devant la lune. Je vois le corps nue de mon amante se dévoilant petit à petit, l’animal se lèche les babines. Tu arrives derrière moi, poses doucement ta main sur mon épaule. Doucement, je prends ta main et caresse l’intérieur de ta paume. Mais lorsqu’enfin, j’émerge et ouvre les yeux, ce n’est pas la main de ta fiancée que je tiens mais belle et bien la tienne. Du bout des doigts, j’effleure le tissu de tes gants, découvrant sans le vouloir une partie de tes cicatrices que je sens sous mes doigts. Un bon en arrière plus tard, et un tabouret par terre, je me redresse. « Il faut que vous arrêtiez de faire cela… »


La première fois, il m’appelait Elizabeth. Enfin, il semble avoir rayé l’enfant pour laisser place à la renaissante Ella.
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MessageSujet: https://www.youtube.com/watch?v=0RejLM3iSYc&hspart=iry&hsimp=yhs-fullyhosted_003   Mar 18 Aoû - 2:50

Elle me tend la main. Je lui tend les copies, sans trop d’espoir.

« Vous pouvez toujours essayer. »

L’intégralité de mes copies de cycles supérieurs a été corrigée avant la nuit grâce à elle. Elle va bien moins vite que je ne le fais. Mais elle le fait. Elizabeth Darkwood est brillante. Elle relève le défi comme un pari. Et je dois admettre que j’aurais dû parier sur elle.

Mais comme toujours, je suis mauvais aux jeux.


« Vous êtes bien dans le département de médicomagie ? La formation vous convient-elle ? »

Je ne fais pas la conversation. Je ne fais jamais la conversation qu’à ceux qui ont un intérêt familial. Mais l’envie me prend comme une vieille habitude. Est-ce que j’aurais eu envie de lui plaire ? L’idée est stupide. Mais toujours est-il que je lui ai posé des questions. Banales. D’une banalité affligeante. Un peu pour me sortir la tête de ces copies qui s’amoncellent, un peu pour en savoir plus sur la formation d’Atalyah… Un peu pour l’entendre parler, peut-être. Juste un peu.






Un truc s’allume dans mon regard, et je réprime la flamme, aussi violente qu’une bouffée de souffre en plein visage. Et sans doute aussi toxique. Je cesse de respirer en te regardant. A demi au sol.

Brillante jeune femme, sais-tu seulement à quel point tu fais envie lorsque tu t’offres ainsi sans défense ? Je n’aurais qu’un pas à faire, qu’une limite à franchir. Me pencher au-dessus de toi et te sacrer Reine. Je veux entendre et voir ce que tu es, par-delà le masque de perfection, d’habilité, d’intelligence, de franchise. Et craqueler ta peau blanche. De morsures.

J’éteins la lumière dans le sombre coin de mes pensées qui te réduit à des gémissements obscènes et délicieux. J’expire. Met un genou à terre en écartant d’un geste du bras le manteau qui couvre ma jambe et te tend une main gantée.


« Tu devrais arrêter de piquer du nez et commencer à dormir la nuit. »

Sauf si je la passe avec toi.

Mes pensées s’embrouillent. C’est stupide. Pas maintenant. Pourquoi avec elle ?

Parce qu’elle est belle. Il te faut une raison de plus ?

Il y a des tas de filles belles. Il y a Atalyah.

Mais Atalyah ne te donne pas l’impression de pouvoir donner tes mots et ta conscience librement. Atalyah regarde tout ce que tu fais comme un pas de travers, aussi durement que si c’était ton père. Parce que tu ne peux pas lui montrer ce qu’il y a de plus divertissant en toi. Ce serait sale. Humiliant. Indécent.

Au moins parler magie, histoire, runes et effort avec cette née-moldue ne donne pas l’impression d’être d’un autre temps. Au moins parler avec cette jeune femme ne te donne pas le sentiment profond d’être une erreur. Au moins quand tu lui parles, elle te regarde, et cherche à te rencontrer.

Ou au moins a-t-elle la politesse de bien faire semblant. Tu es désespéré, et tu te sens désespérément seul. Ça pourrait être elle, ou n’importe qui.

Mais il se trouve que c’est elle. Qu’elle est belle, qu’elle serait le genre de personne pour qui tu aimerais donner de ta personne.

Si ce n’est que tu hais ses parents par nature, dans un a priori malsain et ancestral.

Une main prend la tienne pour te donner appuie et te relever. Mais je ne me redresse pas. Je te regarde, et regarde des cheveux et ta chemise tâché de noir. L’image est indécemment sublime. Mais il serait très malvenu de te prendre en photo ici.

Il y a tout un tas de raison pour lesquels il ne faut absolument pas que j’affiche ce que je ressens. Ce n’est pas un sentiment, c’est une émotion sur le moment, un instantané. Demain, je me serais lassé. Je l’espère. Il le faut. Je me sens détraqué comme une horloge. J’ai l’impression de tourner à l’envers. Plus je te regarde, et plus le vide s’agrandit. Je voudrais te rencontrer.

Te rencontrer vraiment, en dehors de tout, de tout ça.

Je prends la mèche de cheveux souillée entre mes doigts. Mes gants se teintent à leurs tour. Et je te regarde dans les yeux.

Merde. Merde, merde, merde, merde. Ne dis rien de stupide, ne l’invite surtout pas à boire un verre. Tu es professeur. Tu as vingt-six ans. Tiens-toi un peu bordel.

Tu… Vous…

Baisse les yeux. Relève-la. Ne la fixe pas comme ça pendant l’éternité.

Mais c’est vrai qu’elle est foutrement belle.


« Si vous tombez si souvent, pas étonnant que vous vous retrouviez dans un état déplorable après une nuit blanche. »

Impossible de savoir si ma voix est sérieuse ou ironique. Ni mes yeux ni mon regard. Ils te sondent comme l’énigme que tu deviens de seconde en seconde, avec l’intérêt grandissant, incontrôlable. Ma main relâche tes cheveux. Et mon regard scrute le tiens. La pointe de tristesse réelle se perd avant d’avoir pu être exprimée par quoique ce soit sur mon visage ou même dans la pression de ma main sur la tienne.

« Peux-tu m’assurer qu’il ne t’es rien arrivé cette nuit-là ? »

C’est mon rôle de professeur. C’est mon rôle de gardien. Et je suis humainement incapable de laisser la famille que ce vieux fou de Dumbledore m’a
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